Changement d'heure

Le changement d'heure est une pratique saisonnière qui consiste à avancer ou à reculer les horloges d'une heure à des moments spécifiques de l'année

Pas besoin d'attendre l'annonce du journal télévisé : les dates du changement d'heure sont fixées par une règle européenne qui n'a pas bougé depuis 2001. Dernier dimanche de mars, dernier dimanche d'octobre, dans les vingt-sept pays de l'Union. Vous pouvez les calculer vous-même pour les dix prochaines années.

La règle tient en une directive, la 2000/84/CE. Elle fixe le basculement à 1 heure du matin, temps universel, ce qui donne 2 heures en France au printemps et 3 heures en automne. Rien d'autre à retenir. Ce qui varie, c'est tout le reste : la date de suppression annoncée puis repoussée, l'économie d'énergie qu'on ne mesure plus, et l'effet sur le sommeil, réel mais mal raconté.

Le sens du réglage, que la moitié des articles inverse

C'est l'erreur la plus répandue sur le sujet, y compris dans la version précédente de cette page, qui écrivait qu'il fallait reculer les montres au printemps. Non. Au printemps, on avance. La formule mnémotechnique anglaise reste la plus efficace : spring forward, fall back. Au printemps on saute en avant, à l'automne on retombe en arrière.

Autre repère, plus concret : en mars, on perd une heure de sommeil et le soleil se couche une heure plus tard le soir. En octobre, on récupère cette heure et la nuit tombe une heure plus tôt. La question n'est pas de savoir dans quel sens tourne l'aiguille, mais si vous voulez du jour le matin ou le soir.

Quand aura lieu le prochain changement d'heure ?

Petit pictogramme soleil signalant le passage à l'heure d'été

Passage à l'heure d'été 2023 : dimanche 26 mars 2023

Dans la nuit du samedi 25 au dimanche 26 mars 2023, à 2 heures du matin, les horloges sont passées directement à 3 heures. Une heure de sommeil en moins, une heure de clarté en plus en fin de journée. Les téléphones, ordinateurs et montres connectées se sont ajustés seuls ; le four, la voiture et le réveil de chevet, non.

Petit pictogramme lune signalant le passage à l'heure d'hiver

Passage à l'heure d'hiver 2023 : dimanche 29 octobre 2023

Dans la nuit du samedi 28 au dimanche 29 octobre 2023, à 3 heures du matin, il était de nouveau 2 heures. Une heure de sommeil récupérée, et un coucher de soleil qui recule brutalement vers 17 h 30 dans l'ouest de la France.

Petit pictogramme soleil signalant le passage à l'heure d'été

Passage à l'heure d'été 2024 : dimanche 31 mars 2024

Dans la nuit du samedi 30 au dimanche 31 mars 2024. Cette année-là, le basculement tombait le jour de Pâques, ce qui a valu quelques retards remarqués à la messe du matin.

Petit pictogramme lune signalant le passage à l'heure d'hiver

Passage à l'heure d'hiver 2024 : dimanche 27 octobre 2024

Dans la nuit du samedi 26 au dimanche 27 octobre 2024. Attention au piège de lecture : la nuit concernée est bien celle d'octobre, pas de mars. La page précédente confondait les deux, une coquille qui traîne sur beaucoup de sites.

Petit pictogramme soleil signalant le passage à l'heure d'été

Passage à l'heure d'été 2025 : dimanche 30 mars 2025

Dans la nuit du samedi 29 au dimanche 30 mars 2025.

Petit pictogramme lune signalant le passage à l'heure d'hiver

Passage à l'heure d'hiver 2025 : dimanche 26 octobre 2025

Dans la nuit du samedi 25 au dimanche 26 octobre 2025. Pour la suite, appliquez la règle : dernier dimanche de mars, dernier dimanche d'octobre. Cela donne le 29 mars et le 25 octobre 2026, le 28 mars et le 31 octobre 2027.

D'où vient cette histoire

En France, l'heure d'été a été rétablie par un décret de septembre 1975, appliqué pour la première fois le 28 mars 1976. Le contexte : le choc pétrolier de 1973 et une facture énergétique qui avait explosé. L'idée était de faire coïncider les heures d'activité avec la lumière naturelle du soir pour réduire l'éclairage. Le pays avait déjà connu ce dispositif entre 1916 et 1945, avant qu'il ne soit abandonné.

Depuis 1998, les dates sont alignées dans toute l'Union européenne, ce qui a mis fin aux décalages absurdes de quelques semaines entre voisins. Le principal bénéficiaire de cette harmonisation n'est pas le dormeur, c'est le transporteur : horaires ferroviaires, plans de vol et marchés de l'électricité se calent sur un même calendrier.

Une horloge murale et un réveil affichant deux heures différentes sur un mur clair

L'économie d'énergie tient-elle encore ?

C'était l'argument fondateur, et c'est aujourd'hui le plus fragile. Les évaluations de l'ADEME chiffraient le gain sur l'éclairage à quelques centaines de gigawattheures par an, soit un ordre de grandeur d'un dixième de pour cent de la consommation électrique française. Réel, mais marginal.

Trois évolutions ont rogné ce gain. L'éclairage a massivement basculé vers les diodes électroluminescentes, qui consomment cinq à dix fois moins que les ampoules à incandescence des années 1970. La part de l'éclairage dans la consommation d'un logement a fondu au profit du chauffage, de l'eau chaude et des appareils électroniques. Et une soirée plus claire, c'est aussi plus de déplacements et parfois plus de climatisation. Sur ce point, le calcul de 1976 ne tient plus.

Pourquoi la suppression annoncée n'est jamais venue

Le dossier semblait bouclé. Une consultation publique européenne, en 2018, avait recueilli 4,6 millions de réponses, avec plus de 80 % d'avis favorables à l'abandon du changement d'heure. En France, la consultation menée début 2019 par la commission des affaires européennes de l'Assemblée nationale a dépassé les deux millions de participations, dont près de 84 % pour la suppression, avec une préférence marquée pour l'heure d'été chez environ 59 % des répondants.

Le Parlement européen a voté le 26 mars 2019 la fin du dispositif à compter de 2021, chaque État devant choisir son heure permanente. Puis plus rien. Le texte doit encore être adopté par le Conseil, où siègent les gouvernements, et aucun accord n'a été trouvé. La crise sanitaire de 2020 a fait passer le sujet au second plan, mais le blocage lui est antérieur : si des voisins immédiats choisissent des heures permanentes différentes, on recrée une mosaïque de fuseaux au milieu du marché unique. Personne n'a voulu prendre ce risque en premier.

Le changement d'heure survit moins par conviction que par incapacité collective à s'accorder sur ce qui viendrait après.

Ailleurs, certains ont tranché

L'Union européenne n'est pas seule sur le sujet, et les expériences étrangères éclairent le débat. La Russie a supprimé le changement d'heure en 2011 en restant à l'heure d'été toute l'année, avant de faire machine arrière en 2014 pour adopter l'heure d'hiver permanente : les matinées d'hiver interminablement noires avaient rendu le premier choix impopulaire. Le Mexique a mis fin au dispositif à l'automne 2022, à l'exception d'une bande frontalière avec les États-Unis.

Aux États-Unis, l'Arizona et Hawaï ne changent pas d'heure depuis des décennies. Le Sénat américain a voté en mars 2022 un texte instaurant l'heure d'été permanente, jamais repris par la Chambre des représentants. Le scénario ressemble trait pour trait au blocage européen : un vote symbolique, puis l'enlisement dès qu'il faut choisir entre matins clairs et soirées longues.

Ce que ça fait à l'organisme

Le corps fonctionne sur une horloge interne calée principalement par la lumière du matin. Décaler brutalement les repères sociaux d'une heure sans décaler le lever du soleil produit un décalage entre l'heure de la montre et l'heure biologique. Les chronobiologistes parlent de désynchronisation sociale.

Dans les faits, l'adaptation prend deux à cinq jours chez un adulte sans problème de sommeil. Elle est plus longue chez les personnes du soir, chez les adolescents et chez les travailleurs postés. Le passage de mars est nettement plus dur que celui d'octobre, parce qu'il ampute une nuit au lieu de l'allonger. Symptômes classiques : endormissement difficile, réveil pâteux, concentration en berne, irritabilité.

Cinq gestes pour passer le cap

  • Avancer les repas de quinze à vingt minutes les jours qui précèdent : la digestion participe au calage de l'horloge interne.
  • Garder les mêmes horaires de lever le week-end du changement, y compris le dimanche. C'est le jour où l'on est le plus tenté de faire le contraire.
  • Éviter le café après 15 heures pendant cette semaine-là. La caféine reste active cinq à six heures.
  • Bouger dans la journée, marche comprise, mais pas dans les deux heures qui précèdent le coucher.
  • Ne pas compenser par une longue sieste : au-delà de vingt minutes, elle décale un peu plus la nuit suivante.

Et au travail

Les entreprises constatent une baisse de rendement le lundi qui suit le passage à l'heure d'été. Plutôt que d'y voir une fatalité, quelques directions ont pris l'habitude de ne pas caler ce lundi-là les réunions qui demandent de la concentration ni les opérations sensibles. Le geste ne coûte rien et il vaut mieux qu'un discours sur la productivité. Même logique pour les postes du matin en industrie et pour les trajets longs : la première semaine, on garde de la marge.

Reste la question que tout le monde finit par poser : faut-il choisir l'heure d'été ou l'heure d'hiver si la France doit trancher un jour ? Les spécialistes du sommeil penchent nettement pour l'heure d'hiver, plus proche de l'heure solaire et donc de notre horloge interne. Les commerçants et une partie du public préfèrent l'heure d'été et ses soirées claires. Avec l'heure d'été permanente, le soleil ne se lèverait pas avant 9 h 30 en décembre à Brest. C'est ce chiffre-là, plus que les sondages, qui rend la décision difficile.

Pour ceux qui préfèrent voir le sujet expliqué en images, cette vidéo revient sur le mécanisme et son histoire.

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