Prix des pellets de bois en baisse en Belgique

Prix des pellets de bois en baisse en Belgique

Un sac de 15 kg de granulés est repassé sous la barre des 7 euros en Belgique au printemps 2023, après avoir frôlé les 15 euros un an plus tôt. La baisse est réelle, elle soulage les factures, mais elle ne ramène personne au tarif de 2021.

C'est la nuance qui manque à la plupart des articles publiés à ce moment-là. Ils titrent sur la chute des prix sans jamais donner le point de comparaison utile : combien coûte une saison de chauffage complète, aujourd'hui, pour un ménage belge équipé d'un poêle ou d'une chaudière à granulés. C'est ce calcul que nous avons voulu poser à plat.

Ce que la baisse représente vraiment sur une facture belge

Prenons un ménage qui consomme trois tonnes de granulés par hiver, ce qui correspond à une maison de taille moyenne chauffée principalement au pellet. Au sommet de la crise, à l'automne 2022, avec des sacs entre 10 et 15 euros, la saison pouvait dépasser 2 500 euros. Au relevé du 15 mai 2023, le sac de 15 kg de pellet premium tourne autour de 7,37 euros, soit à peu près 486 euros la palette de 66 sacs. Trois tonnes reviennent alors aux environs de 1 500 euros. L'écart d'une année sur l'autre approche les 1 000 euros.

Un vendeur de la région liégeoise, Jo Piron, résumait la situation en des termes très concrets au printemps 2023 : "L'an dernier, au sommet de la crise, on a été autour de 10,50 euros le sac. Actuellement, on propose un sac pour 6,75 euros. Pour les consommateurs, c'est une bonne nouvelle. On a plus de clients depuis que le prix a baissé". Les écarts entre 6,75 et 7,37 euros s'expliquent simplement : le premier chiffre est un prix de vente commercial, le second une moyenne relevée sur plusieurs enseignes. Selon l'endroit où vous achetez, la différence sur une palette atteint une quarantaine d'euros.

Pourquoi le retour à 5 euros le sac n'aura pas lieu

Avant la crise, en 2021, le sac se négociait autour de 5 euros en Belgique comme en France. Ce niveau appartient au passé, et trois raisons l'expliquent. Le parc d'appareils installés a fortement grossi entre 2020 et 2023, ce qui a durablement relevé la demande. Le coût de la sciure, matière première du granulé, a suivi la tension sur l'ensemble de la filière bois. Et le transport routier, qui pèse lourd dans un produit dense et bon marché, ne retrouvera pas ses tarifs d'avant 2022.

Sur ce point, le calcul ne tient pas quand on lit que les prix vont "revenir à la normale". La normale a changé de niveau.

Sacs de granulés de bois empilés sur une palette dans un entrepôt

La prime pellet de 250 euros, et qui pouvait la toucher

Le gouvernement fédéral belge a mis en place une aide forfaitaire de 250 euros pour les ménages se chauffant au granulé. Son mécanisme mérite d'être rappelé, parce qu'il a laissé beaucoup de monde sur le carreau.

L'aide était versée sur présentation d'une facture d'achat portant sur 500 kg de pellets au minimum, datée entre juin 2022 et mars 2023, pour la résidence principale du demandeur. Le porte-parole du SPF Économie avait précisé à la mi-janvier 2023 que la notion d'achat "en vrac" couvrait aussi bien la livraison par camion souffleur que la palette. Ce point comptait : sans cette lecture, les foyers qui achètent en sacs auraient été écartés.

Le calendrier d'achat pèse plus que la prime

Sur plusieurs années de relevés, le granulé suit une saisonnalité assez stable. Les prix montent d'octobre à février, quand tout le monde commande en même temps, et redescendent de mai à août, quand les producteurs tournent pour reconstituer les stocks. L'écart entre le creux de l'été et le pic de l'hiver dépasse régulièrement 15 % sur une palette.

Autrement dit, un ménage qui commande ses trois tonnes en juillet plutôt qu'en janvier économise souvent davantage que le montant de la prime fédérale, et sans dossier à monter.

Ce que la baisse ne dit pas sur la suite

La baisse des prix des granulés observée en 2023 reposait sur une conjonction favorable : hiver terminé, peur de la pénurie retombée, stocks reconstitués chez les producteurs. Aucun de ces trois facteurs n'est acquis d'une année sur l'autre. Un automne froid et précoce suffit à faire remonter les tarifs de plusieurs dizaines d'euros la palette en quelques semaines.

La même tendance s'observait alors en France, ce qui suggérait un mouvement de marché européen plutôt qu'une spécificité belge. Les enseignes de bricolage françaises multipliaient les opérations sur le prix des pellets en grandes surfaces de bricolage, signe que les volumes achetés cher pendant la crise devaient être écoulés.

Les fabricants ont investi, mais l'effet prend du temps

Face à la pénurie de 2022, les producteurs ont annoncé de nouvelles lignes et l'agrandissement d'usines existantes. Une unité de granulation ne sort pas de terre en six mois : entre l'étude, les autorisations et la mise en route, il faut compter deux à trois ans. Les capacités annoncées en 2022 n'ont donc pesé sur le marché qu'à partir de 2024 et 2025.

Faut-il changer de mode de chauffage pour autant

La question revient chez ceux qui ont pris la crise de plein fouet. Trois pistes reviennent, avec des réalités différentes.

  • Le gaz naturel reste plus lisse dans ses variations que le granulé, mais il a lui aussi connu une flambée en 2022 et son coût dépend d'arbitrages géopolitiques sur lesquels un ménage n'a aucune prise.
  • Les pompes à chaleur et leur principe de fonctionnement intéressent surtout les logements déjà bien isolés : dans une maison passoire, le rendement s'effondre par grand froid et la facture d'électricité surprend.
  • Le poêle à bûches coûte moins cher au kilowattheure, mais demande un local de stockage, du bois sec depuis au moins deux ans, et une manutention quotidienne dont peu de gens mesurent la contrainte avant de s'y mettre.

Stocker maintenant, oui, mais dans quelles conditions

Profiter d'un creux de prix suppose d'avoir où mettre la marchandise. Une palette occupe environ un mètre carré au sol sur un mètre et demi de haut, et trois tonnes représentent trois palettes. Le garage fait souvent l'affaire, la cave beaucoup moins : l'humidité est l'ennemi numéro un du granulé, qui gonfle, se délite et bloque la vis sans fin du poêle dès que son taux d'humidité dépasse une dizaine de pour cent.

Quelques précautions suffisent. Poser les palettes sur des chevrons plutôt qu'à même une dalle béton, garder le film plastique d'origine jusqu'à l'ouverture du premier sac, éviter le contact direct avec un mur enterré. Un stock bien logé se garde deux à trois ans sans perte de pouvoir calorifique notable, ce qui laisse largement de quoi jouer sur la saisonnalité.

Un mot sur les livraisons en vrac, très répandues en Belgique. Le camion souffleur revient moins cher au kilo que la palette, souvent de 30 à 60 euros la tonne, mais il impose un silo et un accès dégagé pour un porteur de plus de dix mètres. Dans une rue étroite ou une impasse, la question se règle avant de commander, pas le jour de la livraison.

Comment suivre les prix sans y passer ses journées

Les moyennes nationales publiées dans la presse ont un intérêt limité pour décider d'un achat, parce que l'écart entre régions et entre enseignes dépasse souvent l'amplitude de la baisse annoncée. Le réflexe utile consiste à relever soi-même trois prix, chez un revendeur local, dans une grande surface de bricolage et chez un négociant en vrac, puis à les comparer à la même date chaque mois. En deux saisons, on sait exactement quand commander.

Vérifiez aussi la qualité derrière le prix. Un granulé certifié DINplus ou ENplus A1 garantit un taux d'humidité inférieur à 10 % et un taux de cendres contenu. Un sac bon marché mal certifié encrasse le brasier, oblige à des nettoyages plus fréquents et finit par coûter plus cher en entretien qu'il ne fait gagner à l'achat.

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