Les granulés bois vont-ils enfin devenir abordables au second semestre ? Découvrez tout ce que vous devez savoir !

La baisse attendue des granulés de bois a déjà eu lieu : après le pic de l'automne 2022, la tonne est redescendue vers 350 à 450 euros livrée en vrac. Le vrai sujet n'est plus le prix du marché, c'est le mois où vous remplissez votre silo.

Ce qui s'est passé entre 2022 et 2024

À l'automne 2022, le sac de 15 kilos est passé de 4 ou 5 euros à 9, parfois 12 euros dans les enseignes de bricolage, et la palette d'une tonne a frôlé les 700 euros. Deux causes se sont additionnées : une ruée sur les appareils à granulés après la flambée du gaz, et une production française qui ne suivait pas la demande. Les usines ont depuis ouvert des lignes supplémentaires, et la tension est retombée dès le printemps 2023.

En 2024, un ménage qui commande une palette entière en dehors de la saison de chauffe paie couramment entre 5 et 6 euros le sac de 15 kilos, et la livraison en vrac par camion souffleur descend sous les 400 euros la tonne dans plusieurs régions. Le niveau reste supérieur à celui de 2019, autour de 280 euros la tonne, mais on est loin du scénario de pénurie.

La réponse à la question du second semestre

Elle est contre-intuitive : le second semestre est précisément la mauvaise période pour acheter. Les prix des granulés suivent un cycle saisonnier régulier. Le creux se situe entre avril et juillet, quand les usines produisent pour un marché à l'arrêt et cherchent à écouler leurs stocks. La remontée commence en août, s'accélère en septembre et culmine dès les premières gelées, au moment où tout le monde s'aperçoit que le silo est vide.

L'écart entre un achat de mai et un achat de novembre atteint souvent 15 à 20 % sur la même marque, chez le même distributeur. Sur trois tonnes, cela représente 150 à 250 euros. Aucune astuce de consommation ne rapporte autant qu'une commande passée six mois plus tôt.

Le stockage décide de la qualité autant que la marque

Un granulé qui prend l'humidité gonfle, s'effrite et forme des fines. Ces poussières bourrent la vis sans fin, encrassent le brûleur et déclenchent les mises en sécurité qu'on attribue ensuite au fabricant. Une palette laissée sous une bâche dans un garage humide se dégrade en un hiver.

Le stockage se fait donc au sec et sur palette, jamais à même une dalle béton, dans un local ventilé. Gardez le film plastique d'origine jusqu'à l'ouverture de chaque rangée. Pour le vrac, un silo textile en volume adapté vaut mieux qu'une pièce aménagée à la va-vite, où la poussière se dépose partout.

L'argument écologique mérite d'être précisé

Le bilan carbone du granulé tient debout : le carbone libéré à la combustion est celui que l'arbre a capté pendant sa croissance, et la matière première vient largement de connexes de scierie, sciure et copeaux, qui seraient sinon des déchets. À condition que la ressource soit gérée et que le transport reste court, l'argument est solide.

En revanche, l'idée que le chauffage au bois serait sans émission ne tient pas. Le chauffage domestique au bois reste l'une des premières sources de particules fines en France, devant le trafic routier sur ce polluant précis. Un poêle à granulés récent émet nettement moins qu'un foyer ouvert ou qu'un vieil insert des années 1980, mais il émet. C'est un progrès, pas une neutralité.

Reste la question que le titre évite : faut-il encore installer un poêle à granulés ? Si votre logement est mal isolé et chauffé à l'électricité, oui, l'écart de coût au kilowattheure reste massif. Si vous êtes déjà sur une pompe à chaleur correctement dimensionnée, le gain devient marginal, et il faut ajouter au calcul la manutention des sacs, le nettoyage hebdomadaire du creuset et le bruit de la vis d'alimentation. Ce sont ces détails-là, plus que le cours de la tonne, qui font les regrets.

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