Découvrez comment le compteur Linky collecte vos données et impacte votre consommation d'électricité !
Par défaut, votre compteur Linky ne transmet qu'une seule donnée à Enedis : l'index de consommation de la veille. La courbe détaillée toutes les demi-heures, celle qui trahit vos horaires, n'est enregistrée que si quelqu'un l'a activée. Savoir laquelle des deux tourne chez vous change tout.
Deux niveaux de mesure, à ne pas confondre
Le boîtier vert anis posé depuis décembre 2015 dans les logements français fait deux choses très différentes selon son réglage. Le premier niveau, actif partout, relève chaque nuit le nombre de kilowattheures consommés depuis la veille, plus la répartition entre heures pleines et heures creuses si vous avez ce type d'abonnement. C'est ce chiffre unique qui remonte et qui remplace le relevé du technicien tous les six mois.
Le second niveau s'appelle la courbe de charge. Le compteur mesure alors votre puissance appelée par pas de trente minutes et garde ces relevés en mémoire. Sur un tel enregistrement, on voit l'heure du lever, celle du retour du travail, les jours d'absence, le passage du lave-linge. Cette collecte n'est pas automatique : elle demande une activation, dans votre espace client Enedis ou lors d'une souscription chez un fournisseur.
La distinction n'est pas théorique. Fin 2022, la CNIL a sanctionné EDF et Engie pour un recueil du consentement défaillant sur ces données fines : cases précochées, formulations vagues, clients qui ne savaient pas ce qu'ils acceptaient. Si vous avez souscrit une offre en ligne ces dernières années, ouvrez votre espace Enedis et regardez ce que vous avez coché sans le vouloir.
Comment l'information circule
Contrairement à une idée tenace, le Linky n'émet pas en permanence des ondes vers une antenne. Il envoie ses données par courant porteur en ligne, c'est-à-dire par le câble électrique lui-même, jusqu'à un concentrateur installé dans le poste de transformation du quartier. C'est ce concentrateur, et lui seul, qui communique ensuite par réseau mobile avec Enedis. Les mesures publiées par l'Agence nationale des fréquences situent les champs émis très en dessous des valeurs réglementaires, loin derrière une plaque à induction.
Sur la facture, le compteur ne fait rien tout seul
C'est le malentendu le plus répandu, entretenu par des années de communication maladroite : un compteur communicant ne réduit pas la consommation. Il mesure, il ne chauffe ni ne coupe rien. Les économies viennent de ce que vous faites des relevés, et l'expérience montre que la plupart des foyers regardent leur courbe deux fois la première semaine, puis plus jamais.
L'usage qui rapporte vraiment est plus modeste. Repérez sur une journée type le palier de consommation qui subsiste la nuit, quand tout le monde dort : c'est votre talon, veilles, box, chauffe-eau, congélateur. Dans beaucoup de logements, ce talon représente une part importante de la facture annuelle et se traite avec une multiprise à interrupteur et un chauffe-eau reprogrammé. Ensuite seulement viennent les questions de tarif.
Le refuser, à quel prix
Le compteur appartient à la commune ou au syndicat d'énergie, pas à l'occupant, et la justice a jugé à plusieurs reprises qu'aucun droit au refus n'existait. Vous pouvez néanmoins retarder la pose en interdisant l'accès au compteur, quand celui-ci est à l'intérieur du logement. Depuis le 1er janvier 2023, cette position a un coût : les clients restés sur un compteur non communicant paient un supplément mensuel d'un peu plus de quatre euros, plus le déplacement d'un releveur, sauf s'ils transmettent eux-mêmes leur index régulièrement.
Reste une bonne nouvelle, souvent oubliée dans le débat : le changement de puissance souscrite se fait désormais à distance, en quelques minutes, sans intervention ni frais de déplacement. Même chose pour la mise en service lors d'un emménagement, qui demandait autrefois le passage d'un technicien et plusieurs jours d'attente. Sur ce point précis, le compteur a tenu ses promesses.
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