Le Pass Warner sur Amazon Prime Video : tout ce qu'il faut savoir

Le Pass Warner sur Amazon Prime Video : tout ce qu'il faut savoir

Le Pass Warner est arrivé sur Prime Video le 25 mars 2023, facturé 9,99 euros par mois en plus de l'abonnement Amazon Prime. Autrement dit, une deuxième ligne sur la facture pour un catalogue que Canal+ distribuait jusque-là. Voilà ce que contenait l'offre, ce qu'elle coûtait au total, et ce qui restait accessible sans elle.

La bascule s'est jouée fin 2022. Warner Bros. Discovery n'a pas renouvelé son accord de distribution avec Canal+ et a signé avec Amazon. Le groupe français perdait d'un coup huit chaînes qu'il portait depuis des années : Warner TV, TCM Cinéma, CNN, Cartoon Network, Adult Swim, Boomerang, Boing et Toonami. Au même moment, Canal+ finalisait le rachat d'OCS, qui détenait les droits HBO en France. Deux mouvements contraires la même saison, et un abonné qui ne savait plus où regarder Les Sopranos.

Ce que le Pass Warner contenait, chaîne par chaîne

L'offre reprenait la plus grande partie du portefeuille européen de Warner Bros. Discovery, dans sa version française. On y trouvait quatre familles de contenus, assez différentes les unes des autres pour que personne ne les regarde toutes.

  • Les séries HBO, en direct et à la demande : c'est le morceau qui justifiait le prix.
  • Le cinéma et les séries généralistes, avec Warner TV, TCM Cinéma, Adult Swim et Toonami.
  • Le sport, avec Eurosport 1 et Eurosport 2, donc le tennis du Grand Chelem hors Roland-Garros, le cyclisme et les sports d'hiver.
  • Le documentaire et la jeunesse : Discovery Channel, Discovery Science, Investigation Discovery, Cartoon Network, Boomerang, Boing.
  • CNN International pour l'information en continu en anglais.

Chaque chaîne venait avec son service de replay, ce qui changeait beaucoup de choses à l'usage. Le Pass n'était pas un bouquet de flux linéaires posé à côté de Prime Video : il s'intégrait à l'interface, avec les mêmes vignettes et la même reprise de lecture que le reste du catalogue.

Une précision qui a son importance : le sport et le documentaire pesaient lourd dans ce paquet. Un abonné venu pour Game of Thrones payait aussi Eurosport et Discovery Science. C'est le principe du bouquet, et c'est aussi ce qui a fait grincer une partie du public, habitué depuis dix ans aux offres à la carte des plateformes.

Le catalogue HBO : ce qui arrivait, ce qui restait bloqué

Le fonds HBO est ce qui rend une plateforme crédible auprès des amateurs de séries. Les Sopranos, The Wire, Six Feet Under, Deadwood, Veep, Watchmen, Band of Brothers, True Blood, Chernobyl : trente ans de production qui ont fixé une bonne partie de la grammaire de la série moderne. Le Pass Warner ouvrait ce fonds, avec les nouveautés de la chaîne au fur et à mesure de leur diffusion américaine.

Le cas de House of the Dragon a longtemps prêté à confusion. La première saison, diffusée à l'été 2022, était sortie sur OCS, qui détenait alors les droits. Elle y est restée un temps après la bascule, le contrat courant jusqu'à son terme. Les abonnés ont donc vécu une période où la saison 1 se regardait d'un côté et les nouveautés de l'autre. Ce genre de chevauchement est la règle à chaque changement de distributeur, pas l'exception.

Sur ce point, le discours commercial de l'époque était trompeur. On a beaucoup lu que le Pass donnait accès à « tout HBO ». Dans les faits, un catalogue de cette taille arrive par vagues, avec des trous, des saisons manquantes et des versions françaises qui tardent. C'était vrai en mars 2023, et ça l'est resté plusieurs mois.

The Last of Us, l'exception qui a brouillé le message

Avant même le lancement du Pass, Amazon a diffusé The Last of Us à partir du 16 janvier 2023, en exclusivité française et sans surcoût pour les abonnés Prime. La série adaptée du jeu de Naughty Dog était la locomotive HBO de l'hiver, et Amazon en a fait une vitrine : la meilleure façon de montrer aux abonnés ce qu'ils allaient trouver derrière le Pass deux mois plus tard.

Beaucoup ont cru, du coup, que le catalogue HBO entier venait avec Prime. Il a fallu payer en mars pour comprendre la différence. Les nouvelles saisons de Succession, de Barry, de Perry Mason ou de The Gilded Age, elles, demandaient bien le Pass.

Bon plan ou pas : le calcul honnête

À 9,99 euros, le Pass Warner se situait au niveau d'un abonnement Netflix standard de l'époque et au-dessus de l'entrée de gamme Disney+. Pour ce prix, on obtenait un catalogue plus étroit que celui de Netflix mais nettement plus dense en séries de référence, plus une bibliothèque de documentaires que peu de plateformes proposent.

Le calcul dépendait surtout d'un point : étiez-vous déjà abonné Prime ? Si oui, le surcoût se limitait à 9,99 euros et la question se résumait à « est-ce que je regarde plus de deux séries HBO par an ». Si non, il fallait ajouter Prime, et l'ensemble dépassait le prix d'une plateforme classique pour un usage qui restait celui d'une plateforme classique.

Il existait une stratégie évidente, et beaucoup l'ont adoptée : souscrire deux ou trois mois d'affilée, avaler le rattrapage, résilier. Le Pass était sans engagement, cette pratique ne coûtait rien d'autre qu'un peu d'organisation. Les diffuseurs le savent bien, c'est l'une des raisons pour lesquelles les saisons sortent au rythme d'un épisode par semaine plutôt qu'en bloc.

Une offre de transition, pas un point d'arrivée

Warner Bros. Discovery n'a jamais caché que le Pass Warner était une solution d'attente pour l'Europe. Aux États-Unis, le groupe a fusionné HBO Max et Discovery+ sous le nom de Max le 23 mai 2023, deux mois après le lancement français du Pass. La logique industrielle était posée : réunir le catalogue de séries et celui du documentaire dans une seule application, contrôlée par le groupe, sans passer par un distributeur tiers.

Pour un marché comme la France, cette bascule demandait du temps. Contrats de distribution en cours, chronologie des médias, obligations d'investissement dans la production française : rien de tout cela ne se règle en un trimestre. Le Pass Warner permettait à Warner Bros. Discovery d'encaisser des abonnements français dès le printemps 2023 en s'appuyant sur la base installée d'Amazon, plutôt que de partir de zéro avec une application inconnue du public.

Ce qu'il fallait vérifier avant de souscrire

Trois questions suffisaient à trancher. Regardez-vous du sport sur Eurosport plus de quinze jours par an ? Avez-vous plus de deux séries HBO en retard ? Êtes-vous déjà abonné Prime pour les livraisons ? Deux réponses positives sur trois rendaient l'offre rentable. Une seule, non.

Le reste relevait de l'argumentaire. Un catalogue de séries n'a jamais transformé une plateforme en objet de première nécessité, et les phrases sur le « bouleversement du marché français de la SVOD » lues au moment de l'annonce n'ont pas résisté aux chiffres d'abonnés publiés ensuite. Ce que le Pass Warner a changé est plus simple et plus concret : il a déplacé HBO de Canal+ vers Amazon, et obligé quelques millions de foyers à refaire leur compte.

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