--- title: "Test de Flipr, Avis après 2 ans d'utilisation" url: https://www.ouestmedias.net/test-de-flipr-avis-apres-2-ans-dutilisation.html author: "Delphine Macouin" date_published: 2023-08-20T16:50:04+00:00 date_modified: 2026-09-10T18:04:44+00:00 categories: ["High Tech"] image: https://www.ouestmedias.net/wp-content/uploads/2023/08/test-de-flipr-avis-apres-2-ans-dutilisation.webp description: "Un objet connecté de piscine acheté 400 euros, une durée de vie utile de deux ans, un abonnement mensuel pour continuer à recevoir ses propres mesures, et un..." site: "Ouest Médias" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Test de Flipr, Avis après 2 ans d'utilisation Un objet connecté de piscine acheté 400 euros, une durée de vie utile de deux ans, un abonnement mensuel pour continuer à recevoir ses propres mesures, et un service après vente qui ne répond qu'aux avis publics : le calcul complet de ce que m'a coûté Flipr en trois ans mérite d'être posé noir sur blanc avant tout achat. Je ne pars pas d'un a priori. J'ai commandé le Flipr Start en août 2020, commande numéro 93097, parce que l'idée me plaisait sincèrement : une bouée qui flotte dans le bassin, qui mesure toute seule ce qu'on va sinon mesurer à la bandelette deux fois par semaine, et qui prévient sur le téléphone quand le pH dérive. Sur le papier, l'objet répond à un vrai problème de propriétaire de piscine. ## Ce que la bouée mesure, et comment Flipr est une start-up française créée en 2016. Son produit se présente comme un flotteur qu'on laisse dans l'eau ou qu'on accroche à l'échelle, bourré de capteurs. Il relève la température, le pH, le potentiel d'oxydoréduction (l'ORP, qui sert à estimer indirectement le pouvoir désinfectant de l'eau) et la conductivité électrique. Les données remontent plusieurs fois par jour vers l'application, disponible sur iOS et Android. Premier point technique qui a son importance : **la sonde ne mesure pas le chlore libre directement**. Elle mesure l'ORP et en déduit une estimation. Sur une eau au sel, sur un traitement au brome ou après un choc, l'écart avec une mesure colorimétrique réelle peut être franc. L'application affiche pourtant une valeur de chlore comme si elle était mesurée. C'est une simplification commerciale qui gêne dès qu'on cherche à comprendre pourquoi l'eau vire. **Le coût réel sur trois ans** Environ 400 euros pour l'appareil, plus un abonnement mensuel pour conserver l'accès aux mesures et à l'historique. Ajoutez le prix de la pile de remplacement quand l'autonomie s'effondre. Rapporté à un usage de 24 mois, on arrive à un budget largement supérieur à celui d'un photomètre électronique qui, lui, fonctionne encore dans dix ans. ## La transmission par Sigfox, un choix qui a mal vieilli Les données ne passent pas par le wifi de la maison mais par le réseau Sigfox, un réseau bas débit dédié aux objets connectés. L'avantage revendiqué : pas de configuration, pas de dépendance à la box, une portée qui couvre les jardins éloignés de la maison. L'inconvénient est double. D'abord la couverture, qui reste inégale selon les communes, avec des zones où l'objet remonte une mesure sur trois. Ensuite la dépendance : le jour où l'opérateur ou le fabricant décide d'arrêter le service, **l'objet devient un flotteur en plastique**. Un capteur en wifi ou en Bluetooth, lui, continue de fonctionner tant que le téléphone existe. Ce détail d'architecture explique aussi pourquoi il faut un abonnement, et pourquoi il ne disparaît jamais. ## La première saison, honnêtement, s'est bien passée Autant le dire, l'été 2020 et la saison 2021 n'ont posé aucun problème. Installation en cinq minutes, appairage sans difficulté, alertes cohérentes avec ce que je relevais à la bandelette. La courbe de température était juste, la dérive de pH signalée avant que l'eau ne se trouble. Sur cette période, l'objet a rendu le service annoncé. Les recommandations de traitement, en revanche, sont restées très génériques. On vous indique une quantité de produit sans connaître votre marque de chlore, votre TAC ou votre dureté. J'ai vite cessé de les suivre à la lettre pour m'en tenir aux valeurs brutes, qui sont la partie utile de l'application. **Le côté domotique, en pratique** La compatibilité annoncée avec IFTTT laissait espérer des automatismes : déclencher la filtration, la pompe doseuse, le chauffage selon la mesure. Dans les faits, la latence du réseau bas débit et la fréquence de remontée limitée rendent ces scénarios approximatifs. Piloter une pompe doseuse sur une donnée vieille de plusieurs heures n'a pas grand intérêt. ## Août 2022 : l'objet cesse de parler Deux ans après l'achat, plus aucune valeur ne remonte. Diagnostic évident, la pile. J'en commande donc une neuve, commande numéro 167188, et je la remplace en suivant la procédure. Rien ne change. L'appareil reste muet, aucune mesure ne parvient à l'application. **Il aura fonctionné exactement le temps de sa première batterie.** Ce point mérite d'être souligné, parce qu'il est structurel et pas anecdotique : la pile n'est pas un consommable anodin sur ce produit. Le boîtier doit rester parfaitement étanche, le joint doit être remis correctement, et la moindre erreur de manipulation compromet l'électronique. Le fabricant le sait si bien que, comme on va le voir, la photo du joint fait partie de son protocole de support. ## Le service après vente : trois semaines de silence Début juin 2023, j'ouvre un ticket auprès du support technique, numéro 9837. J'y explique la situation : appareil silencieux depuis août 2022, pile changée, aucun retour de mesure. J'attends. **Plus de 25 jours passent sans une seule réponse.** Pas un accusé de réception, pas une demande d'information complémentaire, rien. Je relance publiquement sur Twitter, où la marque est pourtant active. Personne ne répond davantage. **Le déclencheur, c'est l'avis public** Le 26 juin 2023, je publie mon expérience sur Trustpilot. Le jour même, à 16 heures, la société m'appelle. Trois semaines de silence sur le canal officiel, quelques heures de réaction sur un canal public : ce contraste dit tout du fonctionnement réel du support. ## Le geste commercial et sa contrepartie L'appel du 26 juin ne portait pas sur une solution technique. Le diagnostic proposé était que la pile neuve pouvait elle aussi être en cause, ce à quoi je ne crois pas une seconde, l'ayant remplacée dix mois plus tôt. Une nouvelle pile m'était offerte au titre du geste commercial, à une condition expresse : la suppression de mon avis négatif. J'ai répondu que j'étais prêt à retirer cet avis si l'envoi réglait effectivement le problème, ce dont je doutais. La réponse a été claire : **l'envoi de la pile était subordonné à la suppression préalable de l'avis**, pas à la résolution de la panne. J'ai refusé, et je n'ai jamais reçu la pile. Sur ce point je n'ai pas d'hésitation à trancher. Conditionner une réparation au retrait d'un témoignage public n'est pas une pratique commerciale acceptable, et ce n'est pas non plus une zone grise juridique : la réglementation européenne sur les avis en ligne interdit d'en obtenir la suppression contre avantage. Une entreprise qui procède ainsi ne corrige pas son produit, **elle corrige sa moyenne**. ## Ce que j'ai écrit ce jour-là Mon avis du 26 juin 2023 tenait en quelques lignes : aucun retour, aucune réponse, malgré une relance sur le ticket et sur Twitter. J'y ajoutais une remarque qui a fait mouche, sur la réponse type que la marque sert habituellement, celle de l'équipe support très sollicitée en période estivale. Ma demande datait de début juin. En décembre, la même réponse aurait invoqué la période hivernale. J'ai fini par recevoir un bon de retour, que je n'ai pas utilisé. Après ce parcours, je n'avais plus aucune confiance dans le traitement du dossier. Mon Flipr est parti à la déchetterie, dans la benne des déchets électroniques. **La chronologie complète** Août 2020 : achat du Flipr Start. Août 2022 : panne totale, changement de pile sans effet. Début juin 2023 : ouverture du ticket support. Fin juin 2023 : toujours aucune réponse après plus de 25 jours. 26 juin 2023 : publication de l'avis, appel de la société le jour même. Trois ans entre l'achat et l'abandon définitif, dont deux ans seulement de fonctionnement. ## Ce que ce parcours dit des objets connectés de jardin Le cas Flipr dépasse la marque. Un capteur d'extérieur alimenté par pile, immergé une partie de l'année, exposé au chlore, aux UV et au gel, travaille dans des conditions bien plus dures qu'une prise connectée posée dans un salon. La durée de vie annoncée par les fabricants suppose un usage moyen ; la réalité du bord de bassin l'entame nettement. À cela s'ajoute un modèle économique qui n'existait pas il y a quinze ans. On n'achète plus un appareil, on achète un accès. Tant que le fabricant héberge le service et paie l'abonnement réseau, l'objet vit. Le jour où l'entreprise change de stratégie, se fait racheter ou dépose le bilan, le matériel installé chez le client s'arrête, quelle que soit son état physique. Avant de dépenser 400 euros, la bonne question n'est pas seulement « est-ce que ça marche », mais « qu'est-ce qui reste si l'éditeur disparaît ». ## Le piège de l'abonnement qui continue Un dernier point que beaucoup découvrent trop tard : l'abonnement aux mesures ne s'interrompt pas parce que l'appareil est mort. Il tourne, il se prélève, et **il faut le résilier soi-même**. Pensez à le faire le jour où vous constatez la panne, pas six mois après en relisant votre relevé bancaire. ## Ce que je conseillerais à un voisin D'abord, remettre le suivi de l'eau à sa juste place. Un bassin familial se pilote avec trois valeurs : le pH, qu'on maintient entre 7,0 et 7,4, le désinfectant, et le TAC, qui stabilise le reste. Le TAC ne bouge presque pas d'une semaine à l'autre. Le pH, lui, dérive vite après un orage ou une forte fréquentation, et c'est là que se jouent la plupart des ennuis d'eau trouble. Pour un bassin familial classique, un photomètre électronique à pastilles ou une trousse de test coûte entre 60 et 150 euros, ne dépend d'aucun réseau, d'aucun serveur et d'aucun abonnement, et donne une mesure de chlore réelle et non estimée. Deux contrôles par semaine en pleine saison suffisent largement. C'est moins confortable, c'est incontestablement plus fiable dans la durée. **Si vous voulez malgré tout du connecté** Regardez d'abord trois choses avant le prix : le mode de transmission (privilégiez le wifi ou le Bluetooth plutôt qu'un réseau propriétaire), le caractère obligatoire ou non de l'abonnement, et la disponibilité des pièces détachées avec un tutoriel officiel. Cherchez ensuite les avis datés de plus de deux ans après achat, ce sont les seuls qui parlent de la vraie durée de vie. ## Mon verdict après trois ans Le produit fait ce qu'il annonce tant qu'il fonctionne. Le problème n'est pas la mesure, c'est tout ce qui vient après : une durée de vie calée sur celle de la batterie, un support technique qui ne répond pas, une politique commerciale qui négocie contre des avis, et un abonnement qui survit à l'appareil. Racheter un boîtier tous les deux ans pour surveiller une piscine, cela n'a pas de sens économique. [N'hésitez pas à consulter les avis des utilisateurs de FLIPR disponibles sur internet](https://fr.trustpilot.com/review/goflipr.com) pour vous faire une idée par vous-même, en regardant particulièrement les témoignages qui portent sur le service après vente et non sur les premières semaines d'utilisation. --- ## À propos de l'auteur **Delphine Macouin** — Je suis particulièrement intéressée par les rubriques Amour, Lifestyle et Santé. Ce qui ne m'empêche pas de donner mon avis sur d'autres sujets !