Pompes à chaleur : comment dire adieu au bruit pour des nuits paisibles ?
Le bruit d'une pompe à chaleur se joue à l'implantation bien plus qu'à l'achat. Deux modèles annoncés au même niveau sonore peuvent finir l'un inaudible, l'autre à l'origine d'une plainte de voisinage, selon l'endroit où l'installateur a posé l'unité extérieure et ce qu'il y a en face.
C'est la première chose à comprendre avant de comparer des fiches techniques. Une unité extérieure de pompe à chaleur air-eau tourne entre 45 et 60 décibels à un mètre. Placée au fond d'un jardin, face à une haie, à quinze mètres de la chambre, personne ne l'entend. Collée contre un mur de refend, sous une fenêtre, dans une courette entourée de trois façades, la même machine devient insupportable. La physique ne laisse pas beaucoup de marge : en champ libre, le niveau sonore perd 6 décibels à chaque fois que la distance double, mais une paroi dure réfléchit le son au lieu de l'absorber.
Pourquoi une pompe à chaleur fait du bruit
Trois sources se cumulent, et elles ne se traitent pas de la même façon. Le compresseur produit un ronronnement grave et continu, transmis en partie par la structure sur laquelle repose l'appareil. Le ventilateur génère un souffle plus aigu, dont l'intensité varie avec la vitesse de rotation. Enfin, les vibrations mécaniques se propagent dans la dalle, le mur ou les tuyauteries, et ressortent parfois à l'intérieur du logement, loin de l'unité elle-même.
Ce troisième canal est le plus sournois. Une pompe à chaleur fixée en applique sur un mur de maison ancienne peut se faire entendre dans une chambre située à l'étage, de l'autre côté du bâtiment, alors que dehors elle paraît discrète. Le bruit voyage par les matériaux, pas seulement par l'air.
Le mode dégivrage, celui qu'on oublie
Par temps froid et humide, entre zéro et sept degrés, l'échangeur extérieur se couvre de givre et la machine inverse son cycle pour le faire fondre. Le ventilateur s'arrête, le compresseur change de régime, on entend parfois un claquement de la vanne quatre voies, puis un souffle plus fort au redémarrage. Ces séquences durent quelques minutes et reviennent toutes les quarante à quatre-vingts minutes. Elles surviennent surtout au petit matin, quand le fond sonore du quartier est au plus bas. Beaucoup de conflits de voisinage naissent exactement là.
Lire les décibels annoncés sans se faire avoir
Un fabricant qui affiche 38 décibels ne ment pas forcément, mais il faut savoir de quel chiffre il parle. La puissance acoustique, notée Lw, décrit ce que la machine émet globalement. La pression acoustique, notée Lp, décrit ce qu'on entend à une distance donnée, généralement un ou cinq mètres. L'écart entre les deux atteint couramment 10 à 12 décibels. Comparer une puissance acoustique d'une marque à une pression acoustique d'une autre n'a aucun sens.
Vérifiez aussi le régime auquel la mesure a été faite. Beaucoup de valeurs séduisantes correspondent au mode nuit, à charge partielle, par température extérieure douce. Le chiffre qui vous intéresse est celui à pleine puissance, par moins sept degrés, c'est-à-dire le jour où la machine tourne au maximum et où vos fenêtres sont fermées mais où le voisin dort quand même.
Poser la machine au bon endroit
La distance reste le levier le moins cher. Éloigner l'unité extérieure de quelques mètres des ouvrants de chambre, chez vous comme chez le voisin, coûte le prix de quelques mètres de liaison frigorifique et fait gagner davantage que n'importe quel accessoire acoustique.
Évitez les angles rentrants, les courettes fermées et les recoins entre deux murs : le son y est renvoyé de paroi en paroi et s'y additionne. Orientez la sortie du ventilateur vers un espace ouvert, un jardin, une haie, jamais vers une façade réfléchissante située à moins de trois mètres. Et posez l'appareil sur des plots béton indépendants de la dalle, avec des silentblocs sous les pieds, plutôt qu'en applique murale : c'est ce qui coupe la transmission solidienne.
Les liaisons hydrauliques méritent le même soin. Un tuyau rigide traversant un mur sans manchon souple transmet les vibrations à toute la maçonnerie. Un simple passage désolidarisé règle le problème pour quelques euros de matériel.
Corriger une installation déjà bruyante
Si la machine est en place et qu'elle dérange, commencez par le plus simple. Activez le mode nuit s'il existe : il bride la vitesse du ventilateur et la fréquence du compresseur sur une plage horaire programmée, au prix d'une puissance de chauffage un peu moindre. Sur la plupart des modèles récents, ce réglage se trouve dans le menu installateur et n'a jamais été activé.
Vérifiez ensuite la fixation. Des silentblocs écrasés, un support qui a pris du jeu, une hélice légèrement déséquilibrée par un choc ou par des feuilles accumulées produisent des vibrations qui n'ont rien à voir avec le bruit nominal de l'appareil. Un nettoyage de l'échangeur et un contrôle du serrage règlent une partie des cas.
Si le bruit persiste, la palissade acoustique reste la solution la plus efficace. Elle doit être pleine, sans jour entre les lames, plus haute que la machine, et placée au plus près de la source ou au plus près du point à protéger, jamais à mi-distance. Un panneau de béton ou de bois massif de deux mètres bien positionné fait gagner 8 à 10 décibels perçus.
Avant de signer le devis
Demandez à l'installateur où il compte poser l'unité extérieure et pourquoi, puis allez voir l'emplacement avec lui. Repérez la fenêtre de chambre la plus proche, la vôtre et celle d'à côté. Un professionnel sérieux acceptera de déplacer le point de pose de quelques mètres, et il connaîtra la règle des 3 décibels d'émergence nocturne. Celui qui balaie la question d'un revers de main vous prépare un litige.
Il existe des kits de mesure et des acousticiens, mais dans la majorité des cas le bon sens suffit : une machine loin des chambres, sur des plots, face à un espace dégagé, avec le mode nuit activé, ne pose aucun problème.
Résumer cet article avec :
Partager :