--- title: "Le chien le meilleur animal de compagnie pour la famille ?" url: https://www.ouestmedias.net/le-chien-le-meilleur-animal-de-compagnie-pour-la-famille.html author: "Delphine Macouin" date_published: 2023-08-20T09:08:59+00:00 date_modified: 2026-09-10T16:04:30+00:00 categories: ["Animaux"] tags: ["chien"] image: https://www.ouestmedias.net/wp-content/uploads/2022/12/-65-scaled.jpg description: "Le chien n'est pas le meilleur animal de compagnie par nature : il l'est pour les familles capables de lui offrir trois sorties par jour pendant douze ans." site: "Ouest Médias" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Le chien le meilleur animal de compagnie pour la famille ? Le chien n'est pas le meilleur animal de compagnie par nature : il l'est pour les familles capables de lui offrir trois sorties par jour pendant douze ans. La question posée dans le titre appelle une réponse honnête, et cette réponse est nuancée. Un chien apporte à une famille des choses qu'aucun autre animal domestique n'apporte : une présence qui réclame de sortir, un motif de conversation entre des ados qui ne se parlent plus, un apprentissage concret de la responsabilité pour un enfant de huit ans. Il apporte aussi une contrainte quotidienne que beaucoup sous-estiment au moment de craquer devant une portée de chiots. Les refuges français se remplissent chaque été de chiens adoptés sur un coup de coeur par des gens sincèrement gentils qui n'avaient pas fait le calcul. **La seule question qui compte vraiment** Qui sort le chien le mardi matin à 7 heures quand il pleut ? Si la réponse est « on verra » ou « les enfants s'en occuperont », n'adoptez pas. Un chien a besoin de trois sorties quotidiennes, dont une longue, tous les jours, pendant dix à quinze ans. Aucun autre critère ne pèse autant que celui-là. ## Ce qu'un chien change réellement dans une maison Les bénéfices existent, ils sont mesurables, et ils ne relèvent pas du discours attendrissant. Un chien impose une marche quotidienne à des adultes qui n'en feraient pas autrement, et cet effet sur l'activité physique des maîtres est documenté depuis longtemps. Il structure la journée d'un enfant, qui apprend qu'un être vivant dépend de lui à heure fixe. Il fait sortir la famille par tous les temps, ce qui n'a l'air de rien jusqu'à ce qu'on compare un dimanche de novembre avec chien et un dimanche de novembre sans. Le chien joue aussi un rôle social discret dans les périodes tendues. Un adolescent qui ne raconte plus rien à table parlera du chien. Un enfant en difficulté de lecture lira à voix haute devant un animal sans craindre d'être jugé, et plusieurs écoles utilisent ce ressort. Rien de magique là-dedans : simplement une présence qui n'attend rien, ce qui est rare dans une maison où tout le monde attend quelque chose de tout le monde. ## Le vrai coût d'un chien se compte en heures Faites l'addition sur une semaine ordinaire. Trois sorties par jour, dont une balade d'au moins trois quarts d'heure, cela représente autour de dix heures hebdomadaires. Ajoutez le brossage, plus long qu'on ne l'imagine sur un chien à poil long, la préparation des repas, le nettoyage des pattes boueuses en février, les rendez-vous vétérinaires, le temps de dressage les premiers mois. On arrive facilement à quinze heures par semaine sur la première année. Ces heures ne se répartissent pas équitablement dans une famille. Dans la pratique, un adulte finit par assumer le gros du travail, et c'est presque toujours celui qui rentre le plus tôt. Autant en discuter franchement avant, plutôt que de le découvrir au bout de trois mois avec de la rancune en prime. Les vacances constituent le deuxième point de friction. Un chien de trente kilos ne se glisse pas dans une cabine d'avion, tous les hébergements ne l'acceptent pas, et la pension coûte cher en juillet. Préparer un séjour avec un animal demande de l'anticipation : réservation confirmée par écrit, carnet de vaccination à jour, contention adaptée en voiture. Notre article sur [voyager avec son animal de compagnie en toute sécurité](https://www.ouestmedias.net/voyager-avec-votre-animal-de-compagnie-en-toute-securite.html) détaille ces précautions. Les familles qui partent souvent à l'étranger, elles, devraient sérieusement se demander si un chien correspond à leur mode de vie. **Le budget annuel, sans mauvaise surprise** Comptez l'alimentation, qui varie du simple au triple selon le gabarit, la visite vétérinaire annuelle avec les rappels de vaccins, les vermifuges trimestriels, l'antiparasitaire, l'identification, la stérilisation une fois pour toutes. Pour un grand chien, la facture atteint plusieurs centaines d'euros par an hors accident. Une opération imprévue se chiffre vite à quatre chiffres, et c'est ce qui envoie certains animaux au refuge. ## Chiot ou chien adulte : le débat mal posé L'image d'Épinal veut qu'une famille avec enfants prenne un chiot, pour « le voir grandir avec eux ». C'est le choix le plus difficile, pas le plus naturel. Un chiot mord pour jouer, fait ses dents sur les meubles, se réveille la nuit, n'est pas propre avant plusieurs semaines et demande une surveillance permanente pendant six mois. Dans une maison où il y a déjà des enfants en bas âge, cela fait beaucoup de choses à surveiller en même temps. Un chien adulte de refuge arrive avec un caractère connu. Les bénévoles savent s'il supporte les enfants, les chats, les autres chiens, s'il tire en laisse, s'il reste seul. Cette information vaut de l'or et elle est gratuite. Le chiot, lui, est une promesse : on ne sait pas encore ce qu'il deviendra, surtout sur un croisement. Si le choix se porte malgré tout sur un jeune animal, les premières semaines déterminent beaucoup. Apprendre à [bien s'occuper d'un chiot sevré](https://www.ouestmedias.net/comment-bien-soccuper-dun-chiot-sevre.html) avant son arrivée évite les erreurs classiques : sevrage trop précoce, socialisation bâclée, punitions qui installent la peur. La période de socialisation se referme vers seize semaines, et ce qui n'a pas été rencontré à ce moment-là reste difficile toute la vie. ## Ce que la loi impose avant d'adopter Depuis le 1er octobre 2022, en application de la loi du 30 novembre 2021 contre la maltraitance animale, toute personne qui acquiert un chien ou un chat pour la première fois doit signer un certificat d'engagement et de connaissance. Ce document, établi par un professionnel, récapitule les besoins de l'animal et les obligations du détenteur. Il se signe au moins sept jours avant la remise de l'animal : ce délai de réflexion a précisément été créé pour freiner les achats impulsifs. Les autres obligations tiennent en quelques points : - **L'identification** par puce électronique ou tatouage est obligatoire pour tout chien avant l'âge de quatre mois, et avant toute cession. Sans elle, l'animal ne peut être ni vendu ni donné légalement. - **La responsabilité civile** du propriétaire est engagée pour tous les dommages causés par l'animal, qu'il soit sous sa garde ou égaré. Vérifiez que votre contrat multirisque habitation le couvre. - **Les chiens de catégories 1 et 2** imposent un permis de détention délivré par la mairie, une attestation d'aptitude du maître, une évaluation comportementale et une assurance spécifique. Ces chiens sont interdits aux mineurs. Un American Staffordshire terrier inscrit au livre des origines relève de la catégorie 2 ; le même chien sans papiers relève de la catégorie 1, avec des règles plus lourdes. - **Le passeport européen et la vaccination antirabique** conditionnent tout déplacement hors de France, y compris pour une semaine en Espagne. **Sept jours, ce n'est pas une formalité** Le délai de réflexion imposé entre la signature du certificat d'engagement et l'arrivée de l'animal sert à quelque chose : utilisez-le. Sept jours suffisent pour appeler un vétérinaire, chiffrer une année de frais, vérifier le règlement de copropriété et poser la question des vacances. Beaucoup de familles renoncent pendant cette semaine-là, et c'est une bonne nouvelle pour le chien qu'elles n'ont pas pris. ## Chien ou chat : l'argument de l'allergie ne tient pas On lit souvent qu'une famille allergique devrait se rabattre sur un chat. C'est exactement l'inverse. Le chat produit un allergène, le Fel d 1, présent dans sa salive et déposé partout sur son pelage lors de la toilette : il compte parmi les animaux domestiques les plus allergisants, et ses particules restent en suspension dans un logement pendant des mois. Le chien produit d'autres allergènes, notamment le Can f 1, et aucune race n'en est dépourvue, y compris celles qu'on vend comme hypoallergéniques. Une famille où quelqu'un est allergique doit consulter un allergologue avant d'adopter, pas après. Le test cutané coûte une consultation et évite un drame six mois plus tard, quand il faut rendre l'animal auquel les enfants se sont attachés. Sur le reste, la comparaison entre chien et chat se joue sur le mode de vie. Le chat s'accommode d'un appartement et d'absences longues, le chien non. Le chat coûte moins cher à entretenir, même s'il faut compter la stérilisation : [le prix de la castration d'un chat](https://www.ouestmedias.net/prix-de-la-castration-dun-chat-pour-soulager-votre-animal.html) reste modeste au regard du confort qu'elle apporte à l'animal et du nombre de portées non désirées qu'elle évite. En revanche, le chat demande une approche différente de la relation, plus patiente, et [renforcer le lien affectif avec son chat](https://www.ouestmedias.net/comment-renforcer-le-lien-affectif-entre-vous-et-votre-chat.html) prend des mois là où un chien vous adopte en trois jours. Il reste un argument souvent avancé en faveur du chien : il fait ses besoins dehors, donc pas de litière à changer. C'est vrai. C'est aussi la contrepartie exacte des trois sorties quotidiennes, et le ramassage est obligatoire dans la quasi-totalité des communes, sous peine d'amende. ## Les races citées pour les familles, et ce qu'on oublie de dire ![Deux adultes et deux enfants caressent un chien dans un jardin](https://www.ouestmedias.net/wp-content/uploads/2022/12/fille-et-homme-touchant-un-chien-et-une-femme-avec-un-enfant.jpg) > *Le caractère individuel d'un chien pèse plus lourd que sa race dans la réussite d'une adoption familiale.* Les listes de « races idéales pour les enfants » circulent partout et disent toujours la même chose. Elles ne mentionnent presque jamais les contraintes propres à chaque race, qui sont pourtant ce qui fait renoncer les familles au bout d'un an. ### Le golden retriever Sociable, tolérant, patient avec les enfants : la réputation est méritée. Ce que la liste oublie, c'est qu'il s'agit d'un chien de rapport sélectionné pour travailler des heures. Un golden qui ne se dépense pas devient destructeur et anxieux. Il mue abondamment deux fois par an, au point de tapisser un appartement entier, et la race présente une prédisposition à la dysplasie de la hanche qui rend le choix de l'élevage déterminant. Comptez un vrai budget vétérinaire. ### Le caniche Le caniche est l'un des chiens les plus intelligents et les plus faciles à éduquer, ce qui explique sa présence dans toutes les listes. Il ne perd quasiment pas ses poils, mais cela ne le rend pas hypoallergénique : il produit les mêmes allergènes que les autres. Son poil pousse en continu et demande un toilettage professionnel toutes les six à huit semaines, une dépense récurrente qu'on oublie systématiquement de mentionner. Son intelligence a un revers : un caniche qui s'ennuie invente des occupations que vous n'aimerez pas. ### Le beagle Gai, solide, bâti pour suivre les enfants au jardin toute la journée. Le beagle est aussi un chien de meute avec un nez extraordinaire, ce qui produit deux conséquences concrètes : il supporte mal la solitude et il fugue dès qu'une piste l'intéresse, sourd à tout rappel. Sa voix porte loin, un détail à peser en appartement mitoyen. Un beagle réussit très bien dans une famille présente et clôturée, beaucoup moins ailleurs. **Le refuge reste la meilleure porte d'entrée** Les frais d'adoption d'une association incluent l'identification, la stérilisation, les vaccins et souvent un bilan vétérinaire. Le montant est inférieur au coût de ces prestations prises séparément, et l'animal arrive avec un tempérament déjà observé. Les bénévoles refusent parfois une adoption : ce n'est pas de la méfiance envers vous, c'est de l'expérience sur ce qui rate. ## Enfants et chien : les règles qui évitent l'accident La majorité des morsures d'enfants surviennent au domicile, avec un chien que la famille connaît, souvent le sien. Ce n'est pas une question de race mais de situation : un enfant qui dérange un chien qui mange, qui dort, qui a mal, ou qui l'enlace en approchant son visage du sien. Quelques règles simples suffisent à supprimer la quasi-totalité du risque. On ne laisse jamais un enfant de moins de six ans seul avec un chien, même le plus doux, même depuis dix ans. On apprend à l'enfant que la gamelle et le panier sont des zones où l'on ne va pas. On lui montre comment caresser le flanc plutôt que la tête, et on lui explique que le chien qui se lèche les babines ou détourne le regard demande qu'on le laisse tranquille. Ces signaux existent, ils sont lisibles, et ils précèdent toujours le grognement. Côté couverture, un dommage causé par le chien relève de la responsabilité civile du propriétaire, incluse dans l'assurance habitation. Ce n'est pas le même contrat que celui qui couvre l'enfant dans le cadre scolaire : sur ce point, notre article sur [l'assurance scolaire](https://www.ouestmedias.net/assurance-et-securite-enfant-tout-savoir-sur-lassurance-scolaire.html) précise ce qui est couvert et ce qui ne l'est pas. Vérifiez les deux, elles ne se recouvrent pas. **Donnez un rôle à chaque enfant, à sa mesure** Un enfant de cinq ans peut remplir la gamelle d'eau. À huit ans, il brosse le chien sous surveillance. À douze ans, il assure une sortie courte dans un quartier calme. Un rôle précis et adapté fait beaucoup plus pour la responsabilisation qu'un vague « c'est ton chien, occupe-t'en » qui ne tient jamais plus de deux semaines. ## L'éducation se joue tous les jours, pas en stage Un chien apprend par répétitions courtes et fréquentes. Cinq minutes trois fois par jour valent mieux qu'une heure le dimanche. La cohérence familiale pèse autant que la technique : si le chien monte sur le canapé avec l'un et se fait chasser par l'autre, il n'apprend rien, il apprend seulement à distinguer les humains. Mettez-vous d'accord sur les règles avant l'arrivée de l'animal, écrivez-les sur le frigo si nécessaire. Les méthodes coercitives ont perdu la partie, et pas seulement pour des raisons morales : elles produisent des chiens qui obéissent par peur, donc des chiens imprévisibles. Le renforcement positif demande plus de patience et donne des résultats plus durables. Sur les accessoires, la prudence s'impose ; [l'usage d'un collier de dressage chez le chat et le chien](https://www.ouestmedias.net/chats-et-chiens-lutilisation-dun-collier-de-dressage-est-elle-recommandee.html) mérite d'être examiné de près avant tout achat, tant les modèles vendus sous ce nom recouvrent des réalités très différentes. Un cours collectif en club canin, une fois par semaine pendant quelques mois, coûte peu et règle la plupart des problèmes de base. Il socialise le chien avec ses congénères, ce qu'aucune promenade en laisse ne remplace, et il donne aux parents un tiers de confiance à qui poser les questions bêtes. Reste le point que personne ne veut aborder au moment de l'adoption : le chien mourra avant les enfants. Une grande race dépasse rarement dix ans. Cette perte fait partie du contrat, et elle constitue, pour beaucoup de familles, la première confrontation d'un enfant au deuil. On ne s'y prépare pas vraiment, mais on peut au moins ne pas être surpris. --- ## À propos de l'auteur **Delphine Macouin** — Je suis particulièrement intéressée par les rubriques Amour, Lifestyle et Santé. Ce qui ne m'empêche pas de donner mon avis sur d'autres sujets !