Comment éviter que votre cheminée ne devienne un véritable danger pour votre foyer ?
Le danger d'une cheminée se joue là où personne ne regarde : dans le conduit, entre le foyer et la sortie de toit. Deux risques y prennent naissance, le feu de conduit et la fuite de monoxyde de carbone, et tous deux se préviennent avec un entretien dont les règles ont changé en octobre 2023.
Ce que dit la réglementation depuis le décret de 2023
Le décret du 20 juillet 2023, entré en application le 1er octobre de la même année, a harmonisé des obligations qui variaient jusque-là d'un département à l'autre. Pour un appareil fonctionnant au bois ou au charbon, deux ramonages sont dus chaque année, dont un pendant la période de chauffe. Pour le gaz, un seul suffit. Le professionnel remet un certificat de ramonage, à conserver.
Ce papier n'est pas une formalité administrative. En cas de sinistre, l'assureur le demande, et son absence peut se traduire par une réduction de l'indemnisation, voire un refus si le contrat en fait une condition. Comptez 60 à 100 euros la prestation selon les régions et l'accessibilité du conduit.
Le feu de conduit démarre dans le bistre
Quand la combustion se fait à basse température, avec du bois humide ou un feu étouffé toute la nuit, les imbrûlés se déposent sur la paroi du conduit sous forme de goudron. Ce dépôt, le bistre, est un combustible : il suffit d'une flambée vive pour qu'il s'enflamme et que le conduit se transforme en torche, avec des températures qui dépassent les 1 000 °C et fissurent la maçonnerie.
Le ramonage mécanique ordinaire, au hérisson, enlève la suie mais pas le bistre durci. Il faut alors un débistrage, opération spécifique et plus coûteuse. Un ramoneur qui vous signale un conduit bistré ne cherche pas à vendre du superflu, il constate un risque.
Le monoxyde de carbone, la menace silencieuse
Le CO est inodore, incolore, et non irritant : rien n'alerte avant les maux de tête, les nausées et la somnolence. Santé publique France recense chaque hiver plusieurs milliers de personnes exposées à des intoxications accidentelles et une centaine de décès, tous appareils confondus.
Sur une installation bois, la fuite ne vient pas d'un raccord de gaz mais d'un conduit fissuré, d'une plaque d'étanchéité descellée ou d'un tirage insuffisant qui refoule les fumées dans la pièce. Une maison rendue étanche par des travaux d'isolation, sans amenée d'air neuf dédiée au foyer, aggrave le phénomène : l'appareil manque d'oxygène et les fumées reviennent par où elles peuvent.
Ce qui se brûle, et ce qui ne se brûle pas
Bûches de feuillu dur sous 20 % d'humidité, bûches densifiées, granulés dans l'appareil prévu pour. Rien d'autre. Le bois de palette contient des clous et parfois des traitements chimiques, les chutes de contreplaqué et de mélaminé libèrent des colles, le carton d'emballage imprimé envoie des envolées de flammèches sur le toit, et le plastique dégage des composés chlorés qui attaquent l'inox du tubage autant que vos poumons.
Le pare-étincelles reste utile devant un foyer ouvert, dont les projections de braises brûlent les tapis et le parquet. Une grille ou un écran tient les enfants et les animaux à distance de la vitre d'un insert, qui monte à plus de 200 °C en fonctionnement et ne prévient pas avant de brûler une main.
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