--- title: "Tout ce que vous devez savoir pour ouvrir votre propre bar" url: https://www.ouestmedias.net/tout-ce-que-vous-devez-savoir-pour-ouvrir-votre-propre-bar.html author: "Delphine Macouin" date_published: 2024-12-12T23:41:26+00:00 date_modified: 2026-09-10T20:25:57+00:00 categories: ["Alimentation & Cuisine"] image: https://www.ouestmedias.net/wp-content/uploads/2024/12/tout-ce-que-vous-devez-savoir-pour-ouvrir-votre-propre-bar-2.png description: "Ouvrir un bar coûte entre 150 000 et 250 000 euros, et la plus grosse part de cette somme va dans deux postes que les futurs patrons sous-estiment : le droit au..." site: "Ouest Médias" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Tout ce que vous devez savoir pour ouvrir votre propre bar Ouvrir un bar coûte entre 150 000 et 250 000 euros, et la plus grosse part de cette somme va dans deux postes que les futurs patrons sous-estiment : le droit au bail et la trésorerie de départ. Voici le parcours réel, dans l'ordre où les démarches s'enchaînent. ## Le permis d'exploitation passe avant tout le reste ![Comptoir de bar en bois avec tireuse à bière et tabourets alignés](https://www.ouestmedias.net/wp-content/uploads/2024/12/tout-ce-que-vous-devez-savoir-pour-ouvrir-votre-propre-bar.png) C'est le premier papier à obtenir, et beaucoup l'apprennent trop tard. Le permis d'exploitation s'obtient au terme d'une formation obligatoire dispensée par un organisme agréé : trois jours (20 heures) pour un primo-exploitant, une journée pour qui justifie de dix ans d'expérience dans le secteur. Comptez 400 à 700 euros. Il est valable dix ans et couvre la réglementation sur l'alcool, la protection des mineurs, la lutte contre le bruit et les obligations d'affichage. Vient ensuite la licence. Depuis la réforme de 2016, deux catégories subsistent pour la consommation sur place : la licence III, qui autorise les boissons fermentées jusqu'à 18 degrés (bière, vin, cidre), et la licence IV, qui ouvre à tous les alcools, rhum et spiritueux compris. La licence IV ne se crée plus dans la plupart des communes : elle se rachète à un établissement qui ferme, entre 7 000 et 30 000 euros selon la région, et son transfert obéit à des règles de distance strictes. Une déclaration en mairie au moins quinze jours avant l'ouverture reste obligatoire dans tous les cas. **La licence IV n'est pas une formalité** Elle ne se délivre plus par création dans les communes de plus de 3 500 habitants. Il faut en racheter une existante, parfois hors du fonds de commerce, et son transfert d'une commune à l'autre est encadré. Vérifiez ce point avant de signer quoi que ce soit sur un local. ## Où part l'argent, poste par poste ![Salle de bar vide en cours d'aménagement avec banquettes et éclairage](https://www.ouestmedias.net/wp-content/uploads/2024/12/tout-ce-que-vous-devez-savoir-pour-ouvrir-votre-propre-bar-1.png) Le droit au bail ou le rachat du fonds représente en général la moitié de l'enveloppe : de 40 000 euros dans une commune moyenne à plus de 200 000 dans un centre-ville dense. Les travaux et l'agencement pèsent 30 000 à 80 000 euros selon l'état du local, la mise aux normes accessibilité et l'extraction si vous servez à manger. Le matériel de bar (tireuse, chambre froide, lave-verres, mobilier) tourne autour de 25 000 à 40 000 euros. Le stock initial de boissons, entre 5 000 et 10 000 euros. Reste le poste que personne n'inscrit dans son prévisionnel : la trésorerie des six premiers mois. Un bar met rarement moins d'un an à atteindre son rythme de croisière, et les charges fixes, elles, tombent dès le premier mois. Prévoir moins de 25 000 euros de fonds de roulement, c'est jouer sa survie sur la fréquentation de l'été. **La répartition type d'un budget de 180 000 euros** Environ 90 000 euros de droit au bail ou de fonds, 45 000 de travaux et de matériel, 8 000 de stock, 30 000 de trésorerie et 7 000 de frais de création, licence et assurances. Les banques financent en général 60 à 70 % du total, à condition d'un apport personnel d'au moins 30 %. ## Le statut juridique : SAS ou SARL, la vraie différence Les deux protègent votre patrimoine personnel. Ce qui les sépare tient au régime social du dirigeant. Le gérant majoritaire de SARL relève des travailleurs non salariés : environ 45 % de cotisations sur la rémunération, et aussi sur la part de dividendes dépassant 10 % du capital. Le président de SAS est assimilé salarié : autour de 80 % de charges sur salaire, sans assurance chômage, mais des dividendes qui échappent aux cotisations sociales. Pour un bar tenu seul avec un salaire modeste les premières années, la SARL ou l'EURL coûte moins cher. Dès qu'il y a plusieurs associés ou un projet de faire entrer un investisseur, la SAS s'impose par sa souplesse statutaire. L'entreprise individuelle reste marginale sur ce type d'activité, faute de pouvoir accueillir un associé. ## Les contrôles auxquels vous devrez répondre Un bar est un établissement recevant du public, le plus souvent de 5e catégorie. Cela implique un registre de sécurité, des extincteurs vérifiés chaque année, un éclairage de secours et un plan d'évacuation affiché. La commission de sécurité peut passer avant l'ouverture, et l'accessibilité aux personnes à mobilité réduite fait l'objet d'une attestation à déposer en mairie. Côté musique, il ne s'agit pas d'un permis mais d'un contrat : la Sacem et la SPRE facturent chacune une redevance annuelle, calculée sur la surface et le type de diffusion. Comptez quelques centaines d'euros par an pour une ambiance sonore simple, davantage dès qu'il y a des soirées dansantes. Au-delà de 80 décibels en moyenne, une étude d'impact acoustique devient obligatoire. **Le calendrier réaliste** Comptez huit à douze mois entre l'idée et l'ouverture. Formation et permis d'exploitation : un mois. Recherche de local et négociation du bail : trois à six mois. Montage du dossier bancaire : deux mois. Travaux : deux à quatre mois. Les projets qui visent quatre mois se font rattraper par le bail commercial. ## Le concept vient après l'étude du quartier Beaucoup construisent leur concept avant de chercher un local, puis découvrent que le quartier ne suit pas. L'ordre inverse fonctionne mieux. Passez trois soirées différentes dans la rue visée, comptez les entrées chez les concurrents entre 19 et 23 heures, regardez qui sort du métro ou du parking et à quelle heure. Un bar à cocktails à 14 euros le verre ne tient pas dans une rue où le ticket moyen plafonne à 6 euros, quelle que soit la qualité du travail derrière le comptoir. Sur le concept lui-même, un avis : les bars mono-thématiques très marqués vieillissent mal. Ce qui dure, c'est un lieu correctement tenu, avec une offre lisible, un ou deux produits vraiment bons et un patron présent en salle. La décoration se refait, la réputation non. **Ce qui fait tenir un bar sur la durée** Un ticket moyen aligné sur le quartier, une carte courte, et la présence du gérant en salle le soir. Les établissements qui passent le cap des trois ans sont presque toujours ceux où le propriétaire sert lui-même une partie de la semaine. L'ouverture elle-même se prépare quinze jours avant : annonce sur les réseaux, fiche Google renseignée avec les horaires réels, et un soir d'essai en petit comité pour roder l'équipe avant d'affronter une salle pleine. --- ## À propos de l'auteur **Delphine Macouin** — Je suis particulièrement intéressée par les rubriques Amour, Lifestyle et Santé. Ce qui ne m'empêche pas de donner mon avis sur d'autres sujets !