Pellets : Comment bien choisir le type le moins cher ?
Le prix affiché sur une palette de granulés ne veut rien dire tant qu'on ne l'a pas ramené au kilowattheure. Un sac de 15 kg à 5 euros et une livraison en vrac à 380 euros la tonne, ce n'est pas le même combustible payé au même prix, et l'écart entre les deux atteint facilement 200 euros par hiver.
Un granulé de bois correct restitue entre 4,6 et 4,9 kWh par kilo, soit environ 4 700 kWh par tonne. Divisez le prix de la tonne livrée par ce chiffre et vous obtenez votre coût du kilowattheure. Une tonne à 380 euros revient à 8,1 centimes, la même à 450 euros monte à 9,6. Face aux 25 centimes de l'électricité en heures pleines, le granulé reste intéressant, mais l'écart entre deux fournisseurs saute aux yeux dès qu'on fait cette division.
Le sac ou le vrac, la vraie ligne de partage
Acheté à la palette de 66 sacs, soit 990 kg, le granulé se paie entre 350 et 450 euros la tonne selon la saison. En vrac soufflé par camion citerne, le tarif descend de 30 à 60 euros la tonne, à condition de commander au moins deux tonnes et de disposer d'un silo. Le silo textile de 3 tonnes coûte 900 à 1 500 euros posé : il se rembourse en cinq à sept saisons pour un foyer qui consomme deux tonnes par an.
Pour un poêle d'appoint qui brûle 600 kg dans l'hiver, la question ne se pose pas : c'est la palette. Pour une chaudière qui avale 4 à 6 tonnes, le vrac s'impose.
Le mois d'achat pèse plus que la marque
La saisonnalité du marché est franche. Les tarifs les plus bas tombent entre mai et juillet, quand les producteurs écoulent leur stock d'été. À partir de septembre, la demande remonte et les prix suivent, avec des pointes en janvier lors des vagues de froid. La flambée de l'automne 2022, où la tonne a dépassé 600 euros dans certaines régions, l'a rappelé brutalement à ceux qui commandaient au dernier moment.
La certification, ce qu'elle garantit et ce qu'elle ne garantit pas
Trois labels circulent en France : ENplus A1, DINplus et NF Biocombustibles solides. Tous imposent une humidité sous 10 %, un taux de cendres sous 0,7 % et un diamètre régulier de 6 mm. Un granulé non certifié coûte 20 à 40 euros de moins la tonne, et ce que vous économisez part en cendres à vider et en encrassement du brûleur.
Ce que le label ne dit pas, c'est l'essence utilisée. Le résineux dégage un peu plus de chaleur au kilo, le feuillu brûle plus lentement. L'écart de rendement reste marginal, autour de 2 %. Ne payez pas de supplément pour un mélange présenté comme premium sans chiffre à l'appui.
Un poêle mal réglé annule l'économie
Le meilleur granulé du marché ne compense pas un appareil encrassé. Le creuset se vide chaque semaine en pleine saison, l'échangeur une fois par mois, et le ramonage du conduit reste obligatoire une à deux fois par an selon le règlement sanitaire départemental. Un poêle entretenu tient 88 à 92 % de rendement. Négligé une saison, il tombe sous 80 : l'équivalent de 300 kg de granulés partis par la cheminée.
La comparaison entre fournisseurs se fait donc toujours sur le prix livré à domicile, ramené au kilowattheure, avec le label vérifié sur le sac. Le reste relève de l'argumentaire.
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