Pourquoi devriez-vous absolument installer un récupérateur d'eau de pluie dans votre jardin ? Découvrez les avantages incroyables !

Un récupérateur d'eau de pluie de 300 litres posé sous une gouttière fait économiser une dizaine d'euros par an sur la facture, pas davantage. Son intérêt réel est ailleurs : arroser quand l'arrêté sécheresse interdit le tuyau, et donner aux plantes une eau sans calcaire.

Autant l'écrire tout de suite, parce que les brochures commerciales entretiennent le flou : au prix moyen de l'eau en France, autour de 4,30 euros le mètre cube assainissement compris, il faut sortir beaucoup de mètres cubes de sa cuve avant de rentabiliser quoi que ce soit. Le calcul se fait en trois lignes et il vaut mieux le faire avant l'achat.

Combien votre toit peut réellement collecter

La formule est simple : surface de toiture en projection au sol, multipliée par la pluviométrie annuelle en mètres, multipliée par un rendement d'environ 0,8 qui tient compte de l'évaporation, des mousses et de ce que le filtre laisse partir au trop-plein.

Une maison de 100 m² au sol dans une région recevant 700 mm par an récupère donc autour de 55 m³ d'eau sur l'année. Sauf que rien ne tombe au bon moment : le gros des précipitations arrive en automne et en hiver, quand le jardin n'a besoin de rien, et la cuve est vide en juillet si elle est petite. C'est le volume de stockage qui limite, pas la pluie.

Ce que la loi autorise, et ce qu'elle interdit

Dehors, l'eau de pluie s'utilise librement : arrosage, lavage de voiture, nettoyage de terrasse. À l'intérieur, l'arrêté du 21 août 2008 encadre strictement les choses. Les toilettes et le lavage des sols sont admis, le lave-linge seulement avec un traitement adapté. La boisson, la cuisine, la vaisselle et l'hygiène corporelle restent interdites.

Un raccordement intérieur impose un réseau totalement séparé de celui de l'eau potable, des canalisations repérées, des robinets signalés comme non potables et verrouillables, ainsi qu'une déclaration en mairie dès qu'il y a rejet vers l'égout. Les règles ont bougé ces dernières années : vérifiez l'état du droit auprès de votre commune avant de percer un mur.

Dimensionner sans se tromper

Usage jardin d'appoint 200 à 500 L, cuve aérienne sur socle, à vidanger avant les gelées
Potager et massifs, saison complète 1 000 à 2 000 L, plusieurs fûts reliés en cascade si la place manque
Toilettes et lave-linge 3 000 à 6 000 L enterrés, pompe, filtration, réseau séparé, déclaration en mairie
Matériau Polyéthylène pour l'aérien, béton pour l'enterré, ce dernier neutralisant l'acidité de l'eau

La règle empirique des installateurs consiste à viser trois semaines de consommation, ce qui correspond à la durée moyenne d'un épisode sec en France métropolitaine. Au-delà, l'eau stagne et se charge en bactéries ; en deçà, la cuve déborde au premier orage.

Entretenir, sinon la cuve tourne

Une cuve fermée, opaque et munie d'une moustiquaire à l'entrée coupe court à deux problèmes : les algues, qui prolifèrent dès que la lumière entre, et les moustiques, qui pondent dans les fûts ouverts en quelques jours l'été. Le filtre de gouttière se nettoie deux à trois fois par an, davantage sous les arbres.

Prévoyez un trop-plein raccordé vers un point d'infiltration ou l'égout pluvial, sans quoi le débordement finit contre les fondations. Vidangez et rincez la cuve une fois par an, en fin d'hiver de préférence, et contrôlez la stabilité du support : mille litres pèsent une tonne, un fût plein qui bascule sur un enfant ne pardonne pas.

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