Le compteur Linky va-t-il faire exploser votre facture d'électricité ? Découvrez les vérités (choquantes) que l'on vous cache !

Un compteur ne vend pas d'électricité, il la compte. Le Linky n'a donc jamais fait monter le prix du kWh, et pourtant des milliers de foyers ont vu leur facture grimper juste après la pose. L'explication est ailleurs, et elle est plus terre à terre que les rumeurs.

Ce que le compteur mesure, et ce qu'il ne décide pas

Le Linky relève l'index de consommation et le transmet une fois par jour, par courant porteur, jusqu'à un concentrateur du poste de distribution de quartier. Enedis envoie ensuite ces index à votre fournisseur, EDF, Engie ou un autre, qui applique le prix de votre contrat.

Enedis ne vend rien et ne fixe aucun tarif : c'est le point que les articles alarmistes escamotent. Le déploiement a commencé fin 2015 et dépasse les 35 millions d'appareils posés. Si le compteur gonflait mécaniquement la consommation mesurée, on l'aurait su avec ce volume.

La vraie raison des factures qui explosent après la pose

Avant, le releveur passait deux fois par an. Entre deux passages, le fournisseur estimait votre consommation à partir de l'année précédente et lissait le tout en mensualités. Une estimation trop basse pendant trois ans, ça se rattrape d'un coup le jour où l'index réel arrive.

Le premier relevé après la pose n'invente rien, il révèle un écart qui existait déjà. Un ménage qui a ajouté un ballon d'eau chaude ou une voiture électrique sans prévenir son fournisseur payait en dessous de sa consommation réelle. La régularisation tombe, et elle ressemble à une punition.

Le point qui coince vraiment : la puissance souscrite

L'ancien compteur électromécanique tolérait les dépassements. Le four, le lave-linge et la plaque en même temps sur un abonnement 6 kVA, ça passait quelques minutes. Le Linky coupe dès que le seuil est franchi.

Résultat : des foyers qui disjonctent pour la première fois appellent leur fournisseur et passent de 6 à 9 kVA. La part fixe de l'abonnement grimpe alors de plusieurs dizaines d'euros par an. Le contrat était sous-dimensionné depuis des années sans que personne ne le voie. Sur ce point précis, oui, le passage au Linky coûte de l'argent à certains ménages, et il faut le dire.

Ce que l'appareil apporte quand on s'en sert

La courbe de charge est la fonction la plus utile, et à peu près personne ne l'active. Dans l'espace client Enedis, on autorise l'enregistrement par tranche de 30 minutes. Deux semaines plus tard apparaît le plateau permanent qui tourne la nuit : box, décodeurs, vieux congélateur au garage. Chez beaucoup de foyers, il pèse quelques centaines de kilowattheures par an.

Deuxième usage concret : vérifier vos heures creuses. Elles sont attribuées par Enedis, varient d'une commune à l'autre et ne sont pas toujours nocturnes. Programmer un lave-linge sur la mauvaise plage revient à payer le tarif fort en croyant économiser.

Refuser le compteur : ce que ça coûte depuis 2023

Le compteur appartient à la collectivité, pas à l'occupant. Refuser n'expose à aucune amende, mais depuis le 1er janvier 2023 les foyers non équipés qui ne transmettent pas eux-mêmes leur index paient un relevé spécial, de l'ordre de 8 euros tous les deux mois. Envoyer son index chaque mois via l'espace client suffit à l'éviter.

Ondes et données : où en est réellement le débat

Le Linky communique par courant porteur, sur le câble électrique existant, pas par antenne radio. L'Agence nationale des fréquences a mesuré des champs très inférieurs aux limites réglementaires, et l'Anses concluait en 2017 à une faible probabilité d'effet sanitaire.

Le sujet sérieux est ailleurs : la courbe horaire dit quand vous vous levez et quand vous rentrez. Elle n'est enregistrée qu'avec votre accord, une règle que la CNIL a rappelée plusieurs fois aux fournisseurs. L'enregistrement se coupe et l'historique s'efface depuis l'espace client.

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