--- title: "Les lieux à éviter lors de votre séjour en Martinique" url: https://www.ouestmedias.net/les-lieux-a-eviter-lors-de-votre-sejour-en-martinique.html author: "Delphine Macouin" date_published: 2024-08-07T08:31:25+00:00 date_modified: 2026-09-10T19:39:31+00:00 categories: ["Vie Pratique"] image: https://www.ouestmedias.net/wp-content/uploads/2024/08/-59.png description: "En Martinique, les vrais risques du séjour ne sont pas ceux que listent les guides. Le serpent qu'il faut connaître n'est pas celui qu'on cite, les plages..." site: "Ouest Médias" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Les lieux à éviter lors de votre séjour en Martinique En Martinique, les vrais risques du séjour ne sont pas ceux que listent les guides. Le serpent qu'il faut connaître n'est pas celui qu'on cite, les plages dangereuses ne sont pas celles qu'on désigne, et l'arbre le plus toxique de l'île pousse au bord du sable, signalé par une simple bande rouge. ## Le fer-de-lance, et personne d'autre ![Sentier de randonnee dans la foret tropicale humide en Martinique](https://www.ouestmedias.net/wp-content/uploads/2024/08/-57.png) La Martinique abrite un seul serpent venimeux, le **trigonocéphale**, appelé localement fer-de-lance. Il est endémique de l'île et sa morsure justifie une prise en charge hospitalière immédiate, le CHU de Fort-de-France disposant du sérum. Les cas restent rares, quelques-uns par an, presque toujours dans les hautes herbes et les bananeraies plutôt que sur les sentiers fréquentés. Le tricot rayé, souvent cité dans les articles consacrés à l'île, n'y vit pas. C'est un serpent marin des eaux du Pacifique. La confusion vient sans doute de la Nouvelle-Calédonie, où on le rencontre effectivement. Ajouter un danger imaginaire ne rend pas la randonnée plus sûre : cela détourne l'attention du seul reptile qui compte ici. **En randonnée, trois réflexes** Chaussures montantes et pantalon long dès qu'on quitte le sentier battu. Bâton pour tâter les hautes herbes. En cas de morsure, appeler le 15 et immobiliser le membre sans poser de garrot ni tenter d'aspirer le venin. Le sérum antivenimeux est disponible au CHU de Fort-de-France. ## Le mancenillier, le piège le plus discret de l'île Cet arbre pousse en bord de plage, souvent au meilleur endroit pour s'abriter du soleil. Sa sève provoque des brûlures cutanées sérieuses, la simple pluie qui ruisselle de ses feuilles suffit à irriter la peau, et son fruit, une petite pomme verte d'aspect banal, est franchement toxique. Les communes le signalent par une **bande de peinture rouge** sur le tronc ou par un panneau à l'entrée de la plage. La règle est simple : on ne s'abrite pas dessous, on ne s'installe pas dessous, et on ne touche rien de ce qui en tombe. C'est le premier renseignement à donner à quelqu'un qui découvre l'île, avant toute considération sur les quartiers. ## Baignade : les courants ne sont pas où on les annonce ![Vagues et rouleaux se brisant sur une plage de la cote atlantique](https://www.ouestmedias.net/wp-content/uploads/2024/08/-58.png) La Martinique a deux façades, et elles ne se ressemblent pas. Côté caraïbe, à l'ouest, la mer est le plus souvent plate : c'est là que se trouvent Grande Anse des Salines et la Pointe Marin à Sainte-Anne, régulièrement présentées comme dangereuses alors qu'elles comptent parmi les plus calmes et les plus surveillées de l'île en saison. Les courants sérieux sont sur la façade atlantique, à l'est et au nord. L'Anse Trabaud, l'Anse Bonneville à Tartane, l'Anse Charpentier à Sainte-Marie et l'ensemble des plages exposées à la houle du large peuvent générer des courants d'arrachement. Aucune n'est surveillée en permanence. Une baignade y suppose de connaître le plan d'eau ou de suivre quelqu'un qui le connaît. **La règle des deux côtes** Ouest caraïbe : eau calme, baignade familiale, postes de secours en saison sur les grandes plages. Est atlantique : houle, courants d'arrachement, rares plages surveillées. Si vous voyagez avec de jeunes enfants, restez sur la façade caraïbe et vérifiez les drapeaux. ## Eau et pêche : ce que dit la réglementation La baie de Fort-de-France concentre le trafic portuaire, les rejets urbains et les eaux de ruissellement de la principale agglomération de l'île. La baignade y est déconseillée sur plusieurs secteurs, et le classement sanitaire des sites est publié chaque saison par l'agence régionale de santé. Il existe une contrainte plus lourde et moins connue : la **chlordécone**, insecticide utilisé dans les bananeraies jusqu'en 1993, contamine durablement les sols et une partie du littoral. Des arrêtés préfectoraux interdisent la pêche dans plusieurs zones côtières, notamment au nord et à l'est. Acheter son poisson à un pêcheur qui débarque dans une zone interdite n'est pas une bonne affaire. Les cartes des zones sont consultables en mairie et sur le site de la préfecture. **Ce qui dépend de la saison** Juin à novembre : saison cyclonique, pluies fortes et crues rapides sur les rivières du nord. Mars à août : pics d'échouages de sargasses sur la côte atlantique, avec émanations de sulfure d'hydrogène qui rendent certains hameaux irrespirables. Décembre à avril : la fenêtre la plus sûre et la plus sèche. ## Rivières du nord : le risque le plus sous-estimé La rivière du Prêcheur, sur le flanc ouest de la Montagne Pelée, charrie régulièrement des laves torrentielles qui coupent la route départementale et ont conduit au déplacement de plusieurs habitations du bourg. La rivière Capot, très prisée pour le canyoning entre Le Lorrain et Basse-Pointe, monte en quelques minutes lorsqu'un grain éclate sur les hauteurs, même sous un ciel dégagé en aval. La consigne locale ne varie pas : pas de canyoning ni de baignade en rivière sans encadrement pendant la saison des pluies, et on remonte sur la berge dès que l'eau se trouble ou change de couleur. C'est le signal, il précède la crue de quelques minutes. ## Et les quartiers, alors Fort-de-France compte, comme toute ville de 75 000 habitants, des secteurs où l'on ne flâne pas la nuit. Châteauboeuf, Sainte-Thérèse, Volga-Plage et Terreville à Schoelcher reviennent dans les conversations. En journée, ce sont des quartiers d'habitation ordinaires que rien ne distingue. Un voyageur qui loge au Diamant, aux Trois-Îlets ou à Sainte-Anne n'a de toute façon aucune raison d'y passer. Le conseil qui sert vraiment tient en une ligne : ne laissez rien dans une voiture de location, surtout garée à un départ de sentier. Les effractions sur les parkings de randonnée sont, de loin, l'incident le plus fréquent du séjour. [Voir cette publication sur Instagram](https://www.instagram.com/p/CqyLIh3qhkl/) --- ## À propos de l'auteur **Delphine Macouin** — Je suis particulièrement intéressée par les rubriques Amour, Lifestyle et Santé. Ce qui ne m'empêche pas de donner mon avis sur d'autres sujets !