--- title: "Quelles sont les caractéristiques à prendre en compte lors de l'achat d'un soutien gorge d'allaitement ?" url: https://www.ouestmedias.net/soutien-gorge-allaitement.html author: "Delphine Macouin" date_published: 2023-08-20T07:39:20+00:00 date_modified: 2026-09-10T15:50:02+00:00 categories: ["Famille"] image: https://www.ouestmedias.net/wp-content/uploads/2022/12/-1-scaled.jpg description: "La plupart des futures mères achètent leurs soutiens-gorge d'allaitement trop tôt, et se retrouvent avec trois modèles inutilisables quinze jours après..." site: "Ouest Médias" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Quelles sont les caractéristiques à prendre en compte lors de l'achat d'un soutien gorge d'allaitement ? La plupart des futures mères achètent leurs soutiens-gorge d'allaitement trop tôt, et se retrouvent avec trois modèles inutilisables quinze jours après l'accouchement. Le bon calendrier d'achat compte davantage que la marque, et il tient en trois rendez-vous. La poitrine change plusieurs fois pendant une grossesse et un allaitement. Elle prend en général un bonnet au premier trimestre, un autre vers le huitième mois, gonfle de façon spectaculaire à la montée de lait, entre le deuxième et le cinquième jour après la naissance, puis se stabilise à un volume intermédiaire au bout de trois à six semaines. Acheter à Noël pour un accouchement de mars revient à parier sur une taille qu'on ne connaît pas encore. **Les trois moments d'achat** Vers 7 à 8 mois de grossesse : deux brassières souples pour la maternité. À la montée de lait : rien, la poitrine est trop instable. Vers 3 à 4 semaines après la naissance : la vraie mesure, et l'achat de trois à quatre modèles définitifs. ## Pourquoi la mesure de la maternité ne vaut rien À la montée de lait, une poitrine peut gagner un à deux bonnets en quarante-huit heures, avec des seins tendus, chauds, parfois douloureux. Une taille prise à ce moment-là décrit un état transitoire. Trois semaines plus tard, la production s'ajuste à la demande du bébé, l'engorgement disparaît et le volume redescend. C'est cette taille-là qu'il faut habiller pour les six à douze mois suivants. Pour la maternité elle-même, deux brassières d'allaitement sans armature, en jersey extensible, taille au-dessus de votre taille de fin de grossesse, suffisent largement. Elles ne serviront peut-être plus après, tant pis : leur rôle est de tenir cinq jours à l'hôpital et deux semaines à la maison, avec des coussinets et des réveils nocturnes. ## Prendre ses mesures correctement Le tour de dos se mesure sous la poitrine, à plat, en soufflant, le mètre ruban horizontal. Le tour de poitrine se prend à la pointe des seins, sans serrer. La différence entre les deux donne le bonnet : environ 13 cm pour un A, 15 pour un B, 18 pour un C, 20 pour un D, et ainsi de suite par tranches de 2 à 3 cm. Un tour de dos de 80 cm correspond à un 95 en taille française, un 85 à un 100. Deux repères de terrain. La bande sous la poitrine porte 80 % du maintien : elle doit rester horizontale dans le dos, sans remonter, et vous devez pouvoir glisser deux doigts dessous, pas quatre. Les bretelles ne servent qu'à stabiliser, si vous les resserrez pour tenir la poitrine, c'est que la bande est trop grande. **Combien en prévoir** Trois à quatre soutiens-gorge de jour et un modèle de nuit couvrent une semaine réaliste : un porté, un au lavage, un au séchage, un en réserve pour la fuite de lait de 4 heures du matin. En dessous de trois, vous lavez tous les jours. ## Armature, ouverture, matière : ce qui change vraiment L'armature n'est pas interdite, contrairement à ce qu'on lit partout, mais elle demande un ajustement millimétré. Une baleine mal placée appuie sur du tissu glandulaire en pleine production et peut contribuer à un canal bouché, donc à une inflammation douloureuse. Pendant les premières semaines, quand le volume bouge encore, l'absence d'armature reste le choix raisonnable. Passé trois mois, avec une poitrine lourde et une taille stabilisée, un modèle à armature bien réglé se justifie très bien. Sur l'ouverture, deux systèmes cohabitent chez toutes les marques : - le clip sur la bretelle, qui se dégrafe d'une seule main et libère tout le bonnet ; - l'ouverture croisée ou à enfiler, sans agrafe, plus discrète mais moins précise quand le bébé s'agite. Testez le clip en magasin, à une main, les yeux ailleurs. C'est exactement la situation dans laquelle vous l'utiliserez, avec un nourrisson qui hurle sur l'autre bras. Un clip trop dur à rouvrir est un défaut rédhibitoire, quel que soit le reste du modèle. La matière décide du confort nocturne. Coton, bambou, modal : ces fibres évacuent l'humidité et limitent les macérations sous le coussinet. Le polyester brillant tient mal la chaleur et provoque des rougeurs sur une peau déjà sollicitée. Les agrafes arrière sur trois ou quatre rangs donnent une marge d'ajustement d'environ 5 cm de tour de dos, ce qui couvre la perte de volume progressive des premiers mois. **Le signe qui doit vous alerter** Un point dur et douloureux dans le sein, une plaque rouge, une fièvre soudaine : ce sont les symptômes d'un engorgement qui tourne mal, parfois d'une mastite. Un soutien-gorge trop serré en fait partie des causes. Desserrez, poursuivez les tétées et appelez une sage-femme ou un médecin dans la journée. ![Soutien-gorge d'allaitement en coton clair avec clip d'ouverture sur la bretelle](https://www.ouestmedias.net/wp-content/uploads/2022/12/.jpg-scaled.jpg) *Un modèle sans armature, à clip, tel qu'on le porte les premières semaines* ## Le modèle de nuit, celui qu'on oublie Les premières semaines, les tétées nocturnes reviennent toutes les deux à trois heures et les fuites de lait sont fréquentes, en particulier du côté qui n'a pas été tété. Dormir sans rien signifie changer de drap une nuit sur deux. Dormir avec un modèle de jour signifie une bande rigide qui marque la peau pendant sept heures. La brassière de nuit règle les deux problèmes : maille souple, pas d'agrafe dans le dos, ouverture par simple abaissement du bonnet, coussinet maintenu en place. Comptez 20 à 30 euros. Un seul modèle suffit si vous le lavez le matin, deux évitent d'y penser. Un détail que personne ne mentionne : prévoyez une serviette éponge posée sous vous les dix premières nuits. Aucun coussinet ne tient une montée de lait de pleine nuit, et c'est plus rapide à remplacer qu'un drap-housse. ## Coussinets, tire-lait et taille du bonnet Les coussinets lavables en coton ou bambou coûtent 10 à 20 euros la boîte de six paires et durent tout l'allaitement, contre 8 à 12 euros par mois pour les jetables. Ils ont un défaut : leur épaisseur fait gagner un demi-bonnet apparent, ce qui explique une partie des soutiens-gorge jugés trop petits alors qu'ils étaient à la bonne taille à l'essayage. Essayez toujours avec un coussinet en place. Si vous prévoyez de tirer votre lait, en reprise de travail par exemple, regardez les modèles compatibles avec un tire-lait mains libres, ou un bandeau d'expression à porter par-dessus. Une séance dure quinze à vingt minutes, deux à trois fois par jour : le confort du dispositif décide souvent de la durée pendant laquelle une mère tient ce rythme. ## Le budget réel, sans faux-semblant Un soutien-gorge d'allaitement correct se situe entre 25 et 45 euros. En dessous de 15 euros, l'élasthanne lâche en deux mois de lavages à 40 degrés et la bande cesse de tenir. Au-dessus de 60 euros, vous payez surtout la dentelle. Comptez donc 100 à 150 euros pour un jeu complet de quatre pièces, plus 10 à 15 euros de coussinets lavables, qui remplacent avantageusement les jetables sur une année d'allaitement. Le lavage compte pour beaucoup dans la durée de vie : 30 degrés, filet, pas de sèche-linge. L'élasthanne supporte mal la chaleur, et c'est lui qui tient la bande. Un soutien-gorge lavé correctement dure trois fois plus longtemps qu'un modèle passé au tambour chaud. La préparation du reste du sac de maternité obéit à la même logique de tri : on achète peu, mais on achète ce qui sert tous les jours. Le raisonnement vaut pour la liste de naissance comme pour [une application bancaire mobile dont on compare les frais avant de souscrire](https://www.ouestmedias.net/lapplication-orange-bank-connaitre-tous-les-details.html), ou pour le choix d'[un adaptateur universel avant un départ à l'étranger](https://www.ouestmedias.net/adaptateur-universel-comment-le-choisir.html). Les objets qui servent chaque jour méritent qu'on y mette le prix, les autres attendent. ## Un tour d'horizon de la lingerie d'allaitement La vidéo ci-dessous passe en revue plusieurs modèles portés, coupes, ouvertures et niveaux de maintien. C'est plus parlant qu'une photo de catalogue, en particulier pour juger de ce que donne un clip une fois le bonnet rabattu. Il faut reconnaître une chose : l'offre a changé en dix ans. Les modèles d'il y a une génération se résumaient à du coton blanc épais et à des bonnets sans forme. Les gammes actuelles proposent des coupes portables en dehors de l'allaitement, ce qui prolonge leur usage bien après le sevrage. Celles qui suivent aussi [une routine contre les vergetures pendant la grossesse](https://www.ouestmedias.net/routine-a-suivre-pour-traiter-les-vergetures-lors-de-la-grossesse.html) retrouveront ici le même principe : la régularité fait plus que le produit. ## Les soins qui vont avec Le soutien-gorge protège et maintient, il ne règle pas les crevasses. Les premières semaines sollicitent beaucoup les mamelons, surtout si la position de tétée n'est pas encore bien calée, et une bonne prise du sein reste le premier remède : le bébé doit avoir une large part de l'aréole en bouche, pas seulement le bout. Pour l'hydratation, les crèmes et baumes vendus comme [soins d'allaitement](https://www.neobulle.fr/234-allaitement) se distinguent des crèmes classiques sur un point pratique : ils n'obligent pas à rincer avant la tétée. La lanoline purifiée et les huiles végétales simples, calendula, karité, amande douce, font le travail. Une goutte après chaque tétée, massée en cercles, suffit. Choisissez une formule courte et si possible biologique, puisqu'elle finira dans la bouche du nourrisson. Sur le fenugrec, souvent présenté comme un stimulant de la lactation, disons les choses telles qu'elles sont : les études disponibles sont peu nombreuses et de faible qualité, les effets rapportés sont modestes, et la plante est déconseillée en cas de diabète ou de traitement anticoagulant. Ce qui fait monter la production de lait, c'est la fréquence des tétées et la vidange effective du sein. L'hydratation de la mère joue aussi, sans qu'il faille boire des litres au-delà de la soif. **Ce qui marche vraiment sur la lactation** Des tétées fréquentes, huit à douze par vingt-quatre heures les premières semaines, un sein bien vidé avant de passer à l'autre, et une bonne position de succion. Les compléments arrivent loin derrière. En cas de doute sur la prise de poids du bébé, une consultante en lactation ou une sage-femme voit en une séance ce qu'aucune gélule ne corrigera. Reste la question qui revient toujours, celle de l'image de soi. Allaiter ne condamne personne à six mois de coton blanc. Il existe aujourd'hui des modèles en dentelle avec clip, des brassières de sport d'allaitement, des bustiers. Le seul critère qui ne se négocie pas, c'est la bande sous la poitrine : bien réglée, elle rend confortables des modèles qu'on croyait réservés à l'avant-grossesse. --- ## À propos de l'auteur **Delphine Macouin** — Je suis particulièrement intéressée par les rubriques Amour, Lifestyle et Santé. Ce qui ne m'empêche pas de donner mon avis sur d'autres sujets !