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    "content_markdown": "Non, les passoires thermiques n'ont pas été interdites à la location en 2023. Ce qui a changé au 1er janvier de cette année-là est plus étroit, et beaucoup de propriétaires l'ont compris trop tard : seuls les logements dépassant 450 kWh d'énergie finale par mètre carré et par an sont sortis du marché locatif.\n\nLe reste du calendrier arrive plus tard : les G au 1er janvier 2025, les F en 2028, les E en 2034. Confondre ces échéances coûte cher dans les deux sens, entre le bien vendu en catastrophe et les travaux repoussés d'un an de trop.\n\n  **Le seuil de 2023, en clair**\n\nDepuis le 1er janvier 2023, en France métropolitaine, un logement dont la consommation dépasse 450 kWh d'énergie finale par mètre carré et par an n'est plus considéré comme décent. Cela vise le haut de la classe G, pas toute la classe G, et encore moins la classe F. Environ 90 000 logements étaient concernés selon les estimations du ministère.\n\n## Ce que dit vraiment le décret de janvier 2021\n\nLe texte qui organise tout ça est le décret du 11 janvier 2021 sur le critère de performance énergétique dans la définition du logement décent. Il ajoute une ligne à la liste des caractéristiques qu'un bien doit présenter pour être loué, au même titre que l'absence d'infiltrations.\n\nLa nuance qui compte : le seuil de 450 kWh est exprimé en énergie finale, celle qui sort du compteur, alors que l'étiquette du diagnostic de performance énergétique raisonne en énergie primaire, avec un coefficient de 2,3 sur l'électricité. Deux logements affichant le même G peuvent donc tomber de part et d'autre du seuil selon leur mode de chauffage.\n\nAutre point souvent mal compris : l'interdiction ne casse pas un bail en cours. Elle s'applique aux nouveaux contrats, aux renouvellements et aux reconductions tacites. Un locataire déjà installé ne se retrouve pas dehors du jour au lendemain, mais il peut saisir le juge pour exiger des travaux.\n\n## Le gel des loyers, la mesure qui mord vraiment\n\nPendant que tout le monde regardait les interdictions, une autre disposition est passée presque inaperçue et touche beaucoup plus de monde. Depuis le 24 août 2022, les loyers des logements classés F et G sont gelés : plus d'indexation annuelle sur l'indice de référence, plus de réévaluation entre deux locataires dans les zones tendues, plus de complément de loyer.\n\nSur un logement à 700 euros par mois, avec une inflation des loyers autour de 3,5 % par an, le manque à gagner dépasse 4 000 euros cumulés en cinq ans. C'est souvent l'argument qui décide un bailleur hésitant à isoler ses combles.\n\n  **Le piège du DPE ancien**\n\nLes diagnostics établis avant le 1er juillet 2021 sont périmés depuis le 1er janvier 2025. Beaucoup de bailleurs se croient en classe E avec un document de 2019 et se retrouvent en F après un nouveau calcul. La méthode a changé : elle ne tient plus compte des factures réelles mais des caractéristiques du bâti.\n\n## Combien de logements sont réellement concernés\n\nL'Observatoire national de la rénovation énergétique a chiffré le parc en 2022 : environ 5,2 millions de résidences principales classées F ou G, soit un logement sur six. La proportion grimpe dans les petites surfaces, où le rapport entre déperditions et surface habitable joue contre le logement. Un 20 mètres carrés sous les toits bascule en G bien plus vite qu'une maison de 120.\n\nCe déséquilibre explique pourquoi les échéances de 2025 et 2028 inquiètent surtout les propriétaires de petits appartements urbains. Un studio mal isolé n'a souvent aucune marge de manoeuvre : pas d'isolation par l'extérieur sans l'accord de la copropriété, pas dix centimètres à perdre à l'intérieur sans rendre la pièce invivable.\n\n## Les aides, et ce qui a changé depuis le CITE\n\nLe crédit d'impôt pour la transition énergétique n'existe plus. Il a été remplacé fin 2020 par MaPrimeRénov', versée par l'Agence nationale de l'habitat, qui fonctionne sur un principe différent : une subvention accordée avant les travaux, calculée selon les revenus du ménage, et non plus une réduction d'impôt constatée l'année suivante.\n\nLes bailleurs y ont accès, dans la limite de trois logements, à condition de louer le bien au moins six ans après les travaux. À côté, les certificats d'économies d'énergie financent une part du chantier via les fournisseurs d'énergie, et l'éco-prêt à taux zéro couvre jusqu'à 50 000 euros sur vingt ans.\n\n  **L'ordre des travaux qui fait gagner des classes**\n\nLes combles perdus restent le meilleur rapport gain sur euro dépensé : entre 20 et 50 euros du mètre carré posé, pour 25 à 30 % des déperditions traitées. Vient ensuite le remplacement du système de chauffage, puis les murs. Les fenêtres arrivent en dernier dans presque tous les audits, alors que c'est par elles que la plupart des propriétaires commencent.\n\n## Vendre ou rénover, le calcul honnête\n\nUn audit énergétique est obligatoire depuis le 1er avril 2023 pour vendre une maison ou un immeuble en monopropriété classé F ou G. Il chiffre deux scénarios de travaux, et il pèse sur le prix : les notaires observent une décote de 10 à 15 % sur les maisons F ou G face à une classe D comparable.\n\nFaites le calcul avant de choisir. Si la décote sur un bien de 200 000 euros atteint 25 000 euros et que la rénovation en coûte 35 000 dont 12 000 d'aides, rénover rapporte. Si la classe ne peut bouger qu'avec un vote de copropriété, la vente devient l'option raisonnable, et mieux vaut la décider tôt.\n\n  **Les trois dates à retenir**\n\n1er janvier 2025 pour l'interdiction des logements classés G, 1er janvier 2028 pour les F, 1er janvier 2034 pour les E. Un chantier d'isolation sérieux demande six à douze mois entre l'audit, les devis, le dépôt du dossier d'aide et la pose. Compter un an d'avance sur l'échéance n'est pas de la prudence excessive.\n\n## Les gestes du quotidien, à leur juste place\n\nBaisser le chauffage d'un degré fait gagner environ 7 % sur la facture, éteindre les veilles économise entre 50 et 100 euros par an, les ampoules LED consomment cinq fois moins qu'une halogène. Ces gestes valent la peine, ils sont gratuits ou presque.\n\nIls ne changeront jamais une étiquette énergétique. Le diagnostic ne mesure pas votre comportement, il mesure le bâtiment : surface des parois, épaisseur d'isolant, type de menuiseries, rendement du générateur. Un locataire exemplaire dans une passoire garde une passoire. Confondre les deux registres, sobriété d'usage et performance du bâti, est l'erreur qui fait perdre le plus de temps aux propriétaires.",
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Environ 90 000 logements étaient concernés selon les estimations du ministère.</p>\n</aside>\n\n<h2>Ce que dit vraiment le décret de janvier 2021</h2>\n\n<p>Le texte qui organise tout ça est le décret du 11 janvier 2021 sur le critère de performance énergétique dans la définition du logement décent. Il ajoute une ligne à la liste des caractéristiques qu'un bien doit présenter pour être loué, au même titre que l'absence d'infiltrations.</p>\n\n<p>La nuance qui compte : le seuil de 450 kWh est exprimé en énergie finale, celle qui sort du compteur, alors que l'étiquette du diagnostic de performance énergétique raisonne en énergie primaire, avec un coefficient de 2,3 sur l'électricité. Deux logements affichant le même G peuvent donc tomber de part et d'autre du seuil selon leur mode de chauffage.</p>\n\n<p>Autre point souvent mal compris : l'interdiction ne casse pas un bail en cours. Elle s'applique aux nouveaux contrats, aux renouvellements et aux reconductions tacites. Un locataire déjà installé ne se retrouve pas dehors du jour au lendemain, mais il peut saisir le juge pour exiger des travaux.</p>\n\n<h2>Le gel des loyers, la mesure qui mord vraiment</h2>\n\n<p>Pendant que tout le monde regardait les interdictions, une autre disposition est passée presque inaperçue et touche beaucoup plus de monde. Depuis le 24 août 2022, les loyers des logements classés F et G sont gelés : plus d'indexation annuelle sur l'indice de référence, plus de réévaluation entre deux locataires dans les zones tendues, plus de complément de loyer.</p>\n\n<p>Sur un logement à 700 euros par mois, avec une inflation des loyers autour de 3,5 % par an, le manque à gagner dépasse 4 000 euros cumulés en cinq ans. C'est souvent l'argument qui décide un bailleur hésitant à isoler ses combles.</p>\n\n<aside class=\"bluf bluf-rouge\">\n<strong>Le piège du DPE ancien</strong>\n<p>Les diagnostics établis avant le 1er juillet 2021 sont périmés depuis le 1er janvier 2025. Beaucoup de bailleurs se croient en classe E avec un document de 2019 et se retrouvent en F après un nouveau calcul. La méthode a changé : elle ne tient plus compte des factures réelles mais des caractéristiques du bâti.</p>\n</aside>\n\n<h2>Combien de logements sont réellement concernés</h2>\n\n<p>L'Observatoire national de la rénovation énergétique a chiffré le parc en 2022 : environ 5,2 millions de résidences principales classées F ou G, soit un logement sur six. La proportion grimpe dans les petites surfaces, où le rapport entre déperditions et surface habitable joue contre le logement. Un 20 mètres carrés sous les toits bascule en G bien plus vite qu'une maison de 120.</p>\n\n<p>Ce déséquilibre explique pourquoi les échéances de 2025 et 2028 inquiètent surtout les propriétaires de petits appartements urbains. Un studio mal isolé n'a souvent aucune marge de manoeuvre : pas d'isolation par l'extérieur sans l'accord de la copropriété, pas dix centimètres à perdre à l'intérieur sans rendre la pièce invivable.</p>\n\n<h2>Les aides, et ce qui a changé depuis le CITE</h2>\n\n<p>Le crédit d'impôt pour la transition énergétique n'existe plus. Il a été remplacé fin 2020 par MaPrimeRénov', versée par l'Agence nationale de l'habitat, qui fonctionne sur un principe différent : une subvention accordée avant les travaux, calculée selon les revenus du ménage, et non plus une réduction d'impôt constatée l'année suivante.</p>\n\n<p>Les bailleurs y ont accès, dans la limite de trois logements, à condition de louer le bien au moins six ans après les travaux. À côté, les certificats d'économies d'énergie financent une part du chantier via les fournisseurs d'énergie, et l'éco-prêt à taux zéro couvre jusqu'à 50 000 euros sur vingt ans.</p>\n\n<aside class=\"bluf bluf-vert\">\n<strong>L'ordre des travaux qui fait gagner des classes</strong>\n<p>Les combles perdus restent le meilleur rapport gain sur euro dépensé : entre 20 et 50 euros du mètre carré posé, pour 25 à 30 % des déperditions traitées. Vient ensuite le remplacement du système de chauffage, puis les murs. Les fenêtres arrivent en dernier dans presque tous les audits, alors que c'est par elles que la plupart des propriétaires commencent.</p>\n</aside>\n\n<h2>Vendre ou rénover, le calcul honnête</h2>\n\n<p>Un audit énergétique est obligatoire depuis le 1er avril 2023 pour vendre une maison ou un immeuble en monopropriété classé F ou G. Il chiffre deux scénarios de travaux, et il pèse sur le prix : les notaires observent une décote de 10 à 15 % sur les maisons F ou G face à une classe D comparable.</p>\n\n<p>Faites le calcul avant de choisir. Si la décote sur un bien de 200 000 euros atteint 25 000 euros et que la rénovation en coûte 35 000 dont 12 000 d'aides, rénover rapporte. Si la classe ne peut bouger qu'avec un vote de copropriété, la vente devient l'option raisonnable, et mieux vaut la décider tôt.</p>\n\n<aside class=\"bluf bluf-violet\">\n<strong>Les trois dates à retenir</strong>\n<p>1er janvier 2025 pour l'interdiction des logements classés G, 1er janvier 2028 pour les F, 1er janvier 2034 pour les E. Un chantier d'isolation sérieux demande six à douze mois entre l'audit, les devis, le dépôt du dossier d'aide et la pose. Compter un an d'avance sur l'échéance n'est pas de la prudence excessive.</p>\n</aside>\n\n<h2>Les gestes du quotidien, à leur juste place</h2>\n\n<p>Baisser le chauffage d'un degré fait gagner environ 7 % sur la facture, éteindre les veilles économise entre 50 et 100 euros par an, les ampoules LED consomment cinq fois moins qu'une halogène. Ces gestes valent la peine, ils sont gratuits ou presque.</p>\n\n<p>Ils ne changeront jamais une étiquette énergétique. Le diagnostic ne mesure pas votre comportement, il mesure le bâtiment : surface des parois, épaisseur d'isolant, type de menuiseries, rendement du générateur. Un locataire exemplaire dans une passoire garde une passoire. Confondre les deux registres, sobriété d'usage et performance du bâti, est l'erreur qui fait perdre le plus de temps aux propriétaires.</p>",
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