Est-ce que mes panneaux photovoltaïques produisent de l'électricité même en hiver ?
Oui, vos panneaux produisent en décembre, et non, ce n'est pas anecdotique : comptez tout de même quatre à cinq fois moins qu'en juin. Voici la courbe mois par mois d'une installation française moyenne, et pourquoi le froid, contrairement à ce qu'on répète, joue plutôt en votre faveur.
Le malentendu vient du mot chaleur. Un panneau photovoltaïque ne convertit pas la chaleur, il convertit la lumière. Ce qui compte, c'est le nombre d'heures d'ensoleillement utile et l'angle du soleil, deux valeurs qui s'effondrent en hiver pour des raisons purement astronomiques : le soleil se lève tard, se couche tôt et reste bas sur l'horizon.
Le froid améliore le rendement, il ne le dégrade pas
Les cellules en silicium perdent de la puissance quand elles chauffent, de l'ordre de 0,3 à 0,45 % par degré au-dessus de 25 degrés. Un panneau à 65 degrés en plein mois d'août, ce qui arrive facilement sur une toiture sombre, tourne 15 % en dessous de sa puissance nominale. Le même panneau à 5 degrés sous un ciel dégagé de janvier dépasse sa puissance de plaque.
C'est pourquoi une belle journée d'hiver, froide et sans nuage, donne des pointes de puissance instantanée parfois supérieures à celles d'un après-midi caniculaire. Ce qui manque en hiver, ce n'est pas la puissance, c'est la durée : sept heures de jour utile contre seize en juin.
Ce qui coûte vraiment de la production entre novembre et février
Les ombres portées arrivent en tête. Le soleil d'hiver culmine à une vingtaine de degrés au-dessus de l'horizon dans le nord de la France, contre plus de 60 en été. Un arbre, une souche de cheminée ou la maison voisine qui ne gênaient rien en juillet coupent la moitié du champ en décembre. Regardez votre toiture un midi de janvier, pas un midi de mai.
La neige vient ensuite, mais son effet est surestimé. Sur une toiture inclinée à 30 degrés ou plus, elle glisse en général en un ou deux jours, aidée par la chaleur résiduelle des cellules. Ce sont les installations posées à plat, sur terrasse ou au sol, qui restent bloquées plusieurs jours.
La salissure, enfin, joue à la marge. Les pluies d'automne et d'hiver lavent le gros de la poussière. Un nettoyage annuel suffit dans la plupart des cas, et grimper sur un toit gelé pour gagner 2 % de production reste un mauvais calcul.
Le vrai problème de l'hiver, c'est l'autoconsommation
La production baisse au moment précis où la consommation monte : éclairage dès 17 heures, chauffage, sèche-linge, eau chaude. Le décalage horaire est brutal, puisque la production s'arrête vers 16 h 30 en décembre alors que le pic domestique tombe entre 18 et 21 heures.
Le taux d'autoconsommation chute donc en hiver non parce qu'on produit trop peu, mais parce qu'on produit au mauvais moment. Décaler ce qui peut l'être, ballon d'eau chaude programmé à midi, lave-vaisselle et lave-linge lancés en début d'après-midi, récupère une part réelle de la production hivernale au lieu de la revendre à bas prix.
Si votre production hivernale s'effondre
Une chute nette d'une année sur l'autre à saison comparable n'est pas normale. Vérifiez d'abord le suivi de production par chaîne : si un onduleur ou un optimiseur est tombé, c'est souvent une seule chaîne qui manque. Regardez ensuite si un arbre a poussé ou si un voisin a construit. Comparez enfin avec un mois de décembre précédent, jamais avec un mois d'été, sinon la panique est garantie et injustifiée.
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