Aérothermie : comment cette technologie innovante peut-elle réduire votre facture énergétique ?

L'aérothermie fait baisser une facture de chauffage dans un cas précis : quand elle remplace des convecteurs électriques ou une vieille chaudière fioul. Face à un gaz récent et bien réglé, l'écart devient mince et le retour sur investissement s'allonge.

Le mot recouvre deux familles d'appareils que les brochures mélangent volontiers. La pompe à chaleur air-air envoie de l'air chaud dans les pièces par des unités murales. La pompe à chaleur air-eau chauffe l'eau du circuit central et alimente radiateurs ou plancher chauffant, parfois aussi le ballon sanitaire. Les deux captent des calories dans l'air extérieur, mais elles ne s'installent pas dans les mêmes maisons et n'ouvrent pas droit aux mêmes aides.

Le chiffre qui compte n'est pas le COP

Les fiches produit affichent un COP mesuré en laboratoire, souvent à 7 °C extérieurs et 35 °C de départ d'eau. Ces conditions ne ressemblent pas à un mois de janvier. Le repère utile, c'est le SCOP, le coefficient saisonnier, qui moyenne les performances sur toute une saison de chauffe et sur plusieurs températures extérieures.

Un SCOP de 4 signifie qu'un kilowattheure d'électricité produit quatre kilowattheures de chaleur sur l'année. Comparé à un convecteur, dont le rapport est de un pour un, la division de la consommation est réelle. Comparé à une chaudière gaz à condensation, l'écart dépend du prix relatif des deux énergies au moment où vous calculez, et ce rapport a bougé plusieurs fois depuis 2021.

Ce qui décide vraiment du résultat

Trois paramètres pèsent davantage que la marque inscrite sur le capot. Le premier est la température de départ d'eau : chaque degré gagné à la baisse améliore le rendement d'environ 2 à 3 %. Le deuxième est la loi d'eau, cette courbe qui fait varier la température de départ selon le froid extérieur. Beaucoup d'installations tournent avec les réglages d'usine, jamais retouchés après la mise en service. Le troisième est le dimensionnement : une machine trop puissante s'arrête et redémarre sans cesse, use son compresseur et consomme plus qu'un modèle correctement calibré.

Daikin, Mitsubishi Electric, Panasonic, Atlantic ou Viessmann proposent tous des machines sérieuses. Le fabricant compte moins que l'installateur qui va régler la courbe de chauffe et équilibrer le réseau. Sur ce point, le devis le moins cher est rarement une bonne affaire.

Entretien et durée de vie

Depuis juillet 2020, l'entretien est obligatoire tous les deux ans pour les systèmes thermodynamiques de 4 à 70 kW. Au-delà de la charge de fluide frigorigène et du contrôle d'étanchéité, la visite sert surtout à vérifier les pressions et l'encrassement de l'échangeur, deux points qui grignotent le rendement en silence. Comptez une quinzaine d'années de service pour une unité extérieure correctement entretenue, davantage si elle n'est pas exposée plein vent.

Le calcul de rentabilité se fait donc sur le système que vous remplacez, pas sur une promesse générique. Sortir du fioul ou de l'électrique direct, l'aérothermie tient ses comptes. Sortir d'un gaz condensation de 2018, elle a beaucoup de mal.

Résumer cet article avec :

Partager :

Énergie