--- title: "Jane Birkin : une icône française inoubliable" url: https://www.ouestmedias.net/jane-birkin-une-icone-francaise-inoubliable.html author: "Delphine Macouin" date_published: 2023-08-30T13:58:17+00:00 date_modified: 2026-09-10T18:04:44+00:00 categories: ["Lifestyle"] image: https://www.ouestmedias.net/wp-content/uploads/2023/07/jane-birkin-une-icone-francaise-inoubliable-scaled.webp description: "On a longtemps résumé Jane Birkin à douze années passées aux côtés de Serge Gainsbourg, alors que la plus grande partie de son travail commence après leur..." site: "Ouest Médias" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Jane Birkin : une icône française inoubliable On a longtemps résumé Jane Birkin à douze années passées aux côtés de Serge Gainsbourg, alors que la plus grande partie de son travail commence après leur séparation en 1980. Morte le 16 juillet 2023 à 76 ans, elle laisse une oeuvre qu'elle a construite seule. ## Une Anglaise de Londres devenue une voix française Elle naît à Londres le 14 décembre 1946, dans une famille du spectacle : sa mère, Judy Campbell, est actrice de théâtre. Le cinéma britannique l'emploie d'abord pour son allure, dans *Blow-Up* d'Antonioni en 1966. Rien, à ce moment-là, ne la rattache à la France. Le basculement se produit en 1968, sur le tournage de *Slogan*, de Pierre Grimblat. Gainsbourg y joue un publicitaire, elle la jeune Anglaise dont il s'entiche. Ils se détestent la première semaine. Ils ne se quitteront plus pendant douze ans. L'année suivante sort **« Je t'aime... moi non plus »**, chanson écrite deux ans plus tôt pour Brigitte Bardot, interdite d'antenne dans plusieurs pays et condamnée par le Vatican, ce qui fait sa fortune commerciale. **Un accent qui a fait carrière** Birkin n'a jamais perdu son accent anglais, ni cherché à le perdre. Il est devenu sa signature : une diction fragile, presque parlée, loin de la tradition lyrique française. Des dizaines de chanteuses l'ont imitée depuis. ## La période Gainsbourg, et ce qui vient après Entre 1969 et 1980, Gainsbourg lui écrit ses disques : *Di Doo Dah* en 1973, *Lolita go home* en 1975, *Ex-fan des sixties* en 1978. Il la filme aussi, dans *Je t'aime moi non plus* en 1976, d'où vient la « Ballade de Johnny Jane ». Elle tourne beaucoup en parallèle, dans un registre qu'on ne prend pas au sérieux à l'époque. Sa séparation d'avec Gainsbourg, en 1980, ne rompt pas la collaboration : il continue d'écrire pour elle, notamment *Baby alone in Babylone* en 1983 et *Amours des feintes* en 1990, son dernier album pour elle. C'est aussi le moment où le cinéma d'auteur s'empare d'elle : Doillon, Varda, Rivette lui confient des rôles qui ne doivent plus rien à sa silhouette. **Après 1990, elle choisit ses auteurs** Une fois Gainsbourg disparu, en 1991, Birkin ne se contente pas de chanter son répertoire. Elle commande des chansons à Souchon, Manset, Miossec, Neil Hannon, Rufus Wainwright. L'album *Fictions*, en 2006, est celui d'une interprète qui dirige son propre casting. ## Un sac, un panier, et une confusion durable Le sac Birkin d'Hermès naît d'une conversation d'avion, à la fin des années 1980, avec Jean-Louis Dumas, alors patron de la maison : elle se plaignait de ne rien trouver d'assez grand pour les affaires de ses filles. Le modèle compte aujourd'hui parmi les objets de luxe les plus chers du monde, ce qui reste ironique pour quelqu'un qui a passé trente ans avec un panier en osier au bras. **Trois filles, trois pères** Kate Barry, photographe née en 1967 de son mariage avec John Barry, morte en 2013. Charlotte Gainsbourg, née en 1971. Lou Doillon, née en 1982. Les trois ont fait carrière dans l'image ou la musique. ## Le militantisme, sans slogan Birkin a soutenu Amnesty International, s'est rendue à Sarajevo pendant le siège, en Birmanie pour Aung San Suu Kyi. Elle n'en tirait pas de discours construit : elle y allait, elle racontait ensuite ce qu'elle avait vu. Cette manière désordonnée d'intervenir lui a valu autant de moqueries que de respect. ## Juillet 2023 Elle meurt chez elle, rue Jacob, à Paris, le 16 juillet 2023. Emmanuel Macron salue une **« icône française »** qui « incarnait la liberté » et « chantait les mots les plus beaux de notre langue ». Élisabeth Borne, alors Première ministre, parle d'une artiste qui a « transcendé les générations ». Ses obsèques ont lieu le 24 juillet à Saint-Roch, à Paris, puis elle est inhumée au cimetière du Montparnasse, près de sa fille Kate. Ce qui reste tient en peu de mots : une Anglaise qui a servi la chanson française mieux que beaucoup de Français, sans jamais faire mine d'être autre chose qu'une étrangère bien installée. --- ## À propos de l'auteur **Delphine Macouin** — Je suis particulièrement intéressée par les rubriques Amour, Lifestyle et Santé. Ce qui ne m'empêche pas de donner mon avis sur d'autres sujets !