bonnes raisons de couper l'électricité quand vous partez en vacances : la 4e va vous surprendre !
La quatrième raison, celle qui doit surprendre, est en réalité la plus fausse des quatre : couper le courant ne décourage aucun cambrioleur, et une maison plongée dans le noir pendant quinze jours signale au contraire une absence prolongée.
Autant le dire tout de suite : baisser le disjoncteur général avant de partir n'est pas la bonne idée universelle qu'on répète chaque été. Sur certains postes, le geste rapporte réellement. Sur d'autres, il coûte plus qu'il ne rapporte. Voici où passe la ligne.
Ce que vous économisez vraiment, chiffres en main
Les appareils laissés en veille pèsent, selon l'ADEME, environ 11 % de la facture d'électricité d'un foyer hors chauffage et eau chaude, soit de l'ordre de 80 euros par an. Ramené à deux semaines d'absence, cela représente trois euros. Trois euros, pour un logement entièrement débranché, box et réfrigérateur compris.
Le poste qui compte n'est pas la veille, c'est le chauffe-eau. Un ballon électrique de 200 litres consomme entre 1 500 et 2 500 kWh par an pour maintenir en température une eau que personne ne va utiliser. Le couper quinze jours économise 60 à 100 kWh, autour de 20 euros. Le rapport est de un à sept avec les veilles, et c'est un simple interrupteur sur le tableau.
Le risque d'incendie : réel, mais mal ciblé
Les incendies domestiques d'origine électrique existent bel et bien, et représentent une part significative des sinistres habitation traités chaque année. La cause la plus fréquente n'est pas un téléviseur en veille : ce sont les multiprises surchargées, les rallonges enroulées sur elles-mêmes, les installations anciennes sans mise à la terre et les appareils à résistance chauffante restés branchés.
Débrancher les blocs multiprises, le sèche-linge, le fer à repasser et les chargeurs bon marché avant de partir traite 90 % du risque. Baisser le disjoncteur traite les 10 % restants et vous prive au passage de tout ce qui doit rester alimenté. Sur ce point, la mesure radicale n'apporte presque rien de plus que la mesure ciblée.
Le réfrigérateur, la vraie décision à prendre
Un réfrigérateur récent classé A ou B consomme 130 à 200 kWh par an, donc environ 6 kWh sur quinze jours, soit un peu plus d'un euro et demi. Le laisser tourner à vide coûte donc trois fois rien. Le débrancher impose de le vider entièrement, de le dégivrer, de le nettoyer et de laisser la porte entrouverte pour éviter les moisissures. Pour une absence de deux semaines, le calcul ne tient pas : videz les produits frais, réglez le thermostat sur la position la plus économe, et laissez-le fonctionner.
Le congélateur, lui, ne se coupe jamais sans le vider. Un contenu décongelé puis recongelé au retour est un risque sanitaire sérieux, pas une simple perte de qualité. Si l'absence dépasse un mois et que le congélateur est presque vide, transférez chez un voisin et arrêtez l'appareil.
La sécurité : faire vivre le logement, pas l'éteindre
Les statistiques du ministère de l'Intérieur situent le pic des cambriolages de résidences principales sur les mois d'été, et les repérages se font à l'observation : boîte aux lettres pleine, volets fermés jour et nuit, aucune lumière, aucun bruit. Un logement sans électricité coche toutes les cases.
Ce qui fonctionne relève de la simulation de présence. Deux minuteries ou prises connectées, réglées sur des horaires légèrement décalés d'un jour à l'autre, un volet roulant motorisé qui se ferme le soir, une boîte aux lettres relevée par un voisin. Un logement dont les fenêtres s'éclairent à 20 h 30 puis s'éteignent à 23 h 15 ne ressemble pas à une maison vide. Tout cela suppose du courant. C'est précisément l'inverse du conseil de départ.
Les questions qui reviennent
Faut-il aussi couper pour un week-end ?
Non. Sur trois jours, l'économie de veille se compte en centimes, et le chauffe-eau remontera de toute façon en température à votre retour, effaçant une bonne part du gain. Le seul geste qui garde du sens sur un court séjour est la fermeture de l'arrivée d'eau.
Couper le courant abîme-t-il les appareils ?
La coupure elle-même est sans effet. C'est le retour de tension qui peut poser problème : un pic à la remise sous tension a déjà tué des cartes électroniques de lave-linge ou de télévision. Rebranchez les appareils un par un, quelques secondes d'intervalle, plutôt que tout en même temps.
L'alarme continue-t-elle de fonctionner ?
La plupart des centrales embarquent une batterie de secours dimensionnée pour 12 à 36 heures, rarement pour deux semaines. Et une alarme reliée à un centre de télésurveillance passe par la box internet, elle-même sans batterie. Coupez le général et vous partez sans protection au bout d'une journée.
Et les ampoules ?
Aucun effet sur les LED, dont la durée de vie dépend de la température du composant, pas du nombre d'allumages. Les fluocompactes, elles, souffraient effectivement des cycles répétés, mais elles ne sont plus commercialisées en Europe depuis 2023.
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