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    "content_markdown": "La toux d'un chat asthmatique ressemble à s'y méprendre à une tentative de recracher une boule de poils. C'est cette confusion, et pas la rareté de la maladie, qui retarde le diagnostic de plusieurs mois chez la plupart des chats concernés.\n\nL'asthme félin touche environ 1 à 5 % des chats, soit à peu près un chat sur cinquante. Ce n'est donc pas une curiosité vétérinaire. Sauf qu'il se manifeste par un geste que tout propriétaire interprète de travers : le chat s'accroupit, allonge le cou vers l'avant, contracte l'abdomen et émet un bruit rauque. Tout le monde y voit une pelote de poils coincée. Personne ne compte les respirations. Cet article prend donc le problème par là : comment faire la différence, et pourquoi elle compte.\n\n  **Le test qui tranche**\n\nComptez les mouvements du thorax pendant que le chat dort profondément, sur une minute. Un chat sain se situe entre 15 et 30 respirations par minute. Au-delà de 40 pendant le sommeil, c'est anormal quelle qu'en soit la cause, et cela justifie un rendez-vous. Ce comptage est gratuit, il se fait sur le canapé, et c'est l'information la plus utile que vous puissiez apporter à votre vétérinaire.\n\n## Boule de poils ou crise : ce qui distingue les deux\n\nUne régurgitation de trichobézoard se termine par quelque chose : un amas de poils sur le tapis, en quelques secondes. Une quinte asthmatique, elle, **ne produit rien**. Le chat tousse, s'arrête, repart, parfois pendant une à deux minutes, puis se recouche comme si de rien n'était. Rien n'est expulsé, sinon un peu de mucus mousseux. Autre différence : la boule de poils survient plutôt après un toilettage intense, la crise d'asthme survient après une exposition, un ménage, un pschitt de désodorisant, un sac de litière fraîchement versé.\n\nLes autres signes à retenir sont plus faciles à repérer quand on sait quoi chercher :\n\n- une respiration sifflante audible à distance ;\n- un effort respiratoire abdominal, les flancs qui pompent ;\n- une **respiration gueule ouverte**, qui chez le chat est toujours anormale au repos ;\n- des lèvres et des gencives grises ou bleutées ;\n- une toux persistante, sèche, souvent nocturne ;\n- une baisse d'activité, un chat qui ne saute plus, qui refuse le jeu ;\n- des bruits de gargouillis dans la gorge et une déglutition répétée.\n\nÀ l'inverse, un chat qui ronfle en dormant ou qui souffle après une course dans le couloir ne fait pas d'asthme. Le ronflement dépend de l'anatomie, particulièrement chez les races à face plate.\n\n  **Gueule ouverte égale urgence**\n\nUn chat qui respire la gueule ouverte au repos, cou tendu, coudes écartés du corps, est en détresse respiratoire. Ne le mettez pas en cage de force, ne le manipulez pas plus que nécessaire, appelez la clinique et prévenez que vous arrivez. Le stress du transport peut à lui seul aggraver la crise.\n\n## Ce qui déclenche les crises, dans l'ordre d'importance\n\nL'asthme félin est une réaction allergique des voies aériennes basses : les bronches s'enflamment, se resserrent et se remplissent de mucus. L'inhalation d'un allergène est le déclencheur le plus fréquent. Les suspects habituels sont bien identifiés :\n\n- la fumée de cigarette, de loin le facteur le plus évitable ;\n- les acariens de la poussière ;\n- les poussières de [la litière du chat](https://www.ouestmedias.net/quand-changer-vider-et-laver-la-litiere-des-chats.html), surtout les substrats minéraux fins ;\n- les pollens de graminées et d'arbres, avec une saisonnalité nette au printemps ;\n- les moisissures des pièces humides ;\n- les sprays ménagers, désodorisants, parfums d'intérieur et bougies parfumées ;\n- plus rarement, certains composants alimentaires.\n\nLe stress n'est pas un allergène, mais il aggrave la fréquence et l'intensité des crises. Un chat qui vit en alerte permanente respire plus vite et tolère moins bien un bronchospasme. Si le vôtre sursaute au moindre bruit, travailler sur ce terrain fait partie du traitement : les conseils réunis pour [un chat craintif](https://www.ouestmedias.net/chat-craintif-5-astuces-pour-aider-votre-chat-a-ne-plus-avoir-peur.html) valent aussi ici, tout comme les méthodes classiques pour [calmer un chat](https://www.ouestmedias.net/calmer-un-chat-apprenez-a-gerer-votre-boule-de-poils.html) avant une manipulation.\n\nDes facteurs de fond pèsent également : parasites pulmonaires, obésité, cardiopathie préexistante, pneumonie, et une part héréditaire réelle. Le siamois et les lignées orientales sont surreprésentés, ce qui pose la question du choix des reproducteurs pour qui s'intéresse à [la reproduction chez les chats](https://www.ouestmedias.net/reproduction-chez-les-chats-tout-ce-que-vous-devez-savoir.html).\n\n  **Le diagnostic ne se fait pas au stéthoscope**\n\nConfirmer un asthme demande des radiographies thoraciques, où l'on cherche un aspect bronchique en anneaux et un diaphragme aplati, complétées selon les cas par un lavage broncho-alvéolaire et une recherche de parasites. Comptez 150 à 350 euros pour ce bilan. Il sert à écarter ce qui se soigne autrement : vers pulmonaires, corps étranger, insuffisance cardiaque, épanchement.\n\n## Le traitement, et pourquoi l'inhalateur a changé les choses\n\nDeux familles de médicaments interviennent. Les **corticoïdes** traitent l'inflammation de fond, ce sont eux qui font le travail. Les bronchodilatateurs relâchent le muscle bronchique et soulagent vite, mais ne touchent pas à l'inflammation : prescrits seuls, ils masquent une maladie qui continue d'abîmer les bronches. C'est le contresens le plus répandu sur ce sujet.\n\nHistoriquement, les corticoïdes se donnaient par voie orale ou en injection, avec les effets secondaires que cela implique sur des années : prise de poids, diabète, fonte musculaire. La forme inhalée a modifié cet équilibre. Un aérosol-doseur humain associé à une chambre d'inhalation vétérinaire munie d'un petit masque délivre le produit directement dans les bronches, à des doses très faibles et avec un passage général minime. Le chat respire normalement dans le masque pendant sept à dix respirations, deux fois par jour. La plupart s'y habituent en une à deux semaines si on procède par étapes courtes et récompensées.\n\nÀ la maison, le reste tient à l'environnement : arrêt total du tabac à l'intérieur, litière peu poussiéreuse en granulés ou en végétal, aspirateur à filtre, aération quotidienne, suppression des sprays parfumés. Ces mesures ne sont pas un supplément décoratif au traitement, elles conditionnent la dose de corticoïde nécessaire.\n\n  **Ce à quoi ressemble la suite**\n\nL'asthme félin ne guérit pas. Il se contrôle, avec des périodes calmes de plusieurs mois entrecoupées de poussées. Prévoyez un contrôle vétérinaire tous les 6 à 12 mois et une radiographie de comparaison en cas d'aggravation. Un chat correctement suivi garde une espérance de vie normale.\n\n## Ce qu'il faut surveiller au quotidien\n\nTenez un carnet simple : date et durée des quintes, contexte, comptage respiratoire au sommeil une fois par semaine. Ce suivi vaut mieux qu'une impression générale, parce que l'aggravation d'un asthme est lente et qu'on s'habitue à un chat qui tousse. Notez aussi les symptômes annexes, un écoulement oculaire ou une [conjonctivite chez le chat](https://www.ouestmedias.net/la-conjonctivite-chez-le-chat-symptomes-causes-et-traitement.html) orientant plutôt vers une atteinte des voies respiratoires hautes, donc vers autre chose qu'un asthme. La distinction se joue là aussi : les voies hautes éternuent, les voies basses toussent.",
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Un chat sain se situe entre 15 et 30 respirations par minute. Au-delà de 40 pendant le sommeil, c'est anormal quelle qu'en soit la cause, et cela justifie un rendez-vous. Ce comptage est gratuit, il se fait sur le canapé, et c'est l'information la plus utile que vous puissiez apporter à votre vétérinaire.</p>\n</aside>\n\n<h2>Boule de poils ou crise : ce qui distingue les deux</h2>\n\n<p>Une régurgitation de trichobézoard se termine par quelque chose : un amas de poils sur le tapis, en quelques secondes. Une quinte asthmatique, elle, <strong>ne produit rien</strong>. Le chat tousse, s'arrête, repart, parfois pendant une à deux minutes, puis se recouche comme si de rien n'était. Rien n'est expulsé, sinon un peu de mucus mousseux. Autre différence : la boule de poils survient plutôt après un toilettage intense, la crise d'asthme survient après une exposition, un ménage, un pschitt de désodorisant, un sac de litière fraîchement versé.</p>\n\n<p>Les autres signes à retenir sont plus faciles à repérer quand on sait quoi chercher :</p>\n\n<ul>\n<li>une respiration sifflante audible à distance ;</li>\n<li>un effort respiratoire abdominal, les flancs qui pompent ;</li>\n<li>une <strong>respiration gueule ouverte</strong>, qui chez le chat est toujours anormale au repos ;</li>\n<li>des lèvres et des gencives grises ou bleutées ;</li>\n<li>une toux persistante, sèche, souvent nocturne ;</li>\n<li>une baisse d'activité, un chat qui ne saute plus, qui refuse le jeu ;</li>\n<li>des bruits de gargouillis dans la gorge et une déglutition répétée.</li>\n</ul>\n\n<p>À l'inverse, un chat qui ronfle en dormant ou qui souffle après une course dans le couloir ne fait pas d'asthme. Le ronflement dépend de l'anatomie, particulièrement chez les races à face plate.</p>\n\n<aside class=\"bluf bluf-rouge\">\n<strong>Gueule ouverte égale urgence</strong>\n<p>Un chat qui respire la gueule ouverte au repos, cou tendu, coudes écartés du corps, est en détresse respiratoire. Ne le mettez pas en cage de force, ne le manipulez pas plus que nécessaire, appelez la clinique et prévenez que vous arrivez. Le stress du transport peut à lui seul aggraver la crise.</p>\n</aside>\n\n<h2>Ce qui déclenche les crises, dans l'ordre d'importance</h2>\n\n<p>L'asthme félin est une réaction allergique des voies aériennes basses : les bronches s'enflamment, se resserrent et se remplissent de mucus. L'inhalation d'un allergène est le déclencheur le plus fréquent. Les suspects habituels sont bien identifiés :</p>\n\n<ul>\n<li>la fumée de cigarette, de loin le facteur le plus évitable ;</li>\n<li>les acariens de la poussière ;</li>\n<li>les poussières de <a href=\"/quand-changer-vider-et-laver-la-litiere-des-chats.html\">la litière du chat</a>, surtout les substrats minéraux fins ;</li>\n<li>les pollens de graminées et d'arbres, avec une saisonnalité nette au printemps ;</li>\n<li>les moisissures des pièces humides ;</li>\n<li>les sprays ménagers, désodorisants, parfums d'intérieur et bougies parfumées ;</li>\n<li>plus rarement, certains composants alimentaires.</li>\n</ul>\n\n<p>Le stress n'est pas un allergène, mais il aggrave la fréquence et l'intensité des crises. Un chat qui vit en alerte permanente respire plus vite et tolère moins bien un bronchospasme. Si le vôtre sursaute au moindre bruit, travailler sur ce terrain fait partie du traitement : les conseils réunis pour <a href=\"/chat-craintif-5-astuces-pour-aider-votre-chat-a-ne-plus-avoir-peur.html\">un chat craintif</a> valent aussi ici, tout comme les méthodes classiques pour <a href=\"/calmer-un-chat-apprenez-a-gerer-votre-boule-de-poils.html\">calmer un chat</a> avant une manipulation.</p>\n\n<p>Des facteurs de fond pèsent également : parasites pulmonaires, obésité, cardiopathie préexistante, pneumonie, et une part héréditaire réelle. Le siamois et les lignées orientales sont surreprésentés, ce qui pose la question du choix des reproducteurs pour qui s'intéresse à <a href=\"/reproduction-chez-les-chats-tout-ce-que-vous-devez-savoir.html\">la reproduction chez les chats</a>.</p>\n\n<aside class=\"bluf bluf-bleu\">\n<strong>Le diagnostic ne se fait pas au stéthoscope</strong>\n<p>Confirmer un asthme demande des radiographies thoraciques, où l'on cherche un aspect bronchique en anneaux et un diaphragme aplati, complétées selon les cas par un lavage broncho-alvéolaire et une recherche de parasites. Comptez 150 à 350 euros pour ce bilan. Il sert à écarter ce qui se soigne autrement : vers pulmonaires, corps étranger, insuffisance cardiaque, épanchement.</p>\n</aside>\n\n<h2>Le traitement, et pourquoi l'inhalateur a changé les choses</h2>\n\n<p>Deux familles de médicaments interviennent. Les <strong>corticoïdes</strong> traitent l'inflammation de fond, ce sont eux qui font le travail. Les bronchodilatateurs relâchent le muscle bronchique et soulagent vite, mais ne touchent pas à l'inflammation : prescrits seuls, ils masquent une maladie qui continue d'abîmer les bronches. C'est le contresens le plus répandu sur ce sujet.</p>\n\n<p>Historiquement, les corticoïdes se donnaient par voie orale ou en injection, avec les effets secondaires que cela implique sur des années : prise de poids, diabète, fonte musculaire. La forme inhalée a modifié cet équilibre. Un aérosol-doseur humain associé à une chambre d'inhalation vétérinaire munie d'un petit masque délivre le produit directement dans les bronches, à des doses très faibles et avec un passage général minime. Le chat respire normalement dans le masque pendant sept à dix respirations, deux fois par jour. La plupart s'y habituent en une à deux semaines si on procède par étapes courtes et récompensées.</p>\n\n<p>À la maison, le reste tient à l'environnement : arrêt total du tabac à l'intérieur, litière peu poussiéreuse en granulés ou en végétal, aspirateur à filtre, aération quotidienne, suppression des sprays parfumés. Ces mesures ne sont pas un supplément décoratif au traitement, elles conditionnent la dose de corticoïde nécessaire.</p>\n\n<aside class=\"bluf bluf-violet\">\n<strong>Ce à quoi ressemble la suite</strong>\n<p>L'asthme félin ne guérit pas. Il se contrôle, avec des périodes calmes de plusieurs mois entrecoupées de poussées. Prévoyez un contrôle vétérinaire tous les 6 à 12 mois et une radiographie de comparaison en cas d'aggravation. Un chat correctement suivi garde une espérance de vie normale.</p>\n</aside>\n\n<h2>Ce qu'il faut surveiller au quotidien</h2>\n\n<p>Tenez un carnet simple : date et durée des quintes, contexte, comptage respiratoire au sommeil une fois par semaine. Ce suivi vaut mieux qu'une impression générale, parce que l'aggravation d'un asthme est lente et qu'on s'habitue à un chat qui tousse. Notez aussi les symptômes annexes, un écoulement oculaire ou une <a href=\"/la-conjonctivite-chez-le-chat-symptomes-causes-et-traitement.html\">conjonctivite chez le chat</a> orientant plutôt vers une atteinte des voies respiratoires hautes, donc vers autre chose qu'un asthme. La distinction se joue là aussi : les voies hautes éternuent, les voies basses toussent.</p>\n\n<figure class=\"video\" data-plateforme=\"youtube\" data-video=\"DaxmPuZpRS4\"><a href=\"https://www.youtube.com/watch?v=DaxmPuZpRS4\">Voir la video sur YouTube</a></figure>",
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