Cancer de Charles III : l'incertitude plane sur le royaume alors que le roi lutte contre la maladie

Le palais de Buckingham a annoncé ce lundi 5 février que le roi Charles III était atteint d'un cancer. Cette nouvelle a été révélée suite à des tests réalisés lors de son opération de la prostate en janvier. Bien que le roi continue de traiter les "affaires d'État" et les "formalités administratives", il se retire de ses activités publiques.Le palais de Buckingham a annoncé ce lundi 5 février que le roi Charles III était atteint d'un cancer. Cette nouvelle a été révélée suite à des tests réalisés lors de son opération de la prostate en janvier. Bien que le roi continue de traiter les "affaires d'État" et les "formalités administratives", il se retire de ses activités publiques.

Quand Buckingham a annoncé, le lundi 5 février 2024, que Charles III était soigné pour un cancer, la question posée partout était de savoir qui gouvernerait à sa place. La réponse tient dans deux textes de loi britanniques, et elle est moins spectaculaire que les titres de l'époque : personne ne remplace un roi malade, on l'assiste.

Le communiqué du palais était mesuré. Le diagnostic avait été posé pendant l'hospitalisation de janvier 2024 à la London Clinic, où le roi avait été admis le 26 janvier pour une hypertrophie bénigne de la prostate. Buckingham a pris soin de préciser deux choses : il ne s'agissait pas d'un cancer de la prostate, et la nature exacte de la maladie ne serait pas rendue publique. Un traitement ambulatoire régulier commençait le jour même de l'annonce.

Un roi empêché en public reste roi en droit

La distinction paraît formelle, elle est déterminante. Les engagements publics, remises de décorations, visites d'hôpitaux, inaugurations, peuvent être délégués à d'autres membres de la famille sans aucune formalité juridique. Les fonctions constitutionnelles restent attachées à la personne du souverain : signature des lois, réception hebdomadaire du Premier ministre, ouverture de la boîte rouge des documents ministériels. C'est ce que Charles III a continué d'assurer, sans rien transférer.

Ce que le prince William pouvait faire, et ce qu'il ne pouvait pas

Le titre de roi intérimaire, qui a beaucoup circulé en février 2024, n'existe pas dans le droit britannique. William, premier dans l'ordre de succession, a repris des engagements publics et représenté son père en cérémonie. Cela ne lui donnait aucun pouvoir de signature ni aucune prérogative royale.

Les conseillers d'État, un mécanisme de 1937 retouché en 2022

Le Regency Act de 1937 prévoit que le souverain peut déléguer, par lettres patentes, une partie de ses fonctions à des conseillers d'État agissant par paires. La liste est fixée par la loi : le conjoint du monarque, plus les quatre premières personnes dans l'ordre de succession ayant au moins 21 ans, l'héritier du trône faisant exception dès 18 ans.

Appliquée telle quelle en 2024, cette règle désignait la reine Camilla, le prince William, le prince Harry, le prince Andrew et la princesse Beatrice. Harry vivait en Californie depuis 2020 et Andrew avait perdu ses fonctions publiques : trois conseillers sur cinq n'étaient pas mobilisables. Aucune loi ne les avait retirés de la liste, contrairement à ce qui a souvent été écrit, ils n'étaient plus appelés.

Charles III avait anticipé ce blocage. Le Counsellors of State Act, adopté en décembre 2022, avait ajouté à la liste sa sœur Anne et son frère Edward, à vie. Quatorze mois plus tard, ce vote d'apparence technique évitait de légiférer dans l'urgence.

La régence, le scénario qui n'a pas été activé

Le vrai transfert de pouvoir porte un nom, la régence, et il obéit à une procédure stricte. Il faut qu'au moins trois des cinq personnes désignées par la loi, dont la conjointe du souverain, le Lord Chancelier et le président de la Chambre des communes, déclarent le monarque incapable d'exercer ses fonctions. Le régent serait William.

Rien de tout cela n'a été engagé, ni en février 2024 ni dans les mois qui ont suivi. Le roi a repris des engagements publics au printemps 2024, tout en poursuivant son traitement. La monarchie britannique fonctionne moins par improvisation que par textes anciens régulièrement rafraîchis, et l'épisode de 2024 l'a montré sans mise en scène particulière.

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