--- title: "Le prix du stère de bois va-t-il enfin baisser ? Découvrez la vérité !" url: https://www.ouestmedias.net/le-prix-du-stere-de-bois-va-t-il-enfin-baisser-decouvrez-la-verite.html author: "Delphine Macouin" date_published: 2024-02-13T22:32:17+00:00 date_modified: 2026-09-10T18:51:41+00:00 categories: ["Déco & Maison"] tags: ["Énergie"] image: https://www.ouestmedias.net/wp-content/uploads/2024/02/-114.png description: "Après la flambée de l'automne 2022, où le stère a dépassé les 130 euros dans la plupart des régions, les prix du bois de chauffage se sont détendus sans revenir à..." site: "Ouest Médias" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Le prix du stère de bois va-t-il enfin baisser ? Découvrez la vérité ! Après la flambée de l'automne 2022, où le stère a dépassé les 130 euros dans la plupart des régions, les prix du bois de chauffage se sont détendus sans revenir à leur niveau d'avant crise. Le retour aux 60 euros du stère est très improbable, et voici pourquoi. Le bois bûche a vécu en 2022 un épisode qu'il n'avait jamais connu. La hausse du gaz et de l'électricité a poussé des dizaines de milliers de foyers vers le poêle et l'insert, souvent en urgence, au moment précis où les scieries et les exploitants tournaient à plein régime. Les délais de livraison se sont allongés jusqu'à six mois, certains négociants ont fermé leurs commandes, et du bois vert s'est vendu au prix du bois sec. Trois ans plus tard, le marché s'est calmé, mais le point d'équilibre a bougé. **Où en sont les prix** Avant 2021, le stère de chêne sec en 50 centimètres se négociait couramment entre 60 et 80 euros livré. À l'automne 2022, les tarifs ont grimpé au-delà de 130 euros, avec des pointes bien supérieures sur les zones tendues. Le repli qui a suivi n'a pas effacé la hausse : le prix s'est stabilisé nettement au-dessus de la situation d'avant crise. ## Le stère n'existe plus légalement, et ça change tout Commençons par le mot lui-même. Le stère a été supprimé des unités de mesure légales en France en 1977. Le bois doit être vendu au mètre cube, et un professionnel sérieux précise s'il parle de mètre cube apparent, c'est-à-dire du volume occupé par les bûches empilées, vides compris. Cette précision n'est pas de la pédanterie. Un stère correspond historiquement à un mètre cube apparent de bûches de un mètre. Coupez ces mêmes bûches en 50 centimètres et rangez-les : elles s'empilent mieux, le volume tombe autour de 0,8 mètre cube. En 33 centimètres, autour de 0,7. En 25 centimètres, autour de 0,6. Un vendeur qui annonce un stère de bûches de 33 centimètres à 90 euros vend en réalité 0,7 mètre cube apparent, soit l'équivalent de 128 euros le stère au sens strict. C'est la première source d'incompréhension entre le client et son fournisseur, et elle porte sur des sommes réelles. **Toujours demander le volume et la longueur ensemble** Un devis correct indique le volume en mètres cubes apparents, la longueur des bûches et l'essence. S'il annonce seulement des stères sans la longueur, vous ne pouvez pas comparer deux offres. Sur une livraison de six stères en 33 centimètres, l'écart de lecture peut atteindre l'équivalent de deux stères, soit environ 200 euros. ## Ce qui empêche le prix de redescendre Trois forces tirent dans le même sens, et aucune ne s'inverse à court terme. La demande d'abord. Le parc d'appareils de chauffage au bois s'est largement renouvelé depuis dix ans, poussé par les aides à la rénovation et par la recherche d'un chauffage d'appoint moins exposé aux tarifs de l'électricité. Chaque poêle installé crée une consommation annuelle de plusieurs mètres cubes, et cette consommation ne disparaît pas quand le prix du gaz redescend. L'offre ensuite. Une grume ne se fabrique pas : un chêne exploitable pour le chauffage a poussé pendant quarante à soixante ans. La ressource française est abondante, la forêt métropolitaine gagne même du terrain depuis un siècle et demi, mais la mobilisation du bois dépend des chemins d'accès, des périodes de coupe, des périodes de nidification, du prix du bois d'œuvre et de la santé des peuplements. Les épisodes de sécheresse et les scolytes qui ont ravagé les épicéas de l'Est ont d'abord fait affluer du bois déclassé sur le marché, avant d'assécher durablement certaines ressources locales. Les coûts enfin. Une livraison de bois, c'est une abatteuse, un porteur, un fendeur, une aire de séchage occupée pendant dix-huit mois à deux ans, un camion et un chauffeur. Le gazole professionnel, les pièces détachées et la main-d'œuvre ont tous augmenté. Le transport pèse lourd sur un produit pondéreux à faible valeur au kilo : au-delà de 60 ou 80 kilomètres, il devient le premier poste de la facture, ce qui explique les écarts de prix marqués entre une zone forestière et une grande agglomération. **L'humidité vaut plus que l'essence** Un bois à 20 % d'humidité restitue environ 3 900 kilowattheures par mètre cube apparent de chêne. Le même bois à 40 % en donne à peine 2 400, parce qu'une partie de l'énergie sert à évaporer l'eau. Payer 20 euros de plus le stère pour du bois réellement sec reste largement gagnant, encrassement du conduit en moins. ## Comment payer moins cher sans se faire avoir La marge de manœuvre existe, elle est simplement moins spectaculaire que ce qu'on lit ailleurs. ### Acheter au printemps, en bois mi-sec Les tarifs les plus bas de l'année se pratiquent entre avril et juin, quand les exploitants veulent libérer leurs aires de stockage. En achetant du bois abattu depuis un an et en le laissant sécher chez vous jusqu'à l'automne suivant, sous abri ventilé et surélevé du sol, vous récupérez à la fois la remise de saison et l'écart de prix entre mi-sec et sec. Cela suppose de la place et un peu d'organisation : compter environ 1,5 mètre carré au sol par mètre cube empilé sur 1,5 mètre de haut. ### Aller chercher le bois soi-même Le retrait sur le lieu de stockage supprime le transport et fait souvent baisser la note de 10 à 20 %. Certaines communes forestières et l'Office national des forêts proposent aussi des lots d'affouage ou des coupes de bois de particulier : le prix au mètre cube devient très bas, mais il faut abattre ou au moins façonner soi-même, disposer du matériel et des équipements de sécurité, et accepter un travail physique réel. Autant le dire, cette solution relève d'un mode de vie plus que d'une astuce d'achat. ### Vérifier avant de payer Un humidimètre à pointes coûte une vingtaine d'euros et se plante dans une bûche fendue en deux, au cœur. Au-dessus de 23 %, le bois n'est pas prêt. La certification NF Bois de chauffage ou le label France Bois Bûche garantissent le volume annoncé et un taux d'humidité contrôlé. Quant au paiement, une facture en bonne et due forme protège en cas de litige, et la TVA applicable au bois de chauffage livré à un particulier est de 10 %, pas 20 %. **Le bon calendrier d'achat** Avril à juin : meilleurs prix, bois mi-sec à faire sécher un été. Juillet à août : tarifs encore corrects, disponibilité maximale. Septembre à novembre : la demande explose, les prix montent et les délais s'allongent. Décembre à mars : le pire moment, avec du bois parfois insuffisamment sec vendu au prix fort. ## Faut-il basculer vers le granulé Le granulé a connu sa propre flambée fin 2022, avec un sac de 15 kilos passé de 4 à plus de 9 euros, avant de redescendre. Sur le papier, son pouvoir calorifique est stable, son taux d'humidité garanti sous 10 %, et un poêle à granulés se programme et s'alimente tout seul pendant deux jours. En face, la bûche reste moins chère au kilowattheure quand on achète bien, ne dépend d'aucune électricité pour fonctionner et supporte une coupure de courant. Le point de bascule est plus souvent pratique que financier : capacité de stockage, présence d'un conduit, envie ou non de recharger un foyer trois fois par jour. Un ménage qui n'a ni grange ni garage aura du mal à stocker huit mètres cubes de bûches et trouvera son compte dans des sacs empilés dans un cellier. **Le ramonage n'est pas une option** Deux ramonages par an sont exigés pour un conduit desservant un appareil au bois, dont un pendant la période de chauffe. Au-delà de l'obligation, un conduit encrassé par du bois humide multiplie le risque de feu de cheminée, et l'assureur peut réduire son indemnisation en l'absence de certificat. Comptez 60 à 100 euros la visite. ## La réponse, sans détour Non, le stère ne redescendra pas au niveau d'avant 2021. Le coût de mobilisation du bois a augmenté durablement, la base d'appareils installés a grossi, et le transport reste incompressible. Ce qui peut baisser, en revanche, c'est votre facture annuelle : en achetant hors saison, en vérifiant l'humidité, en comparant les offres au mètre cube apparent plutôt qu'au stère et en gardant un appareil propre, on récupère facilement 20 à 30 % sur le budget bois d'une saison. Cela vaut mieux que d'attendre un retournement de marché qui n'arrivera pas. --- ## À propos de l'auteur **Delphine Macouin** — Je suis particulièrement intéressée par les rubriques Amour, Lifestyle et Santé. Ce qui ne m'empêche pas de donner mon avis sur d'autres sujets !