--- title: "Découvrez quelle eau gazeuse contient le moins de sel !" url: https://www.ouestmedias.net/decouvrez-quelle-eau-gazeuse-contient-le-moins-de-sel.html author: "Delphine Macouin" date_published: 2024-08-06T08:31:08+00:00 date_modified: 2026-09-10T19:39:31+00:00 categories: ["Vie Pratique"] image: https://www.ouestmedias.net/wp-content/uploads/2024/08/-50.png description: "Entre l'eau gazeuse la moins salée du rayon et la plus salée, l'écart n'est pas de quelques milligrammes : il est d'un facteur 200. La Salvetat et Perrier tournent..." site: "Ouest Médias" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Découvrez quelle eau gazeuse contient le moins de sel ! Entre l'eau gazeuse la moins salée du rayon et la plus salée, l'écart n'est pas de quelques milligrammes : il est d'un facteur 200. La Salvetat et Perrier tournent autour de 7 à 9 mg de sodium par litre, Saint-Yorre dépasse 1 700 mg. Autant dire que le classement se joue en deux camps, pas en nuances. ![Bouteilles d'eau pétillante alignées, etiquettes tournees vers l'objectif](https://www.ouestmedias.net/wp-content/uploads/2024/08/-48.png) La question revient souvent parce que les étiquettes ne facilitent rien. Le chiffre affiché au dos d'une bouteille est presque toujours le **sodium**, exprimé en milligrammes par litre, alors que ce qui parle vraiment au consommateur, c'est le sel. Les deux ne se valent pas : pour passer du sodium au sel de table, on multiplie par 2,5. Une eau à 1 200 mg de sodium par litre apporte donc environ 3 g de sel au litre, soit plus de la moitié du plafond quotidien recommandé par l'Organisation mondiale de la santé, qui est de 5 g de sel par jour tous aliments confondus. **Le chiffre à retenir** Sodium en mg/L multiplié par 2,5 donne le sel en mg/L. Une eau à 9 mg de sodium apporte 22 mg de sel au litre, autant dire rien. Une eau à 1 700 mg de sodium en apporte 4,3 g, c'est-à-dire presque une journée entière de plafond OMS dans une seule bouteille. ## Le vrai classement, de la plus légère à la plus chargée ![Verre d'eau petillante avec des bulles qui remontent vers la surface](https://www.ouestmedias.net/wp-content/uploads/2024/08/-49.png) Voici les ordres de grandeur relevés sur les étiquettes des marques les plus répandues en France. Les valeurs bougent légèrement d'une analyse à l'autre, une eau minérale naturelle restant un produit vivant, mais les écarts entre familles sont trop grands pour que ces variations changent quoi que ce soit au classement. - **La Salvetat** : environ 7 mg de sodium par litre. C'est la plus discrète du rayon, gazéifiée à partir d'une source de l'Hérault, avec un goût de bulle assez fin. - **Perrier** : environ 9 mg de sodium par litre. Ses bulles serrées viennent d'un gaz d'origine naturelle réinjecté après captage à Vergèze, dans le Gard. - **San Pellegrino** : autour de 40 mg de sodium par litre, ce qui reste faible mais la place quatre à cinq fois au-dessus de Perrier. - **Badoit** : environ 165 mg de sodium par litre. On est déjà dans une autre catégorie, même si l'eau reste largement compatible avec une consommation quotidienne pour quelqu'un qui n'a pas de contre-indication. - **Rozana** : autour de 490 mg de sodium par litre, avec un profil très minéralisé. - **Vichy Célestins** : environ 1 170 mg de sodium par litre, soit près de 3 g de sel. Une eau thermale, pas une eau de table. - **Vichy Saint-Yorre** : environ 1 700 mg de sodium par litre. La plus salée du marché français, et de loin. Beaucoup d'articles font circuler des valeurs fantaisistes pour Badoit et Vichy Célestins, les plaçant sous les 50 mg. C'est faux, et l'erreur est loin d'être anodine : quelqu'un qui suit un régime pauvre en sodium sur prescription pourrait s'y fier. L'information juste figure au dos de la bouteille, sur l'analyse type imprimée en petits caractères. **Vichy Célestins et Saint-Yorre ne sont pas des eaux de table** Un litre de Saint-Yorre apporte à peu près autant de sel qu'un bol de soupe industrielle. Ces eaux bicarbonatées sodiques ont leur usage, en digestion difficile ou en récupération sportive ponctuelle, mais elles sont déconseillées en cas d'hypertension ou de régime hyposodé, et l'étiquette le mentionne. ## Est-ce que le sodium de l'eau pèse vraiment dans une journée ? Regardons le calcul sans dramatiser. Un adulte français consomme en moyenne entre 8 et 9 g de sel par jour selon les études de consommation de l'Anses, largement au-dessus des 5 g recommandés. Dans ce total, le pain, la charcuterie, les fromages et les plats préparés font le gros du travail. Une eau à 9 mg de sodium par litre n'y change rien, même à deux litres par jour. Le raisonnement s'inverse avec les eaux thermales. Deux litres de Saint-Yorre, et vous ajoutez plus de 8 g de sel à votre journée, sans avoir rien mangé. Pour une personne sous régime hyposodé strict, c'est hors de question. Pour tout le monde, c'est un apport qu'il vaut mieux connaître. **Si vous voulez juste des bulles** La Salvetat, Perrier et la plupart des eaux gazéifiées de marque distributeur restent sous 20 mg de sodium par litre. À ce niveau, la question du sel ne se pose plus : buvez celle dont le pétillant vous plaît, ou celle qui coûte le moins cher. ## Ce que les bulles font, et ce qu'elles ne font pas On lit beaucoup de bienfaits attribués à l'eau pétillante. Quelques-uns tiennent, d'autres beaucoup moins. Ce qui tient : les bulles augmentent la sensation de satiété et la salivation, et plusieurs personnes disent boire davantage quand l'eau pétille. Pour quelqu'un qui a du mal à s'hydrater, c'est un argument suffisant. Le gaz carbonique aide aussi certains à faire passer une digestion lourde, sans que le mécanisme soit spectaculaire. Ce qui ne tient pas : l'idée qu'une eau *peu* salée préviendrait les calculs rénaux. C'est l'inverse du raisonnement médical courant. Les eaux recommandées en prévention de la récidive de calculs sont plutôt les eaux fortement bicarbonatées, précisément celles qui sont riches en sodium, parce qu'elles alcalinisent les urines. Cette indication relève d'un avis médical, pas d'un choix de rayon. Autre point souvent avancé : l'eau gazeuse soulagerait les brûlures d'estomac. En pratique, elle les aggrave plus souvent qu'elle ne les calme, le gaz augmentant la pression dans l'estomac et favorisant le reflux. Sur ce point précis, l'affirmation qui circule dans la plupart des guides en ligne ne résiste pas. **Lire une étiquette en dix secondes** Cherchez la ligne « sodium » dans le tableau d'analyse, au dos. Sous 20 mg/L, l'eau est neutre pour votre bilan sodé. Entre 20 et 200 mg/L, c'est une eau de table ordinaire. Au-delà de 500 mg/L, vous tenez une eau minérale à usage particulier, à consommer en connaissance de cause. ## Gazéifier soi-même : ce que ça change au sodium Une machine à bulles part de votre eau du robinet et y injecte du CO2 alimentaire. Le gaz n'apporte pas de sodium. Le sodium final est donc exactement celui de votre eau de distribution, que votre distributeur publie chaque année dans l'analyse jointe à la facture ou consultable en mairie. En France, la plupart des réseaux se situent entre 5 et 40 mg de sodium par litre, avec des valeurs plus élevées dans certaines zones littorales ou sur des nappes salées. Deux précisions utiles. Une carafe filtrante à résine échangeuse d'ions retient surtout le calcaire et le chlore, elle ne fait pas baisser le sodium de façon notable, et certains modèles en relarguent même un peu. Et si vous ajoutez des sirops ou des pastilles aromatisées, regardez leur composition : c'est là que le sucre entre, pas dans le gaz. Pour aromatiser sans rien ajouter au compteur, une rondelle de citron, quelques feuilles de menthe froissées ou trois tranches de concombre laissées une heure au frais font le travail. Le résultat se boit dans la journée, l'eau prenant vite un goût d'herbe fatiguée au-delà. ## Alors, laquelle acheter Si le critère est le sodium et rien d'autre, La Salvetat passe devant, Perrier suit à un cheveu, et le débat entre les deux relève du goût et du prix au litre. Si vous tenez à une eau minérale plus typée, Badoit reste raisonnable pour une consommation quotidienne chez une personne sans contre-indication. Vichy Célestins et Saint-Yorre gardent leur place, mais dans l'armoire à pharmacie plutôt que sur la table. Un dernier réflexe qui coûte peu : comparer le prix au litre plutôt qu'à la bouteille, et regarder le format. Une bouteille en verre consignée ou reprise par le magasin change plus votre empreinte qu'un changement de marque, et le contenu, lui, ne bouge pas. [Voir cette publication sur Instagram](https://www.instagram.com/p/CQLKqrVBNsn/) --- ## À propos de l'auteur **Delphine Macouin** — Je suis particulièrement intéressée par les rubriques Amour, Lifestyle et Santé. Ce qui ne m'empêche pas de donner mon avis sur d'autres sujets !