J-O de Paris 2024 : comment avoir ses tickets ?

J-O de Paris 2024 : comment avoir ses tickets ?

La billetterie des Jeux de Paris 2024 n'a jamais fonctionné comme un guichet : pas de premier arrivé premier servi, mais deux tirages au sort successifs, une plateforme unique et des packs de trois épreuves avant tout achat à l'unité. Comprendre ce mécanisme, annoncé le 28 novembre 2022, c'était comprendre pourquoi certains ont eu des places et d'autres non.

Le comité d'organisation a dévoilé ce jour-là le calendrier complet et la mécanique de vente. Premier rendez-vous fixé au 1er décembre 2022, non pas pour acheter, mais pour s'inscrire à un tirage. La nuance a désarçonné pas mal de monde à l'époque.

Le calendrier annoncé fin 2022

Le comité a publié un calendrier public, ce qui permettait de caler son planning bien à l'avance plutôt que de guetter une ouverture surprise. Ceux qui prévoyaient d'organiser un déplacement autour d'une épreuve avaient donc plusieurs mois devant eux, et le sujet a nourri bien des conversations, y compris chez ceux qui cherchaient surtout une occasion de sortir, comme le rappellent nos conseils pour rencontrer de nouvelles personnes à 40 ans.

  • Du 1er décembre 2022 au 31 janvier 2023 : inscriptions au tirage au sort pour les packs sur mesure.
  • À partir du 15 février 2023 : ouverture de la vente des packs pour les personnes tirées au sort, par vagues successives. Les quatre premiers jours étaient réservés aux inscrits du club Paris 2024.
  • Du 15 mars au 15 avril 2023 : inscriptions au second tirage, celui qui donnait accès aux billets à l'unité.
  • Mai 2023 : vente à l'unité pour les personnes tirées lors de ce second tirage.

Ceux qui n'étaient tirés ni à la première ni à la seconde vague se retrouvaient renvoyés aux phases ultérieures, notamment à la revente officielle entre particuliers. Le calendrier n'a pas bougé sur ses grandes lignes, et il valait mieux ne pas rater les deux fenêtres d'inscription : elles duraient deux mois et un mois, puis se refermaient.

Pourquoi un tirage au sort plutôt qu'une file d'attente

Le comité d'organisation, le fameux Cojo, a fait le choix d'une plateforme de billetterie unique, accessible depuis le monde entier et entièrement numérique. L'argument technique tient : une mise en vente classique sur trois millions de places aurait mis n'importe quel serveur à genoux dans la première minute, et aurait donné la prime aux connexions les plus rapides et aux robots d'achat.

Le tirage au sort déplace le problème sans le supprimer. Il étale la charge sur des semaines et rend l'automatisation inutile. Il introduit en revanche une part de chance pure, et il oblige à décider ce qu'on veut voir des mois avant de savoir si on aura quoi que ce soit. Découper la vente en étapes distinctes reste la seule façon de lisser la demande, un principe familier à qui a déjà réservé longtemps à l'avance pour choisir une croisière en Méditerranée.

L'inscription tenait en trois minutes : une adresse mail, un compte, et l'attente du courriel de résultat. Une procédure aussi banale qu'une inscription sur un site de rencontre après 50 ans, à ceci près que le refus arrivait par tirage au sort.

S'inscrire au club Paris 2024 donnait accès aux premiers créneaux de vente, sans garantir d'être tiré au sort.

Les packs sur mesure, la première phase

La première phase ne vendait pas de billet isolé. Elle proposait des packs d'au moins trois sessions, à composer soi-même dans le catalogue disponible : un match de football, une session de natation, une matinée d'athlétisme, par exemple. Six billets maximum par session, trente billets au total par compte.

Vue de Paris depuis les toits, ville hôte des Jeux olympiques de 2024

Cette formule a été la plus critiquée, et pas sans raison. Elle obligeait à acheter deux épreuves dont on se moquait pour approcher celle qu'on voulait vraiment voir, et elle gonflait mécaniquement le panier. Le comité y voyait un moyen de remplir les sessions moins demandées, ce qui est un objectif d'organisateur, pas de spectateur. Sur ce point, le grief des acheteurs était fondé.

La seconde phase, les billets à l'unité

Le second tirage ouvrait la vente à l'unité, sur le reliquat des places. Même mécanique : inscription pendant une fenêtre d'un mois, tirage, créneau d'achat. Les cérémonies d'ouverture et de clôture entraient dans cette phase.

Lors des deux inscriptions, on pouvait indiquer les sports, les équipes et les athlètes qu'on souhaitait voir en priorité. Ces préférences servaient à orienter les créneaux proposés, pas à réserver quoi que ce soit.

Le directeur général de Paris 2024 mettait en avant le nombre de combinaisons possibles offertes par le système de packs, de l'ordre de plusieurs dizaines de millions. C'est un argument de communication autant que de logistique : il dit surtout qu'aucune session n'était fermée d'avance à un budget modeste. Ceux qui comptaient partir seuls en voyage avaient d'ailleurs bien plus de latitude qu'une famille cherchant six places côte à côte.

Les billets solidaires et les dons

Le Cojo a réservé environ un million de billets aux collectivités territoriales et quatre cent mille à l'État, destinés à des jeunes, des bénévoles associatifs, des personnes éloignées de la pratique sportive. C'est le volet solidaire, distribué hors plateforme.

Le comité annonçait aussi la possibilité, pour un acheteur, de faire don de ses billets à une association. Les modalités restaient à préciser fin 2022, ce qui était honnêtement affiché à l'époque.

Où se déroulaient les épreuves

Un mot sur la géographie, parce qu'elle a compté dans le choix des sessions. Le cœur des Jeux était à Paris et en Île-de-France : Stade de France à Saint-Denis pour l'athlétisme, arène du Champ-de-Mars et stade Tour Eiffel au pied de la tour, Grand Palais, Roland-Garros, Bercy. La cérémonie d'ouverture, elle, quittait le stade pour la Seine, une première dans l'histoire des Jeux d'été.

Plusieurs sites se trouvaient loin de la capitale : le tournoi de football se jouait notamment au stade Geoffroy-Guichard à Saint-Étienne, à Marseille, Bordeaux, Lyon, Nantes et Nice, la voile à Marseille, le surf à Teahupoo, en Polynésie française. Réserver une session de football ne signifiait donc pas passer la journée à Paris, et l'oublier au moment du tirage revenait à s'inventer un aller-retour de six heures.

Les erreurs les plus fréquentes en 2023

Trois écueils sont revenus dans toutes les conversations de cette année-là. Le premier : croire qu'on pouvait s'inscrire plusieurs fois avec plusieurs adresses mail. Les comptes en double étaient traqués et annulés, identité et moyen de paiement à l'appui.

Le deuxième : composer son panier dans l'urgence des 48 heures, sans avoir préparé une liste de sessions de repli. Le catalogue proposé variait d'un créneau à l'autre, et les sessions les plus demandées disparaissaient en quelques heures. Arriver avec un ordre de préférence écrit changeait tout.

Le troisième : oublier que le prix affiché ne couvrait que l'entrée. Un déplacement, une nuit d'hôtel en Île-de-France au plus fort de l'été, des repas sur place : la place à 24 euros pouvait vite devenir une journée à 200 euros pour deux personnes. Il valait mieux poser ce budget complet avant de valider le panier.

Ce qu'il fallait retenir de ce système

La billetterie de Paris 2024 récompensait l'anticipation plus que la vitesse. S'inscrire dès l'ouverture des fenêtres, surveiller sa boîte mail, savoir à l'avance quelles sessions on visait et à quel budget, accepter de composer avec deux épreuves secondaires pour en obtenir une principale : voilà ce qui séparait ceux qui sont entrés dans les stades de ceux qui ont regardé à la télévision. La chance faisait le reste, et c'était assumé.

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