Quel type de panneau solaire est fait pour vous ?
Photovoltaïque ou thermique : la question du type de panneau solaire se règle en une phrase, selon que vous voulez de l'électricité ou de l'eau chaude. Le reste du choix, marque, puissance, orientation, vient après, et se trompe beaucoup plus souvent.
Les deux technologies partagent un toit et rien d'autre. Un panneau photovoltaïque contient des cellules de silicium qui transforment le rayonnement en courant continu, converti ensuite en alternatif par un onduleur. Un panneau thermique contient un absorbeur noir et un serpentin dans lequel circule un fluide caloporteur : il chauffe de l'eau, il ne produit pas un ampère. Les deux se posent sur le même toit, se financent avec des aides différentes et répondent à des besoins qui ne se recouvrent pas.
Ce que le photovoltaïque rapporte vraiment
En France métropolitaine, un kilowatt-crête installé produit entre 900 kWh par an dans le Nord et 1 400 kWh sur le pourtour méditerranéen. Une installation domestique typique de 3 kWc génère donc 3 000 à 4 000 kWh par an, l'équivalent de la consommation électrique hors chauffage d'un foyer de quatre personnes.
Le piège est ailleurs. Cette production arrive en milieu de journée, quand la maison est souvent vide. Sans batterie ni pilotage, le taux d'autoconsommation plafonne autour de 30 %, le reste part sur le réseau à un tarif de rachat bien inférieur au prix auquel vous rachetez le soir. Décaler le lave-linge, le lave-vaisselle et la chauffe du ballon d'eau chaude en pleine journée fait plus pour la rentabilité que n'importe quel supplément de puissance.
Marques et durée de vie : attention aux listes périmées
Beaucoup de comparatifs recommandent encore des fabricants qui ont quitté le marché. SolarWorld a été liquidé en 2018, et LG a arrêté sa production de panneaux solaires en juin 2022 pour se recentrer sur d'autres activités. Citer ces noms aujourd'hui, c'est envoyer l'acheteur vers des garanties sans garant.
Le paysage actuel est dominé par les fabricants chinois, avec quelques acteurs européens sur des segments haut de gamme. Plutôt que de chasser une marque, regardez trois lignes du devis : la garantie produit, entre 12 et 25 ans selon les gammes ; la garantie de performance, qui doit assurer au moins 85 % de la puissance initiale au bout de 25 ans ; et l'onduleur, garanti 5 à 12 ans, qu'il faudra probablement remplacer une fois dans la vie de l'installation.
Les panneaux eux mêmes vieillissent lentement, en perdant environ 0,5 % de rendement par an. Ce n'est jamais le module qui lâche en premier.
Entretien et démarches
Un panneau incliné de plus de 15 degrés se nettoie largement à la pluie. Un lavage à l'eau claire tous les deux ou trois ans suffit dans la plupart des cas, sauf proximité d'un axe routier, d'une exploitation agricole ou d'arbres à résine. Les contrats de nettoyage annuel démarchés par téléphone n'apportent presque rien.
Côté administratif, comptez une déclaration préalable de travaux en mairie pour une pose en toiture, un mois d'instruction, et l'avis de l'architecte des Bâtiments de France si vous êtes en secteur protégé. Le raccordement au réseau passe ensuite par Enedis, avec un délai qui se compte en semaines. Prévoir large sur le calendrier évite les mauvaises surprises entre la signature du devis et la première production.
Dernier point, celui qui décide de tout : faites établir au moins trois devis et comparez les au prix du kilowatt-crête installé, pas au montant total. Sur une même installation de 3 kWc, les écarts entre installateurs dépassent régulièrement 40 %.
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