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Une nuit à Liberia coûte moins cher qu'une nuit en bord de mer et évite ce trajet là.\n\nLa ville compte environ 70 000 habitants et vit d'élevage depuis deux siècles: le Guanacaste est la province des sabaneros, ces gardiens de troupeaux à cheval dont la culture n'a rien à voir avec la carte postale de forêt tropicale que le pays exporte.\n\n  **Les distances qui comptent**\n\nDepuis Liberia: aéroport 12 km, Playas del Coco 35 km (40 minutes), péninsule de Papagayo 45 km, entrée Las Pailas du parc Rincon de la Vieja 25 km mais une heure de piste, Tamarindo 65 km, San Jose 215 km par la route 1. Tout se fait à la journée sauf la capitale.\n\n## La Ciudad Blanca et son musée dans l'ancienne caserne\n\nOn surnomme Liberia la ville blanche à cause du gravier calcaire qui recouvrait ses rues et blanchissait les façades à la moindre bourrasque. Il en reste la Calle Real, une enfilade de maisons basses à porte d'angle ouvrant sur deux rues à la fois, un habitat colonial devenu rare dans le pays.\n\nLe **Museo de Guanacaste** occupe l'ancienne Comandancia de Plaza, la caserne bâtie sur le parc central. Le bâtiment a servi de prison, puis de commissariat, avant d'être transformé en espace culturel. Les collections sont modestes et les horaires flottants: comptez une heure, pas davantage, et n'y allez pas en attendant un grand musée d'histoire. L'intérêt est ailleurs, dans la salle d'exposition temporaire et dans le bâtiment lui-même.\n\n## Rincon de la Vieja, la vraie raison de rester\n\nLe parc national Rincon de la Vieja protège un volcan actif de 1 916 mètres. Le secteur Las Pailas propose une boucle de trois kilomètres qui longe des marmites de boue bouillonnante et des fumerolles. La montée au cratère est fermée depuis plusieurs années à cause de l'activité éruptive: renseignez-vous auprès du Sinac, l'organisme qui gère les parcs, avant de partir.\n\n  **Partir tôt, vraiment tôt**\n\nLe parc ouvre à 8 heures et le quota d'entrées quotidien se remplit vite en saison sèche. La piste depuis Liberia demande un vehicule surélevé après les pluies. Un départ à 6 h 30 laisse le temps de faire Las Pailas avant la chaleur de midi et de redescendre déjeuner en ville.\n\n## Manger en ville pour le prix d'un café à la plage\n\nLa différence de prix entre Liberia et le littoral touristique est franche. Un casado, l'assiette complète du midi avec riz, haricots noirs, salade, banane plantain et une protéine, se trouve entre 3 500 et 5 000 colones dans les sodas du centre. Le même plat double facilement à Tamarindo. Le taux de change tourne autour de 500 colones pour un dollar, et les dollars américains passent partout dans les zones touristiques, mais avec un arrondi qui vous coûte toujours quelque chose.\n\nCôté bière artisanale, la **Numu Brewing Company** sert ses cuves sur place. Rien d'exceptionnel à l'échelle mondiale, mais après une journée à 34 degrés c'est le meilleur endroit de Liberia à 17 heures.\n\n## Rafting: pas là où on vous le dit\n\nLes descentes en eau vive du nord-ouest ne se font pas sur le Rio Colorado, contrairement à ce qu'on lit souvent. Les deux rivières exploitées depuis Liberia sont le **Corobici**, du côté de Canas, en flottaison tranquille propice à l'observation des oiseaux, et le Tenorio, plus sportif, classé III et IV selon le niveau d'eau. Les grands parcours du pays, le Pacuare et le Reventazon, sont sur le versant caraïbe, à cinq heures de route.\n\n  **Le piège des excursions vendues à l'hôtel**\n\nLes tours réservés depuis un resort de Papagayo se paient souvent 30 à 50 % plus cher que les mêmes sorties achetées auprès d'une agence du centre de Liberia. Vérifiez surtout que le transport aller-retour est inclus: sur une sortie au Rio Celeste, à 90 km, c'est la moitié du prix.\n\n## Papagayo, l'autre extrême\n\nLa péninsule de Papagayo, à 45 kilomètres à l'ouest, fonctionne selon des règles opposées: concession touristique privée, resorts internationaux, barrière à l'entrée. Les plages restent publiques, la loi costaricienne rendant inaliénable la bande des cinquante premiers mètres, mais l'accès routier est filtré. Bahia Culebra y offre une mer sans houle, rare sur cette côte.\n\nPour rapporter quelque chose, les poteries chorotega de Guaitil valent le détour, à condition de savoir qu'on les fabrique dans le canton de Santa Cruz, à une soixantaine de kilomètres au sud. Celles vendues à Liberia sont revendues, souvent au double du prix pratiqué à l'atelier.\n\n## Ce qu'il faut avoir réglé avant d'atterrir\n\n- **Passeport**: valide, avec un billet de sortie du territoire que la compagnie aérienne peut réclamer à l'embarquement. Les ressortissants français n'ont pas besoin de visa pour un séjour touristique de moins de 90 jours.\n- **Location de voiture**: l'assurance obligatoire au tiers se vend sur place et s'ajoute au tarif des comparateurs, 15 à 20 dollars par jour de plus.\n- **Saison**: le Guanacaste est la région la plus sèche du pays, la saison des pluies court de mai à novembre avec un pic en septembre et octobre.\n\n  **Deux nuits suffisent**\n\nUne nuit à l'arrivée pour récupérer du vol et prendre la voiture de jour, une nuit avant le retour pour ne pas rouler à l'aube vers l'aéroport. Entre les deux, la côte ou la montagne. Liberia est une charnière, pas une destination de séjour, et la traiter comme telle rend le reste du voyage plus simple.\n\nUn aperçu de la ville et de ses environs en images: [Voir cette publication sur Instagram](https://www.instagram.com/p/C94NIG-OmTV/?locale=ne_NP)",
    "content_html": "<p>Liberia se traverse à pied en vingt minutes, et la plupart des voyageurs la quittent dans l'heure qui suit l'atterrissage. Le calcul mérite d'être refait: la capitale du Guanacaste est la seule base du nord-ouest costaricien d'où le volcan, les rivières et les plages tiennent tous dans un rayon d'une heure de route.</p>\n\n<h2>Une ville de passage que presque personne ne regarde</h2>\n\n<p>L'aéroport international Daniel Oduber Quiros, code LIR, se trouve à une douzaine de kilomètres à l'ouest du centre, et les vols long-courriers y arrivent en fin d'après-midi. Ceux qui enchaînent aussitôt sur Tamarindo terminent leur route de nuit, sur des routes sans éclairage où traversent les vaches. Une nuit à Liberia coûte moins cher qu'une nuit en bord de mer et évite ce trajet là.</p>\n\n<p>La ville compte environ 70 000 habitants et vit d'élevage depuis deux siècles: le Guanacaste est la province des sabaneros, ces gardiens de troupeaux à cheval dont la culture n'a rien à voir avec la carte postale de forêt tropicale que le pays exporte.</p>\n\n<aside class=\"bluf bluf-orange\">\n<strong>Les distances qui comptent</strong>\n<p>Depuis Liberia: aéroport 12 km, Playas del Coco 35 km (40 minutes), péninsule de Papagayo 45 km, entrée Las Pailas du parc Rincon de la Vieja 25 km mais une heure de piste, Tamarindo 65 km, San Jose 215 km par la route 1. Tout se fait à la journée sauf la capitale.</p>\n</aside>\n\n<h2>La Ciudad Blanca et son musée dans l'ancienne caserne</h2>\n\n<p>On surnomme Liberia la ville blanche à cause du gravier calcaire qui recouvrait ses rues et blanchissait les façades à la moindre bourrasque. Il en reste la Calle Real, une enfilade de maisons basses à porte d'angle ouvrant sur deux rues à la fois, un habitat colonial devenu rare dans le pays.</p>\n\n<p>Le <strong>Museo de Guanacaste</strong> occupe l'ancienne Comandancia de Plaza, la caserne bâtie sur le parc central. Le bâtiment a servi de prison, puis de commissariat, avant d'être transformé en espace culturel. Les collections sont modestes et les horaires flottants: comptez une heure, pas davantage, et n'y allez pas en attendant un grand musée d'histoire. L'intérêt est ailleurs, dans la salle d'exposition temporaire et dans le bâtiment lui-même.</p>\n\n<h2>Rincon de la Vieja, la vraie raison de rester</h2>\n\n<p>Le parc national Rincon de la Vieja protège un volcan actif de 1 916 mètres. Le secteur Las Pailas propose une boucle de trois kilomètres qui longe des marmites de boue bouillonnante et des fumerolles. La montée au cratère est fermée depuis plusieurs années à cause de l'activité éruptive: renseignez-vous auprès du Sinac, l'organisme qui gère les parcs, avant de partir.</p>\n\n<aside class=\"bluf bluf-vert\">\n<strong>Partir tôt, vraiment tôt</strong>\n<p>Le parc ouvre à 8 heures et le quota d'entrées quotidien se remplit vite en saison sèche. La piste depuis Liberia demande un vehicule surélevé après les pluies. Un départ à 6 h 30 laisse le temps de faire Las Pailas avant la chaleur de midi et de redescendre déjeuner en ville.</p>\n</aside>\n\n<h2>Manger en ville pour le prix d'un café à la plage</h2>\n\n<p>La différence de prix entre Liberia et le littoral touristique est franche. Un casado, l'assiette complète du midi avec riz, haricots noirs, salade, banane plantain et une protéine, se trouve entre 3 500 et 5 000 colones dans les sodas du centre. Le même plat double facilement à Tamarindo. Le taux de change tourne autour de 500 colones pour un dollar, et les dollars américains passent partout dans les zones touristiques, mais avec un arrondi qui vous coûte toujours quelque chose.</p>\n\n<p>Côté bière artisanale, la <strong>Numu Brewing Company</strong> sert ses cuves sur place. Rien d'exceptionnel à l'échelle mondiale, mais après une journée à 34 degrés c'est le meilleur endroit de Liberia à 17 heures.</p>\n\n<h2>Rafting: pas là où on vous le dit</h2>\n\n<p>Les descentes en eau vive du nord-ouest ne se font pas sur le Rio Colorado, contrairement à ce qu'on lit souvent. Les deux rivières exploitées depuis Liberia sont le <strong>Corobici</strong>, du côté de Canas, en flottaison tranquille propice à l'observation des oiseaux, et le Tenorio, plus sportif, classé III et IV selon le niveau d'eau. Les grands parcours du pays, le Pacuare et le Reventazon, sont sur le versant caraïbe, à cinq heures de route.</p>\n\n<aside class=\"bluf bluf-rouge\">\n<strong>Le piège des excursions vendues à l'hôtel</strong>\n<p>Les tours réservés depuis un resort de Papagayo se paient souvent 30 à 50 % plus cher que les mêmes sorties achetées auprès d'une agence du centre de Liberia. Vérifiez surtout que le transport aller-retour est inclus: sur une sortie au Rio Celeste, à 90 km, c'est la moitié du prix.</p>\n</aside>\n\n<h2>Papagayo, l'autre extrême</h2>\n\n<p>La péninsule de Papagayo, à 45 kilomètres à l'ouest, fonctionne selon des règles opposées: concession touristique privée, resorts internationaux, barrière à l'entrée. Les plages restent publiques, la loi costaricienne rendant inaliénable la bande des cinquante premiers mètres, mais l'accès routier est filtré. Bahia Culebra y offre une mer sans houle, rare sur cette côte.</p>\n\n<p>Pour rapporter quelque chose, les poteries chorotega de Guaitil valent le détour, à condition de savoir qu'on les fabrique dans le canton de Santa Cruz, à une soixantaine de kilomètres au sud. Celles vendues à Liberia sont revendues, souvent au double du prix pratiqué à l'atelier.</p>\n\n<h2>Ce qu'il faut avoir réglé avant d'atterrir</h2>\n\n<ul>\n<li><strong>Passeport</strong>: valide, avec un billet de sortie du territoire que la compagnie aérienne peut réclamer à l'embarquement. Les ressortissants français n'ont pas besoin de visa pour un séjour touristique de moins de 90 jours.</li>\n<li><strong>Location de voiture</strong>: l'assurance obligatoire au tiers se vend sur place et s'ajoute au tarif des comparateurs, 15 à 20 dollars par jour de plus.</li>\n<li><strong>Saison</strong>: le Guanacaste est la région la plus sèche du pays, la saison des pluies court de mai à novembre avec un pic en septembre et octobre.</li>\n</ul>\n\n<aside class=\"bluf bluf-violet\">\n<strong>Deux nuits suffisent</strong>\n<p>Une nuit à l'arrivée pour récupérer du vol et prendre la voiture de jour, une nuit avant le retour pour ne pas rouler à l'aube vers l'aéroport. Entre les deux, la côte ou la montagne. Liberia est une charnière, pas une destination de séjour, et la traiter comme telle rend le reste du voyage plus simple.</p>\n</aside>\n\n<p>Un aperçu de la ville et de ses environs en images: <a href=\"https://www.instagram.com/p/C94NIG-OmTV/?locale=ne_NP\">Voir cette publication sur Instagram</a></p>",
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