Comment transformer votre maison en une machine à économiser de l'énergie ?

Tous les gestes d'économie d'énergie ne se valent pas, et l'écart entre le meilleur et le pire dépasse un facteur cent. Isoler des combles perdus rembourse la dépense en quatre ou cinq ans. Changer un lave-vaisselle qui fonctionne encore n'en rembourse jamais rien. Voici l'ordre dans lequel dépenser, du plus rentable au plus discutable, avec les montants qui vont avec.

Premier rang : ce qui coûte moins de 100 euros

Avant tout chantier, il reste des kilowattheures gratuits à ramasser. Le plus gros gisement est la consigne de chauffage : 19 degrés dans les pièces à vivre, 17 dans les chambres. L'ADEME chiffre à environ 7 % de consommation de chauffage en moins chaque degré retiré. Sur une facture de chauffage de 1 400 euros, deux degrés représentent près de 200 euros par an, pour zéro euro d'investissement.

Viennent ensuite le calfeutrage des menuiseries anciennes, une dizaine d'euros le joint de mousse à profil P ou E, la pose de boudins de bas de porte, et le désembouage du circuit si vous avez des radiateurs à eau tièdes en haut et chauds en bas. Un mitigeur thermostatique de douche, autour de 80 euros, coupe l'eau chaude perdue pendant le réglage de température, ce qui pèse plus qu'on ne l'imagine sur un foyer de quatre personnes.

Deuxième rang : l'isolation des combles

C'est le chantier au meilleur rendement, et de loin. Une toiture non isolée laisse partir de l'ordre de 25 à 30 % des déperditions d'une maison, toujours selon l'ADEME. Dérouler 30 à 40 cm de laine minérale ou de ouate de cellulose sur un plancher de combles perdus se fait en une journée à deux, pour 15 à 30 euros le mètre carré en fourniture, davantage si vous passez par un artisan.

Sur 80 m² de combles, le chantier tient entre 1 500 et 3 500 euros posé, aides déduites selon les cas. Le retour se mesure généralement entre quatre et sept ans, et le confort d'été change dès la première canicule. À noter que l'offre d'isolation à un euro, qui a inondé les boîtes aux lettres jusqu'en 2020, n'existe plus : elle a été fermée après un nombre considérable de malfaçons.

Troisième rang : les murs, si l'occasion se présente

L'isolation des murs représente 20 à 25 % des déperditions, mais elle coûte cinq à dix fois plus cher au mètre carré que les combles. Par l'extérieur, comptez 100 à 200 euros le mètre carré selon le bardage ou l'enduit. Par l'intérieur, moins cher, mais vous perdez 8 à 12 cm de profondeur sur chaque mur donnant sur l'extérieur, ce qui se voit dans une chambre de 9 m².

Mon avis sur ce point : l'isolation par l'extérieur se décide quand un ravalement est de toute façon nécessaire. Décidée seule, elle a du mal à se rentabiliser avant vingt ans. Décidée en même temps qu'un ravalement obligatoire, le surcoût réel n'est plus que la différence entre les deux devis, et là le calcul redevient bon.

Quatrième rang : l'électroménager, et là il faut nuancer

L'étiquette énergie a changé en mars 2021. Les classes A+, A++ et A+++ ont disparu pour les lave-linge, lave-vaisselle, réfrigérateurs, téléviseurs et lampes. On est revenu à une échelle de A à G, plus sévère, où très peu de modèles atteignent le A. Un lave-linge classé C en 2024 est meilleur qu'un ancien A+++ de 2018. Quant au label Energy Star, il concerne le marché nord-américain et n'a pas d'équivalence sur les appareils vendus en France.

Le calcul de remplacement est simple. Un réfrigérateur combiné de quinze ans consomme souvent 350 à 450 kWh par an, un modèle récent de même volume 150 à 200 kWh. L'écart, environ 200 kWh, vaut une quarantaine d'euros par an. Sur un appareil neuf à 600 euros, le retour dépasse quinze ans : on remplace parce que l'ancien est en fin de vie, pas pour économiser.

Le cas du congélateur coffre ancien est différent. Certains modèles des années 1990 dépassent 700 kWh par an, soit près de 150 euros. Celui-là se remplace sans hésiter, et se débranche pendant les mois où il est à moitié vide.

Et l'éclairage dans tout ça

Les LED consomment effectivement autour de 80 % de moins que les ampoules à incandescence, mais l'éclairage ne pèse plus que quelques pourcents de la facture d'un logement moderne. Remplacer les dernières halogènes reste utile, surtout les lampadaires de salon de 300 W qui chauffent le plafond. Ne comptez pas dessus pour transformer votre budget énergie.

Le récapitulatif en une phrase

Réglez le thermostat, isolez les combles, traitez l'eau chaude, puis seulement regardez les murs et les appareils. Les foyers qui suivent cet ordre divisent souvent leur facture de chauffage par deux en trois ans. Ceux qui commencent par les fenêtres et l'électroménager dépensent plus et gagnent moins.

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