Comment économiser des centaines d'euros sur votre facture d'eau avec ces astuces simples ?
Économiser des centaines d'euros sur l'eau, c'est possible, mais presque jamais grâce aux mousseurs et aux douches courtes. Dans neuf cas sur dix, la somme vient d'une fuite qu'on n'entend pas.
Voilà le calcul qui remet les choses en place. Le prix moyen de l'eau en France tourne autour de 4,30 euros le mètre cube, assainissement compris, avec des écarts importants d'une commune à l'autre : de moins de 3 euros dans certains réseaux à plus de 6 dans d'autres. Un foyer de quatre personnes consomme entre 100 et 150 mètres cubes par an, soit une facture de 450 à 650 euros. Diviser cette consommation par deux relève de l'exploit. Diviser par dix le gaspillage d'une chasse d'eau qui fuit, ça, c'est faisable en une après-midi.
Repérer une fuite avant qu'elle ne se voie sur la facture
Le test tient en une nuit. Avant de vous coucher, relevez le chiffre du compteur, y compris les petites décimales rouges. Ne tirez pas la chasse, ne lancez pas de machine. Au réveil, relisez. Si le nombre a bougé, quelque chose fuit quelque part. Le compteur moderne possède souvent une petite étoile ou un disque témoin qui tourne au moindre écoulement : quand tout est fermé dans la maison, il doit rester parfaitement immobile.
Ensuite, il faut localiser. Fermez le robinet d'arrêt sous les toilettes, refaites le test. Si le compteur s'arrête, vous avez votre coupable, et le mécanisme de chasse se change pour une vingtaine d'euros en grande surface de bricolage. Si le compteur continue de tourner alors que tout est coupé à l'intérieur du logement, la fuite est en amont, sur la canalisation enterrée entre le compteur et la maison. Là, prévenez tout de suite votre service des eaux : la loi Warsmann plafonne votre facture au double de votre consommation habituelle, à condition de signaler la fuite dans le mois qui suit la réception de la facture anormale et de fournir l'attestation d'un plombier.
Où part réellement l'eau du logement
La répartition surprend souvent. La douche et le bain représentent environ 39 % de la consommation d'un ménage, les toilettes 20 %, le linge 12 %, la vaisselle 10 %. La boisson et la cuisine, celles auxquelles on pense en premier, pèsent moins de 7 % à elles deux. Autrement dit, fermer le robinet pendant qu'on se brosse les dents fait un geste juste mais un effet minuscule. La salle de bains, elle, mérite qu'on s'y attarde.
La douche, premier poste et premier levier
Une pomme de douche ancienne débite 15 à 20 litres par minute. Un modèle à faible débit descend à 6 ou 9 litres, sans que la sensation change vraiment, parce que le jet est aéré. Sur une douche de sept minutes prise par quatre personnes chaque jour, le passage de 16 à 8 litres par minute fait gagner de l'ordre de 80 mètres cubes par an. Environ 340 euros d'eau, plus l'énergie qui servait à chauffer tout ça, ce qui double souvent l'économie réelle. Comptez 25 à 60 euros pour une pomme de douche correcte, chez Grohe, Hansgrohe ou n'importe quelle marque qui affiche son débit en litres par minute sur l'emballage. Méfiez-vous des modèles très bas de gamme : ils étranglent le jet au point de rendre le rinçage pénible, et l'utilisateur compense en restant plus longtemps.
Les mousseurs de robinet, eux, coûtent 3 à 8 euros et se vissent en deux minutes. Effet modeste sur la facture, mais le retour sur investissement est immédiat, alors autant le faire.
La chasse d'eau, vingt pour cent qu'on oublie
Un réservoir ancien vide 9 à 12 litres à chaque tirage. Un mécanisme double commande descend à 3 ou 6 litres. Le remplacer sur des toilettes existantes coûte moins de 30 euros et ne demande pas de plombier dans la plupart des cas. La vieille astuce de la bouteille remplie de sable posée dans le réservoir fonctionne encore, à condition de vérifier que la chasse évacue toujours correctement : une cuvette qu'il faut rincer deux fois annule le bénéfice.
Le jardin, l'arrosoir et le pluvial
Un jardin arrosé au tuyau l'été peut ajouter 20 à 40 mètres cubes sur la facture estivale, parfois davantage pour une pelouse. C'est le poste où l'eau du réseau est la plus facile à remplacer, puisqu'aucune exigence sanitaire ne pèse sur l'arrosage des massifs.
Une cuve de récupération de 300 à 500 litres reliée à une descente de gouttière coûte entre 60 et 150 euros et se remplit vite : 1 millimètre de pluie sur 100 mètres carrés de toiture donne 100 litres. Pour une cuve enterrée de plusieurs mètres cubes, on change d'échelle, entre 2 000 et 5 000 euros posés, et l'amortissement dépasse largement la décennie si l'usage se limite au jardin. Le calcul redevient intéressant quand on alimente aussi les toilettes et le lave-linge, mais cet usage intérieur impose une déclaration en mairie, un réseau strictement séparé du réseau potable et une signalisation des points de soutirage.
Le reste tient à des habitudes plutôt qu'à du matériel. Arroser tôt le matin ou après le coucher du soleil évite qu'une bonne moitié du volume ne s'évapore avant d'atteindre les racines. Un paillage de 5 à 7 centimètres, tontes séchées, broyat ou copeaux, divise à peu près par deux la fréquence d'arrosage d'un massif. Et une pelouse jaunie en août n'est pas morte : elle reverdit aux premières pluies de septembre, ce qui rend l'arrosage du gazon largement facultatif sous la plupart de nos climats. Pour les plantations nouvelles, choisir des espèces habituées à la sécheresse locale, lavande, sauge, gaura, graminées, coûte moins cher en eau pendant vingt ans qu'un hortensia exigeant planté en plein soleil.
Ce qu'on peut raisonnablement espérer
Sans fuite dans le logement, un foyer déjà attentif ne récupérera pas des centaines d'euros. Le passage d'une salle de bains équipée à l'ancienne à du matériel à faible débit fait gagner, pour quatre personnes, entre 150 et 350 euros par an sur l'eau, auxquels s'ajoute l'énergie de chauffe. C'est réel et ça se garde pendant des années, mais ça ne relève pas du miracle.
Avec une fuite, en revanche, le chiffre grimpe d'un coup, et c'est bien pour cela qu'il faut commencer par là. Regardez également le détail de votre facture : la part abonnement, fixe, ne bouge pas quoi que vous fassiez, et l'assainissement est le plus souvent facturé au prorata de l'eau consommée. C'est cette double facturation qui explique qu'un mètre cube économisé vale beaucoup plus que le prix affiché de l'eau potable seule.
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