--- title: "Est-ce que la mésothérapie fait mal ?" url: https://www.ouestmedias.net/mesotherapie-fait-mal.html author: "Delphine Macouin" date_published: 2023-08-20T07:07:14+00:00 date_modified: 2026-09-10T13:49:57+00:00 categories: ["Santé & Beauté"] tags: ["Mésothérapie cellulite"] image: https://www.ouestmedias.net/wp-content/uploads/2022/06/est-ce-que-la-mesotherapie-fait-mal-scaled.jpg description: "Oui, ça pique. Une séance de mésothérapie, c'est entre trente et deux cents piqûres de quatre millimètres en une dizaine de minutes, et personne ne sort de là en..." site: "Ouest Médias" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Est-ce que la mésothérapie fait mal ? Oui, ça pique. Une séance de mésothérapie, c'est entre trente et deux cents piqûres de quatre millimètres en une dizaine de minutes, et personne ne sort de là en disant qu'il n'a rien senti. La vraie question, c'est de savoir combien de temps ça dure et ce qui se passe le lendemain. Voilà ce que décrivent les patients, dans l'ordre chronologique, du moment où l'aiguille touche la peau jusqu'au troisième jour. Le récit change beaucoup selon la zone traitée, et c'est le point que les brochures passent sous silence. ## Pendant la séance : une sensation de brûlure, pas une douleur profonde L'aiguille utilisée en mésothérapie est courte, quatre millimètres le plus souvent, et très fine. Elle ne va pas chercher le muscle. Elle dépose une gouttelette dans la peau elle-même, à des profondeurs qui vont de l'intraépidermique, presque en surface, à l'intradermique profond, en descendant selon les protocoles jusqu'à une douzaine de millimètres avec des aiguilles plus longues. Cette faible profondeur explique la nature de la sensation : ça brûle, ça picote, c'est superficiel et bref. La technique employée change beaucoup de choses. En manuel, le médecin enchaîne les points un par un et vous voyez venir chaque piqûre. Avec un injecteur électronique ou un pistolet, la cadence est plus rapide, les points sont plus réguliers, et beaucoup de patients trouvent cela plus supportable parce que la séance est expédiée. D'autres détestent le bruit et la surprise. Il n'y a pas de règle, dites simplement au praticien ce que vous préférez. **Le classement des zones, du plus supportable au pire** Le dos et les épaules passent bien : la peau y est épaisse et peu innervée. Les cuisses et l'abdomen se situent au milieu. Le cou, l'intérieur des bras et le cuir chevelu sont les zones les plus sensibles, avec le visage. Une même personne peut trouver une séance anodine et la suivante pénible selon l'endroit traité. ## Pourquoi l'anesthésique est déjà dans la seringue Presque tous les mélanges contiennent de la procaïne ou de la lidocaïne. On les présente souvent comme un simple confort, mais leur rôle est double : ces anesthésiques locaux ralentissent l'absorption des autres substances et les retiennent plus longtemps sur la zone visée, tout en limitant le passage dans la circulation générale. Le fait qu'ils atténuent la piqûre est presque un bénéfice secondaire. C'est toute l'idée de la méthode, telle que le Dr Michel Pistor l'a formulée quand il l'a mise au point en 1952 : peu, rarement, au bon endroit. Injecter une petite dose au plus près du problème plutôt qu'un comprimé qui traverse l'estomac et le foie pour arriver dilué. Cette logique du traitement local n'a rien d'exotique en médecine, on la retrouve partout où un produit appliqué sur place agit mieux qu'un traitement général, y compris chez l'animal, où un collyre traite [la conjonctivite du chat, ses symptômes et ses causes](https://www.ouestmedias.net/la-conjonctivite-chez-le-chat-symptomes-causes-et-traitement.html) plus vite qu'un médicament avalé. ## Les vingt-quatre heures qui suivent, le vrai sujet La séance dure dix à vingt minutes. L'inconfort qui suit dure bien plus longtemps, et c'est lui qui surprend les patients mal prévenus. La zone traitée reste sensible, parfois franchement plus douloureuse qu'avant, pendant un à deux jours. Ce n'est pas un signe d'échec : la peau réagit à des dizaines de micro-effractions, elle gonfle un peu, elle chauffe. Comptez aussi de petits hématomes aux points d'injection, surtout si vous prenez un anticoagulant ou de l'aspirine, et une fatigue générale que beaucoup rapportent sur deux ou trois jours. La consigne pratique est simple : réservez vos vingt-quatre à quarante-huit heures suivantes. Pas de séance de sport prévue le lendemain, pas de journée debout si on vous a traité les lombaires. **Ce qui réduit la douleur, concrètement** Ne venez pas à jeun, la sensibilité à la piqûre augmente. Signalez une prise d'anticoagulant, elle multiplie les bleus. Demandez la technique manuelle si le bruit de l'injecteur vous crispe. Et évitez de programmer la séance juste avant les règles, la tolérance à la douleur y est souvent plus basse. ## Quand une douleur devient un signal d'alerte Une gêne qui décroît sur deux jours est normale. Une douleur qui augmente au troisième jour, une rougeur qui s'étend, une zone chaude, du pus ou de la fièvre, ce n'est plus la réaction attendue. Les infections bactériennes restent rares mais elles existent, et la multiplication des points d'injection en fait le risque le plus sérieux de la technique. Consultez sans attendre la prochaine séance. Les réactions allergiques constituent l'autre complication répertoriée. Elles visent l'un des composants du mélange, et comme chaque praticien compose le sien, la déclaration de vos antécédents allergiques au premier rendez-vous compte autant que le reste de l'interrogatoire. ## Ce qu'on traite avec, et ce qu'on ne traite pas Le champ d'indications est large : tendinites, traumatismes articulaires, contractures, lombalgies, cervicalgies, migraines, rhumatismes, insuffisance veineuse, vertiges, colopathies fonctionnelles. Les sportifs de haut niveau en sont de gros utilisateurs, et ce sont eux qui ont fait connaître la [mésothérapie et les avis de ceux qui l'ont testée](https://www.ouestmedias.net/mesotherapie-avis.html) au grand public. Sur le versant esthétique, les appellations se multiplient, mésolift, mésodissolution, mésodrain, mésopécie, pour des résultats bien plus discutés. Un mot sur les produits injectés : on lit parfois des listes fantaisistes incluant des antidépresseurs ou le vaccin antigrippal. Les mélanges usuels associent des décontracturants, des anti-inflammatoires, des vasodilatateurs et des vitamines, à côté de l'anesthésique local. Ces molécules sont employées hors de leur autorisation de mise sur le marché, sous la responsabilité du seul praticien, et aucune étude n'a évalué l'association qu'il vous injecte. **La limite à ne pas franchir** La mésothérapie se conçoit en complément, jamais en remplacement d'un traitement dont l'efficacité est établie. Abandonner une prise en charge validée au profit de micro-injections, c'est laisser une pathologie évoluer pendant qu'on en soulage le symptôme. Aucune étude rigoureuse n'a établi à ce jour l'efficacité ni la sécurité de la méthode. ## Combien de médecins la pratiquent en France On lit régulièrement le chiffre de dix à vingt mille praticiens dans l'hexagone. Il ne tient pas debout : la France compte environ deux cent trente mille médecins en exercice, et prétendre qu'un sur quinze fait de la mésothérapie relèverait de la spécialité de masse. L'ordre de grandeur réel se compte en milliers, formés pour une partie d'entre eux au diplôme interuniversitaire dédié. Reste la question du remboursement, qui pèse sur la décision. L'acte de mésothérapie n'est pas pris en charge. La consultation médicale au cours de laquelle il est réalisé peut l'être, selon les conditions habituelles. Sur le versant esthétique, rien : la technique y est classée en médecine de confort, et la facture est intégralement pour vous. --- ## À propos de l'auteur **Delphine Macouin** — Je suis particulièrement intéressée par les rubriques Amour, Lifestyle et Santé. Ce qui ne m'empêche pas de donner mon avis sur d'autres sujets !