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Acheter un chapeau Panama authentique

© Le chapeau panama

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Le panama est devenu le chapeau conventionnel porté les jours de soleil lors du tournoi de Roland-Garros. La boutique du complexe sportif en vend deux mille à chaque édition du tournoi.

Au XIXe siècle les Parisiens avaient adopté le chapeau dit « Panama », mis à la mode par les ouvriers qui creusaient le canal du même nom à cette époque. Ainsi, Paname a pu signifier la ville des élégants à l’origine du surnom donné à Paris. 

Le chapeau de Panama fabriqué à partir de la plante de paille Toquilla nous vient d’Équateur. Ces chapeaux ont été portés par de nombreuses célébrités séduites par la qualité du chapeau Panama et le savoir-faire à l’occasion de sa fabrication.

Quelle est l’origine de ce chapeau élégant et pratique et ses secrets de fabrication ?

Le chapeau Panama est originaire d’Équateur

Malgré son nom, le chapeau panama est originaire d’Équateur. Référence pour tous les amateurs de couvre-chefs le panama n’est pas une forme, mais une façon de faire : il désigne tous les chapeaux tissés à la main à partir de paille de palmier. Il existe donc sous les versions de fedora, floppy, bowler, trilby (il est alors appelé panama cubain)…

Le Panama n’est pas un chapeau exclusivement masculin, il peut être porté aussi bien par les hommes que par les femmes. Le panama est devenu célèbre grâce à la qualité de sa paille et à sa légèreté. Si les panamas blancs sont plus classiques, il est aujourd’hui possible de teindre la paille dans toutes les nuances. Méticuleusement tissé à la main à partir de paille de toquilla, il est un symbole national en Equateur.

Le chapeau Panama
Le chapeau Panama

Le tissage traditionnel du chapeau de paille « Panama », originaire d’Equateur, et plus particulièrement des villes et des environs de Cuenca et Montechristi, a été inscrit il y a quelques années (en 2012) au patrimoine culturel immatériel de l’humanité auprès de l’UNESCO.

Le chapeau de paille toquilla est tissé avec les fibres d’un palmier caractéristique de la côte équatorienne. Les agriculteurs du littoral cultivent les « toquillales‘ » et récoltent les tiges avant de séparer la fibre de l’écorce verte qu’ils mettent à bouillir pour éliminer la chlorophylle et à sécher pour obtenir le blanchiment ultérieur au feu de bois avec du soufre. Les tisserands prennent cette matière première et commencent à tisser la calotte et le bord du chapeau. Le tissage d’un chapeau peut demander entre un jour et huit mois, selon la qualité et la finesse. Dans la communauté côtière de Pile, les tisserands produisent des chapeaux extrafins qui exigent des conditions climatiques spécifiques et impliquent un nombre exact de points dans chaque rangée de tissage. Le processus est complété par le lavage, le blanchiment, le moulage, le repassage et le martellement. Les tisserands sont en majorité des familles paysannes et la transmission des techniques de tissage se fait à la maison depuis le plus jeune âge par l’observation et l’imitation. Les connaissances et le savoir-faire renferment une trame sociale complexe et dynamique, y compris des techniques traditionnelles de culture et de traitement, des formes d’organisation sociale et l’usage du chapeau comme un élément de l’habillement quotidien et dans les contextes festifs. C’est un trait distinctif des communautés perpétuant cette tradition et une composante de leur patrimoine culturel.

L’origine du Panama

Le chapeau panama est la « star » de l’artisanat équatorien. L’existence de ce type de chapeau en Equateur est ancestrale, et est attestée par des céramiques datées de 4 000 ans avant J.C. Dès 1850, c’est l’essor de cet artisanat : plus de 200 000 chapeaux s’exportent chaque année vers les États-Unis. La construction du canal de Panama (1880-1914) renforce le mouvement et provoque un boom des trafics commerciaux et de la présence occidentale. Solides et légers, les chapeaux équatoriens séduisent les occidentaux qui ne distinguent pas l’origine et se mettent à l’appeller « Panama Hat ».

Plus la paille est fine, meilleure est la qualité. Il faut savoir qu’il n’y a pas de limite : la fabrication de certains modèles exceptionnels peut durer un an et être vendue plusieurs milliers de dollars ! Les plus renommés étant les panamas Montecristi : des chapeaux au tissage si fin et serré qu’ils en résultent imperméables. Pour reconnaître un vrai Panama d’un faux, il suffit de regarder le haut du chapeau. Si vous voyez une rosace sur le dessus, alors il est authentique car c’est le début du tissage à la main.  Alors, avec votre Panama, vous serez prêt pour l’été et la plage tout en étant chic !

Les étapes de fabrication d’un chapeau Panama

Pour garantir la qualité de la paille, la récolte est effectuée pendant les jours où les feuilles retiennent moins l’humidité et sont plus légères. À l’aide de machettes, les nouvelles tiges sont coupées à la main, mises en bottes et transportées à cheval ou en camion vers les villages de tissage. Chaque tige contient les doigts enroulés d’une grande feuille composée…

Traitement de la paille

Les tiges sont ouvertes et les doigts internes des feuilles sont séparés et fendus en dizaines de fines pailles attachées à la tige de la feuille. La tige préparée est ensuite nettoyée et bouillie dans une grande marmite d’eau pendant environ une heure, puis suspendue pour sécher. La paille est ensuite triée par épaisseur et mise en botte pour obtenir une longueur commune d’environ un mètre.

Dans la ville côtière de Montecristi, la paille est ensuite placée dans un récipient scellé avec un bol de soufre et du charbon de bois allumé à l’intérieur pendant la nuit. La fumée blanchit lentement la paille pour lui donner la couleur de la paille de Montecristi, appelée couleur « naturelle ». Dans la ville andine de Cuenca, la paille est blanchie en blanc ou parfois teintée en beige afin de ressembler à la couleur « naturelle » de Montecristi.

Le tissage

Une fois la paille prête, les chapeaux sont tissés vers l’extérieur à partir du centre de la couronne en utilisant une forme de couronne en bois comme support. Les pailles les plus fines sont choisies pour le tissage des chapeaux de haute qualité, de sorte qu’un chapeau de haute qualité peut prendre jusqu’à trois mois, tandis qu’un chapeau Cuenca économique peut être terminé en quelques jours.

Tressage à la main d'un panama

Finition

Une fois le tissage terminé, l’excédent de paille qui pend du bord est ensuite tressé vers l’arrière (vers la couronne) pour former une bande fine mais solide autour du bord. La paille restante du bord est ensuite coupée à l’aide d’une lame de rasoir, ainsi que les extrémités de la paille à l’intérieur du chapeau.

Les bords des chapeaux sont ensuite repassés pour égaliser le tissage et éliminer les petites ondulations de la paille. Les chapeaux Montecristi sont également repassés avec un peu de soufre afin d’éclaircir la couleur des chapeaux.

Les différentes formes de chapeaux telles que les Fedora ou les formes coloniales sont façonnées à l’aide d’une presse à vapeur, mais certains chapeaux Montecristi sont encore bloqués à la main à l’aide d’un fer sur une forme en bois.

Enfin, un ruban est attaché au chapeau et une bande interne est cousue avant que le chapeau ne soit prêt à être vendu.

Acheter un véritable chapeau Panama

Ne confondez pas le Fedora et le Panama : La principale différence entre un panama et un fedora est qu’un panama est fabriqué en paille, tandis qu’un fedora est généralement fabriqué en feutre.

Le Panama idéal pour l’été : Le chapeau de style Panama possède un large bord qui protège assez efficacement contre la chaleur et les rayonnements du soleil. Son ruban de serrage au niveau de son côté intérieur, lui permet de s’adapter à la plupart des formes et tailles de têtes.

Si la plupart des panamas sont abordables, le prix des tissages plus complexes augmente très rapidement. Il faut compter entre 50 et 100 euros pour un chapeau décent,  et jusqu’à 1000 € et bien plus pour la meilleure qualité.

Aujourd’hui, l’industrie des authentiques chapeaux de Panama est centrée sur la ville de Cuenca, en Équateur, où la production est surtout axée sur la quantité plutôt que sur la qualité. De grandes entreprises fabriquent des chapeaux par milliers et les vendent dans le monde entier.

Pour votre achat à moins d’aller directement en Équateur, tournez-vous vers les boutiques en ligne spécialisées dans la vente des authentiques chapeaux Panama. Gardez en tête que plus le chapeau est fin, plus il sera cher et que le prix peut-être élevé : Peu de personnes sont capables de tisser un vrai chapeau Panama et il ne reste qu’une poignée d’artisans qui savent encore les fabriquer.