--- title: "Un tremblement de terre ressenti en Loire-Atlantique" url: https://www.ouestmedias.net/un-tremblement-de-terre-ressenti-en-loire-atlantique.html author: "Delphine Macouin" date_published: 2023-09-14T16:55:07+00:00 date_modified: 2026-09-10T18:04:44+00:00 categories: ["Voyage"] image: https://www.ouestmedias.net/wp-content/uploads/2023/06/un-tremblement-de-terre-ressenti-en-loire-atlantique-et-dans-plusieurs-departements.png description: "Deux secousses en douze heures, et quatre magnitudes différentes annoncées pour la même : la séquence sismique des 16 et 17 juin 2023 a surtout montré à quel point..." site: "Ouest Médias" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Un tremblement de terre ressenti en Loire-Atlantique Deux secousses en douze heures, et quatre magnitudes différentes annoncées pour la même : la séquence sismique des 16 et 17 juin 2023 a surtout montré à quel point les premiers chiffres diffusés lors d'un séisme sont provisoires. En Loire-Atlantique, où le sol a bougé sans faire de dégât, l'événement a été vécu à travers ces annonces contradictoires autant qu'à travers la vibration elle-même. Reprenons la chronologie, puis les chiffres. ## La chronologie des deux secousses Le vendredi 16 juin 2023 à 18 h 38, une secousse partie de la limite entre la Charente-Maritime et les Deux-Sèvres est ressentie dans une large partie de l'Ouest. À Nantes, Angers, Le Mans, Rennes, La Rochelle, Bordeaux ou Limoges, des habitants signalent des meubles qui vibrent et un bruit sourd de quelques secondes. Les réseaux sociaux s'emballent avant même la première publication officielle. Le lendemain matin, samedi 17 juin, à 4 h 27, une nouvelle secousse se produit dans le même secteur, d'une magnitude voisine de 5, donc un peu inférieure à celle de la veille. Ce type de réplique est attendu après un séisme de cette taille : la rupture initiale redistribue les contraintes le long de la faille, et le réajustement s'étale sur des jours, parfois des semaines. **Le calendrier des secousses** Vendredi 16 juin 2023, 18 h 38 : secousse principale. Samedi 17 juin, 4 h 27 : réplique de magnitude proche de 5 dans la même zone. Les répliques d'un séisme de cette ampleur peuvent se prolonger plusieurs semaines, en s'atténuant progressivement. ## Pourquoi les magnitudes annoncées ne concordaient pas Le Bureau central sismologique français et le Réseau national de surveillance sismique ont mesuré la secousse principale à 5,3, quand le Centre sismologique euro-méditerranéen publiait 5,8. D'autres valeurs, autour de 4,8, ont circulé plus tard. Ces écarts ne traduisent aucune erreur. Deux raisons se combinent. D'abord le moment du calcul : les premières valeurs sortent d'un traitement automatique, quelques minutes après l'événement, à partir d'un nombre limité de stations. Elles sont ensuite révisées par des analystes qui intègrent l'ensemble du réseau. Ensuite l'échelle employée : la magnitude locale, héritée de l'échelle de Richter, mesure l'amplitude du signal enregistré, tandis que la magnitude de moment estime l'énergie libérée par la rupture. Les deux ne donnent pas le même nombre pour le même séisme, et il est trompeur de les comparer sans le préciser. **Un écart qui pèse lourd** Entre une magnitude 4,8 et une magnitude 5,8, l'énergie libérée est multipliée par environ trente, pas par dix comme on le lit souvent. Le facteur dix concerne l'amplitude du signal sismique, pas l'énergie. C'est pour cela que le chiffre exact compte. ## Ce que la Loire-Atlantique a réellement vécu Le département se trouve à plus de cent kilomètres de la zone épicentrale. Les habitants de Nantes, de Saint-Nazaire et du littoral ont senti quelques secondes de vibration, pas davantage. Aucun dommage sérieux n'a été signalé côté Pays de la Loire. Les dégâts, réels, se sont concentrés autour de l'épicentre en Charente-Maritime, avec des maisons fissurées, des cheminées effondrées et une personne blessée. Cette dissociation entre le ressenti large et le dommage local est la règle pour un séisme continental de magnitude moyenne. La secousse se propage sur des centaines de kilomètres, l'énergie destructrice reste concentrée dans un rayon de quelques dizaines. **Où s'informer, plutôt que sur les réseaux** Le BCSF-RéNass, installé à Strasbourg et piloté par le CNRS, publie les données validées et recueille les témoignages du public. C'est cette collecte qui permet de dresser les cartes d'intensité, bien plus utiles aux sismologues qu'une magnitude annoncée dans la minute. ## Des séismes rares, mais pas inconnus dans l'Ouest La France métropolitaine enregistre chaque année plusieurs centaines de séismes, dont l'immense majorité passe inaperçue faute d'être assez forte pour être ressentie. Une magnitude supérieure à 5 y reste exceptionnelle, et c'est ce qui a rendu l'épisode de juin 2023 marquant, davantage que son intensité brute. Le sous-sol de l'Ouest porte des accidents tectoniques anciens, hérités de la formation du Massif armoricain il y a plus de 300 millions d'années. Ces failles ne sont plus actives au sens des zones de subduction, mais elles rejouent occasionnellement, en libérant des contraintes accumulées très lentement. Une partie du littoral atlantique est d'ailleurs classée en aléa sismique modéré dans le zonage réglementaire, ce qui impose des règles de construction parasismique pour le bâti neuf. Le bon réflexe, si la terre tremble à nouveau, ne change pas : se baisser, se protéger la tête, s'accrocher à un meuble stable et attendre la fin de la secousse à l'intérieur plutôt que de se précipiter dehors, là où tombent les tuiles et les éléments de façade. --- ## À propos de l'auteur **Delphine Macouin** — Je suis particulièrement intéressée par les rubriques Amour, Lifestyle et Santé. Ce qui ne m'empêche pas de donner mon avis sur d'autres sujets !