Chauffage à inertie : la solution miracle pour des factures de chauffage réduites ?
Un radiateur à inertie consomme exactement le même nombre de kilowattheures qu'un vieux convecteur pour amener la même pièce à la même température. Tout chauffage électrique restitue 100 % de ce qu'il avale. La vraie question n'est donc pas de savoir s'il fait des économies par magie, mais ce qu'il change dans la façon dont la chaleur arrive chez vous.
Un corps de chauffe stocke, il ne fabrique rien
Le principe tient en une phrase. Une résistance chauffe un matériau dense (fonte, céramique, pierre de lave, ou un fluide caloporteur), qui relâche ensuite la chaleur lentement, même résistance coupée. Un convecteur, lui, chauffe l'air directement : il monte vite, il retombe vite, et la température fait des vagues de deux ou trois degrés autour de la consigne. Cette différence se sent au corps. Elle ne se voit presque pas sur le compteur.
D'où viennent les euros gagnés
Les économies existent, mais elles sont indirectes et plus modestes que ce qu'annoncent les étiquettes en magasin. D'abord la fin des à-coups : un convecteur qui alterne pleine puissance et arrêt dépasse la consigne à chaque cycle, et on compte environ 7 % de consommation en plus par degré gagné pour rien. Vient ensuite la sensation de chaleur. Une paroi tiède rayonne vers les occupants, et on se sent bien à 19 degrés d'air là où un convecteur en réclame 21.
Reste l'électronique. Les modèles actuels embarquent un thermostat au dixième de degré, une programmation par jour et par pièce, une détection d'ouverture de fenêtre. Un convecteur des années 1990 a une molette graduée de 1 à 5. Une bonne partie de l'écart de facture vient de là, pas du matériau.
Ce qui pèse plus lourd que le radiateur
Changer huit convecteurs pour huit radiateurs à inertie coûte entre 2 500 et 5 000 euros pose comprise. La même somme placée dans l'isolation des combles perdus fait baisser la consommation dans des proportions qu'aucun radiateur n'atteindra. L'ordre des travaux ne varie pas : combles, puis fenêtres, puis régulation, puis émetteurs.
Alors, on achète ou pas
Oui, si vos convecteurs ont plus de vingt ans et grillent la poussière en dégageant cette odeur reconnaissable : le confort gagné justifie à lui seul le changement. Non, si vous attendez du radiateur qu'il répare une isolation défaillante. Non plus dans un studio chauffé trois heures le soir : l'inertie joue alors contre vous, puisqu'elle continue de chauffer une pièce vide après votre départ.
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