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Ce sont des sites d'histoire, pas des adresses de table.\n\n  **Le vrai héritage médiéval de Caen est architectural**\n\nL'Abbaye aux Hommes, où repose Guillaume le Conquérant, l'Abbaye aux Dames et le château ducal ont traversé les bombardements de 1944 qui ont détruit les trois quarts de la ville. Ils se visitent en une journée à pied. Aucun d'eux n'abrite de restaurant à thème, et c'est plutôt une bonne nouvelle.\n\n## Canaglia, la pizza napolitaine rue Écuyère\n\n![Pizza napolitaine sortant du four à bois, bord boursouflé et légèrement brûlé](https://www.ouestmedias.net/wp-content/uploads/2024/09/-109.png)\n\nLa rue Écuyère est l'artère des sorties caennaises, étroite, bruyante le soir, à deux pas de l'église Saint-Sauveur. Canaglia y fait de la pizza napolitaine au sens strict : pâte à longue fermentation, cuisson très courte à haute température, bord épais et souple, cœur volontairement humide. Qui attend une pâte croustillante sera déçu, c'est le principe même de la napolitaine.\n\nLe chef, formé à Naples, s'approvisionne en produits italiens pour la base et travaille aussi bien la Margherita que des recettes plus bavardes comme la Mortabella. Le service est rapide, la salle petite, et le créneau de 20 heures un vendredi part très vite.\n\n- **Adresse** : 5 rue Écuyère, 14000 Caen\n- **Téléphone** : +33 2 31 79 90 83\n\n## La Planche A, la cuisson à la plancha toute l'année\n\nRue des Prairies-Saint-Gilles, du côté de l'abbaye aux Dames, La Planche A tourne autour d'un seul geste : la saisie sur plaque brûlante. Viandes et poissons y passent sans matière grasse ajoutée ou presque, ce qui donne une croûte franche et un intérieur qui reste juteux. La formule marche autant en janvier qu'en juillet, contrairement à ce que suggère l'imagerie estivale de la plancha.\n\nLa terrine de saumon à l'œuf cocotte et crème de foie gras figure parmi les entrées les plus commandées. Au dessert, le tiramisu au Nutella et aux spéculoos assume totalement ce qu'il est : sucré, régressif, pas normand pour un sou.\n\n- **Adresse** : 13 rue Prairies Saint-Gilles, 14000 Caen\n- **Téléphone** : +33 2 31 93 45 52\n\n  **La race normande, ce n'est pas un argument marketing**\n\nC'est une race bovine mixte, reconnaissable à ses lunettes autour des yeux, élevée surtout en herbe. Sa viande est plus persillée et plus goûteuse que celle des races à viande sélectionnées pour le rendement, et son lait donne les quatre AOP fromagères normandes. Un restaurant qui l'affiche au tableau prend un vrai engagement d'approvisionnement.\n\n## Bœuf & Cow, boulevard des Alliés\n\nÀ deux pas de l'église Saint-Pierre et du port de plaisance, cette maison ne cherche pas à faire autre chose que de la viande bien traitée. Carpaccio, tartare de bœuf normand, côte de bœuf à partager, rognon de veau entier flambé au calvados : la carte tient sur une page et n'a pas bougé depuis des années, ce qui, pour une adresse de ce genre, est un bon signe.\n\nLes tripes à la mode de Caen y figurent aussi. Le plat mérite d'être commandé au moins une fois : gras-double, pied de bœuf, carottes, cidre et calvados, mijotés très longtemps dans une terrine fermée. C'est lourd, c'est daté, et c'est exactement ce que la ville a donné à la cuisine française.\n\n- **Adresse** : 6 boulevard des Alliés, 14000 Caen\n- **Téléphone** : +33 2 31 86 37 75\n\n## Où acheter ce qu'on va cuisiner soi-même\n\nLe marché du dimanche matin, le long du bassin Saint-Pierre sur les quais Vendeuvre et Hamelin, est le plus grand de la ville et l'un des plus fournis de Normandie. On y trouve les maraîchers du Calvados, des poissonniers de la côte de Nacre, des fromagers qui vendent camembert de Normandie au lait cru, pont-l'évêque, livarot et neufchâtel, les quatre AOP de la région. Le marché Saint-Sauveur, le vendredi matin, joue la même partition en plus resserré.\n\n  **Trois choses à rapporter de Caen**\n\nUn camembert de Normandie AOP au lait cru, à distinguer du camembert fabriqué en Normandie qui n'a pas le même cahier des charges. Un pot de teurgoule, ce riz au lait à la cannelle cuit six heures au four dans une terrine. Et une bouteille de cidre du pays d'Auge, à choisir brut plutôt que doux si c'est pour accompagner un repas.\n\nUn mot pour finir sur le niveau réel de la ville. Caen a une table étoilée et plusieurs bistrots de chef qui tiennent très bien la route, mais sa restauration reste d'abord celle d'une préfecture universitaire de cent mille habitants, pas celle d'une capitale gastronomique. 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Quant aux plages du Débarquement, elles commencent à Ouistreham, à une quinzaine de kilomètres au nord par le canal, et s'étirent jusqu'à Arromanches, à trente-cinq. Ce sont des sites d'histoire, pas des adresses de table.</p>\n\n<aside class=\"bluf bluf-bleu\">\n<strong>Le vrai héritage médiéval de Caen est architectural</strong>\n<p>L'Abbaye aux Hommes, où repose Guillaume le Conquérant, l'Abbaye aux Dames et le château ducal ont traversé les bombardements de 1944 qui ont détruit les trois quarts de la ville. Ils se visitent en une journée à pied. Aucun d'eux n'abrite de restaurant à thème, et c'est plutôt une bonne nouvelle.</p>\n</aside>\n\n<h2>Canaglia, la pizza napolitaine rue Écuyère</h2>\n\n<figure>\n<img width=\"2040\" height=\"1152\" src=\"/wp-content/uploads/2024/09/-109.png\" alt=\"Pizza napolitaine sortant du four à bois, bord boursouflé et légèrement brûlé\" decoding=\"async\">\n</figure>\n\n<p>La rue Écuyère est l'artère des sorties caennaises, étroite, bruyante le soir, à deux pas de l'église Saint-Sauveur. Canaglia y fait de la pizza napolitaine au sens strict : pâte à longue fermentation, cuisson très courte à haute température, bord épais et souple, cœur volontairement humide. Qui attend une pâte croustillante sera déçu, c'est le principe même de la napolitaine.</p>\n\n<p>Le chef, formé à Naples, s'approvisionne en produits italiens pour la base et travaille aussi bien la Margherita que des recettes plus bavardes comme la Mortabella. Le service est rapide, la salle petite, et le créneau de 20 heures un vendredi part très vite.</p>\n\n<ul>\n<li><strong>Adresse</strong> : 5 rue Écuyère, 14000 Caen</li>\n<li><strong>Téléphone</strong> : +33 2 31 79 90 83</li>\n</ul>\n\n<h2>La Planche A, la cuisson à la plancha toute l'année</h2>\n\n<p>Rue des Prairies-Saint-Gilles, du côté de l'abbaye aux Dames, La Planche A tourne autour d'un seul geste : la saisie sur plaque brûlante. Viandes et poissons y passent sans matière grasse ajoutée ou presque, ce qui donne une croûte franche et un intérieur qui reste juteux. La formule marche autant en janvier qu'en juillet, contrairement à ce que suggère l'imagerie estivale de la plancha.</p>\n\n<p>La terrine de saumon à l'œuf cocotte et crème de foie gras figure parmi les entrées les plus commandées. Au dessert, le tiramisu au Nutella et aux spéculoos assume totalement ce qu'il est : sucré, régressif, pas normand pour un sou.</p>\n\n<ul>\n<li><strong>Adresse</strong> : 13 rue Prairies Saint-Gilles, 14000 Caen</li>\n<li><strong>Téléphone</strong> : +33 2 31 93 45 52</li>\n</ul>\n\n<aside class=\"bluf bluf-vert\">\n<strong>La race normande, ce n'est pas un argument marketing</strong>\n<p>C'est une race bovine mixte, reconnaissable à ses lunettes autour des yeux, élevée surtout en herbe. Sa viande est plus persillée et plus goûteuse que celle des races à viande sélectionnées pour le rendement, et son lait donne les quatre AOP fromagères normandes. Un restaurant qui l'affiche au tableau prend un vrai engagement d'approvisionnement.</p>\n</aside>\n\n<h2>Bœuf &amp; Cow, boulevard des Alliés</h2>\n\n<p>À deux pas de l'église Saint-Pierre et du port de plaisance, cette maison ne cherche pas à faire autre chose que de la viande bien traitée. Carpaccio, tartare de bœuf normand, côte de bœuf à partager, rognon de veau entier flambé au calvados : la carte tient sur une page et n'a pas bougé depuis des années, ce qui, pour une adresse de ce genre, est un bon signe.</p>\n\n<p>Les tripes à la mode de Caen y figurent aussi. Le plat mérite d'être commandé au moins une fois : gras-double, pied de bœuf, carottes, cidre et calvados, mijotés très longtemps dans une terrine fermée. C'est lourd, c'est daté, et c'est exactement ce que la ville a donné à la cuisine française.</p>\n\n<ul>\n<li><strong>Adresse</strong> : 6 boulevard des Alliés, 14000 Caen</li>\n<li><strong>Téléphone</strong> : +33 2 31 86 37 75</li>\n</ul>\n\n<h2>Où acheter ce qu'on va cuisiner soi-même</h2>\n\n<p>Le marché du dimanche matin, le long du bassin Saint-Pierre sur les quais Vendeuvre et Hamelin, est le plus grand de la ville et l'un des plus fournis de Normandie. On y trouve les maraîchers du Calvados, des poissonniers de la côte de Nacre, des fromagers qui vendent camembert de Normandie au lait cru, pont-l'évêque, livarot et neufchâtel, les quatre AOP de la région. Le marché Saint-Sauveur, le vendredi matin, joue la même partition en plus resserré.</p>\n\n<aside class=\"bluf bluf-rose\">\n<strong>Trois choses à rapporter de Caen</strong>\n<p>Un camembert de Normandie AOP au lait cru, à distinguer du camembert fabriqué en Normandie qui n'a pas le même cahier des charges. Un pot de teurgoule, ce riz au lait à la cannelle cuit six heures au four dans une terrine. Et une bouteille de cidre du pays d'Auge, à choisir brut plutôt que doux si c'est pour accompagner un repas.</p>\n</aside>\n\n<p>Un mot pour finir sur le niveau réel de la ville. Caen a une table étoilée et plusieurs bistrots de chef qui tiennent très bien la route, mais sa restauration reste d'abord celle d'une préfecture universitaire de cent mille habitants, pas celle d'une capitale gastronomique. Bien manger y demande de choisir, comme partout ; en revanche, le produit brut disponible sur les marchés est parmi les meilleurs de France, et cela, aucune ville de taille comparable ne peut vraiment le revendiquer.</p>",
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