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    "title": "Heure d'hiver : entre économie d'énergie et perturbation biologique, où en sommes-nous ?",
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        "bio": "Je suis particulièrement intéressée par les rubriques Amour, Lifestyle et Santé. Ce qui ne m'empêche pas de donner mon avis sur d'autres sujets !",
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    "content_markdown": "Reculer les pendules le dernier dimanche d'octobre devait faire baisser la facture d'électricité. Cinquante ans plus tard, le gain se compte en centièmes de pour cent de la consommation nationale, et le dossier de la suppression dort à Bruxelles depuis 2019.\n\nLe dimanche 29 octobre 2023, à 3 heures du matin, il était de nouveau 2 heures. Une heure de sommeil en plus, des soirées noires à 17 h 30, et un débat qui revient deux fois par an sans aboutir. Autant regarder les chiffres, puisque c'est sur eux que le système a été justifié.\n\n  **L'économie réelle, en ordre de grandeur**\n\nL'évaluation de référence de l'ADEME, publiée en 2009, chiffrait le gain sur l'éclairage à environ 440 GWh par an, soit près de 0,07 % de la consommation électrique française. Réel, mais loin de ce qu'annonçaient les années 1970.\n\n## Une mesure née du choc pétrolier\n\nLa France avait déjà appliqué l'heure d'été entre 1916 et 1945. Ce qui a relancé le [changement d'heure saisonnier](https://www.ouestmedias.net/changement-heure.html), c'est le choc pétrolier de 1973 : le décret est signé en septembre 1975 et la première application a lieu **le 28 mars 1976**. Le raisonnement tenait debout dans un pays qui s'éclairait encore à l'incandescence.\n\nDepuis 1998, les dates sont harmonisées dans toute l'Union : dernier dimanche de mars, dernier dimanche d'octobre.\n\n## Pourquoi le gain a fondu\n\nTrois choses ont changé. L'éclairage ne pèse plus qu'une petite part de la consommation d'un logement, le gros partant dans le chauffage et l'eau chaude. Les LED ont divisé la dépense par cinq à dix à luminosité égale. Et le décalage agit dans les deux sens : ce qu'on ne dépense pas le soir, on le dépense le matin.\n\n  **Le coût sanitaire, lui, ne baisse pas**\n\nLe passage du printemps, celui où l'on perd une heure, est le plus mal supporté : plusieurs travaux ont relevé une hausse ponctuelle des infarctus et des accidents de la route dans les jours qui suivent. Celui d'octobre est plus doux, mais décale quand même l'horloge interne trois à cinq jours.\n\n## Ce que fait le corps quand l'heure bouge\n\nLa mélatonine, l'hormone qui déclenche l'endormissement, se règle sur la lumière du jour, pas sur le cadran. En reculant les montres, on avance le coucher du soleil d'une heure sur le temps social : la sécrétion démarre plus tôt, la fatigue tombe en fin d'après-midi, et le réveil arrive avant l'heure voulue.\n\nLes personnes âgées, les nourrissons et les travailleurs postés mettent plus de temps à se recaler. La parade est ennuyeuse mais efficace : décaler repas et coucher d'un quart d'heure les trois jours qui précèdent, et sortir prendre la lumière du matin.\n\n  **Le calendrier européen, au point mort**\n\nAprès une consultation de 2018 où plus de 80 % des 4,6 millions de répondants s'étaient prononcés contre le changement d'heure, le Parlement européen a voté en mars 2019 sa suppression à l'horizon 2021. Le Conseil, où siègent les États, n'a jamais tranché. Le texte est resté là.\n\n## Le vrai blocage n'est pas technique\n\nIl tient à **un désaccord de fond** : rester à l'heure d'été toute l'année, ou à l'heure d'hiver ? L'heure d'été permanente offrirait des soirées claires en juin, mais des levers de soleil vers 9 h 30 en décembre dans le nord du pays. L'heure d'hiver permanente raccourcirait les soirées de juillet. Et si chaque État tranchait seul, l'Europe hériterait d'un patchwork de fuseaux ingérable.\n\n  **À retenir**\n\nTant que rien ne bouge à Bruxelles, la règle ne change pas : on avance les montres le dernier dimanche de mars, on les recule le dernier dimanche d'octobre. Les téléphones le font seuls, le four et la voiture rarement.\n\n**Le calcul énergétique, lui, ne tient plus.** Ce qui maintient le système en place, c'est l'absence d'accord sur ce qu'il faudrait mettre à sa place.",
    "content_html": "<p>Reculer les pendules le dernier dimanche d'octobre devait faire baisser la facture d'électricité. Cinquante ans plus tard, le gain se compte en centièmes de pour cent de la consommation nationale, et le dossier de la suppression dort à Bruxelles depuis 2019.</p>\n\n<p>Le dimanche 29 octobre 2023, à 3 heures du matin, il était de nouveau 2 heures. Une heure de sommeil en plus, des soirées noires à 17 h 30, et un débat qui revient deux fois par an sans aboutir. Autant regarder les chiffres, puisque c'est sur eux que le système a été justifié.</p>\n\n<aside class=\"bluf bluf-orange\">\n<strong>L'économie réelle, en ordre de grandeur</strong>\n<p>L'évaluation de référence de l'ADEME, publiée en 2009, chiffrait le gain sur l'éclairage à environ 440 GWh par an, soit près de 0,07 % de la consommation électrique française. Réel, mais loin de ce qu'annonçaient les années 1970.</p>\n</aside>\n\n<h2>Une mesure née du choc pétrolier</h2>\n\n<p>La France avait déjà appliqué l'heure d'été entre 1916 et 1945. Ce qui a relancé le <a href=\"/changement-heure.html\">changement d'heure saisonnier</a>, c'est le choc pétrolier de 1973 : le décret est signé en septembre 1975 et la première application a lieu <strong>le 28 mars 1976</strong>. Le raisonnement tenait debout dans un pays qui s'éclairait encore à l'incandescence.</p>\n\n<p>Depuis 1998, les dates sont harmonisées dans toute l'Union : dernier dimanche de mars, dernier dimanche d'octobre.</p>\n\n<h2>Pourquoi le gain a fondu</h2>\n\n<p>Trois choses ont changé. L'éclairage ne pèse plus qu'une petite part de la consommation d'un logement, le gros partant dans le chauffage et l'eau chaude. Les LED ont divisé la dépense par cinq à dix à luminosité égale. Et le décalage agit dans les deux sens : ce qu'on ne dépense pas le soir, on le dépense le matin.</p>\n\n<aside class=\"bluf bluf-rouge\">\n<strong>Le coût sanitaire, lui, ne baisse pas</strong>\n<p>Le passage du printemps, celui où l'on perd une heure, est le plus mal supporté : plusieurs travaux ont relevé une hausse ponctuelle des infarctus et des accidents de la route dans les jours qui suivent. Celui d'octobre est plus doux, mais décale quand même l'horloge interne trois à cinq jours.</p>\n</aside>\n\n<h2>Ce que fait le corps quand l'heure bouge</h2>\n\n<p>La mélatonine, l'hormone qui déclenche l'endormissement, se règle sur la lumière du jour, pas sur le cadran. En reculant les montres, on avance le coucher du soleil d'une heure sur le temps social : la sécrétion démarre plus tôt, la fatigue tombe en fin d'après-midi, et le réveil arrive avant l'heure voulue.</p>\n\n<p>Les personnes âgées, les nourrissons et les travailleurs postés mettent plus de temps à se recaler. La parade est ennuyeuse mais efficace : décaler repas et coucher d'un quart d'heure les trois jours qui précèdent, et sortir prendre la lumière du matin.</p>\n\n<aside class=\"bluf bluf-violet\">\n<strong>Le calendrier européen, au point mort</strong>\n<p>Après une consultation de 2018 où plus de 80 % des 4,6 millions de répondants s'étaient prononcés contre le changement d'heure, le Parlement européen a voté en mars 2019 sa suppression à l'horizon 2021. Le Conseil, où siègent les États, n'a jamais tranché. Le texte est resté là.</p>\n</aside>\n\n<h2>Le vrai blocage n'est pas technique</h2>\n\n<p>Il tient à <strong>un désaccord de fond</strong> : rester à l'heure d'été toute l'année, ou à l'heure d'hiver ? L'heure d'été permanente offrirait des soirées claires en juin, mais des levers de soleil vers 9 h 30 en décembre dans le nord du pays. L'heure d'hiver permanente raccourcirait les soirées de juillet. Et si chaque État tranchait seul, l'Europe hériterait d'un patchwork de fuseaux ingérable.</p>\n\n<aside class=\"bluf bluf-rose\">\n<strong>À retenir</strong>\n<p>Tant que rien ne bouge à Bruxelles, la règle ne change pas : on avance les montres le dernier dimanche de mars, on les recule le dernier dimanche d'octobre. Les téléphones le font seuls, le four et la voiture rarement.</p>\n</aside>\n\n<p><strong>Le calcul énergétique, lui, ne tient plus.</strong> Ce qui maintient le système en place, c'est l'absence d'accord sur ce qu'il faudrait mettre à sa place.</p>",
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