Le mode d'emploi de l'application de rencontres Badoo !

Badoo s’installe et se prend en main en dix minutes, mais trois réglages décident de tout le reste : le rayon de recherche, la visibilité du profil et le sort de vos photos. Le reste de l’application se découvre en marchant.

C’est le paradoxe des applications les plus anciennes : elles sont si simples à ouvrir qu’on saute la partie qui compte. On remplit trois cases, et deux jours plus tard on croule sous les notifications avec une photo qu’on regrette déjà. Ce mode d’emploi prend le problème dans l’autre sens : d’abord les réglages, ensuite le reste.

Un site de 2006 devenu une application en 2011

Badoo a été lancé en 2006 par Andrey Andreev, depuis Londres, bien avant que le mot « swipe » ne veuille dire quelque chose. Le service a d’abord vécu comme un site web consulté depuis un ordinateur. L’application mobile est arrivée en 2011, quand les smartphones ont remplacé l’ordinateur familial pour ce genre d’usage.

La bascule a changé la nature du service. Sur un site, on cherche. Sur un téléphone, on croise : la géolocalisation propose des profils à quelques kilomètres, parfois quelques centaines de mètres. Badoo revendique des inscrits par centaines de millions, tous pays confondus, mais il s’agit de comptes créés, pas d’utilisateurs actifs. La nuance compte quand la liste des profils vous paraît infinie.

L’inscription, étape par étape

Le parcours est court, et c’est justement là que la précipitation coûte cher. Dans l’ordre :

  • télécharger l’application depuis le Play Store ou l’App Store, jamais depuis un lien reçu par message ;
  • créer le compte par e-mail ou via un compte tiers, qui récupère alors prénom et date de naissance ;
  • choisir ce que vous cherchez : discuter, voir du monde, une relation suivie. Ce choix oriente les profils qu’on vous montre ;
  • ajouter une photo de visage nette, sans lunettes de soleil et sans groupe de six personnes où l’on ne sait pas qui vous êtes ;
  • écrire deux ou trois lignes de présentation. Une phrase sur vos week-ends vaut mieux que « sympa, drôle, sincère ».

L’application propose ensuite des personnes autour de vous, à vous de passer ou d’écrire. Rien de plus compliqué. La partie difficile arrive après.

Les réglages à changer avant le premier message

Badoo affiche par défaut votre distance approximative et signale votre passage sur chaque profil consulté. Deux options à regarder tout de suite : le mode incognito, et le rayon de recherche, souvent réglé beaucoup trop large. Descendre à vingt ou trente kilomètres donne des conversations qui débouchent sur des rendez-vous, plutôt que des échanges à trois cents kilomètres qui s’éteignent en une semaine.

Reste la question des données. Badoo connaît votre position, vos horaires de connexion, vos préférences. Si vous vous connectez souvent depuis un Wi-Fi public, notre article sur ce que fait réellement un VPN évite une idée reçue tenace : un VPN chiffre la connexion, il n’efface pas ce que vous avez écrit vous-même dans votre profil.

Gratuit jusqu’où, exactement ?

Le socle est gratuit : compte, consultation des profils, messages dans la plupart des cas. Les options payantes accélèrent les choses, sans plus : mise en avant temporaire du profil, liste complète de ceux qui vous ont aimé, messages prioritaires. On peut tenir des mois sans rien dépenser, en étant simplement moins visible que celui qui paie.

L’arbitrage est simple : payer un « boost » avec un profil à moitié rempli ne sert à rien. Finissez le profil, testez deux semaines, décidez après.

Ce qui agace, et ce qui relève de la légende

Deux reproches reviennent en boucle, et l’un des deux est faux. On lit souvent que les photos publiées sur Badoo ne peuvent plus être supprimées. C’est inexact : la galerie se modifie photo par photo depuis les paramètres, et supprimer le compte supprime le contenu associé. Ce qui reste vrai, c’est qu’une photo déjà vue a pu être enregistrée par un tiers, et aucune application au monde n’y peut rien.

On lit aussi que l’application « a 5 étoiles » sur le Play Store. Aucune application grand public n’atteint la note maximale ; Badoo tourne plutôt autour de 3,5 à 4 sur 5 selon les pays, avec des vagues d’avis négatifs après chaque refonte. Le reste des critiques tient debout : notifications de visites envahissantes, abonnement cher au regard du service, impression de tourner en rond en zone peu dense.

La réputation d’application « pour les jeunes adultes » colle encore à Badoo alors que sa base a vieilli avec elle. Ce qu’elle fait bien : mettre en relation des gens qui vivent à quelques kilomètres, sans questionnaire de trois quarts d’heure. Réglez le rayon, soignez la photo, coupez les notifications inutiles, vous en aurez tiré le principal.

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