Sexualité pour les seniors : la vie ne s'arrête pas !

la sexualité chez les seniors

Après 60 ans, ce qui gêne la vie sexuelle porte presque toujours un nom médical : sécheresse vaginale, trouble de l'érection, effet secondaire d'un traitement, douleur articulaire. Autant de choses qui se soignent, et qui restent pourtant rarement dites en consultation, de part et d'autre du bureau.

Ce silence coûte cher. Il transforme un problème identifié et traitable en renoncement définitif, souvent présenté comme un effet naturel de l'âge. C'est ce mécanisme, plus que la biologie, qui met fin à la plupart des vies sexuelles après la soixantaine.

Chez la femme : ce que la ménopause change vraiment

La chute des oestrogènes amincit et assèche la muqueuse vaginale. Les gynécologues parlent de syndrome génito-urinaire de la ménopause, une appellation peu séduisante pour un ensemble très concret : sensation de brûlure, tiraillements, rapports douloureux, parfois infections urinaires à répétition. La douleur s'installe, l'appréhension suit, le désir se retire pour éviter la douleur. La boucle se referme en quelques mois.

Elle s'ouvre tout aussi vite. Les hydratants vaginaux s'utilisent deux ou trois fois par semaine, indépendamment des rapports, et restaurent la souplesse des tissus. Les lubrifiants agissent sur l'instant, les formules à base d'eau restant compatibles avec le préservatif, contrairement aux corps gras. En cas d'atrophie marquée, un traitement hormonal local, sous forme d'ovules ou de crème, agit sur la muqueuse avec un passage sanguin minime : il se discute même chez des femmes qui refusent un traitement hormonal général.

La baisse de libido observée à cette période mélange plusieurs causes. Les hormones y participent, la fatigue et le stress aussi, et l'humeur du moment davantage qu'on ne le croit. On retrouve ici ce qui se joue lors d'une grossesse et de la recherche d'un vrai confort au repos : le corps change de règles, et il faut du temps pour les réapprendre à deux.

Chez l'homme : l'érection comme signal d'alarme

La testostérone décline lentement à partir de la quarantaine, de l'ordre de quelques pour cent par an, ce qui n'a rien à voir avec la bascule hormonale féminine. Ce déclin progressif n'explique presque jamais à lui seul un trouble de l'érection survenu en quelques mois.

Ce qui l'explique, en revanche, tient en une liste courte : hypertension, diabète, excès de cholestérol, tabac. Les artères du pénis ont un petit calibre, elles s'abîment avant les coronaires. Une dysfonction érectile qui apparaît chez un homme de 55 ou 60 ans est donc considérée par les cardiologues comme un signe d'alerte vasculaire, parfois plusieurs années avant un accident cardiaque. C'est la meilleure raison de consulter, et elle n'a rien à voir avec la sexualité.

Les médicaments courants pèsent aussi lourd. Certains antihypertenseurs, plusieurs antidépresseurs, des traitements de la prostate agissent sur l'érection ou sur le désir. Un ajustement de dose ou un changement de molécule règle parfois la situation, mais cela suppose d'en parler plutôt que d'arrêter le traitement dans son coin.

Ce qui change avec le temps, et qu'il faut accepter

Couple de seniors complices assis côte à côte sur un canapé

Quelques évolutions ne relèvent d'aucune pathologie et ne se corrigent pas. L'érection demande une stimulation directe plutôt que la simple pensée, elle est parfois moins ferme sans empêcher le rapport. L'éjaculation devient moins abondante, l'envie moins impérieuse. La période réfractaire, ce délai avant qu'un nouveau rapport soit possible, s'allonge : quelques minutes à vingt ans, souvent un jour ou deux à soixante-dix.

Beaucoup de couples racontent que la sexualité devient à cette période plus lente et moins centrée sur la pénétration. Ce n'est pas un lot de consolation : c'est ce que décrivent les personnes concernées quand on prend la peine de les interroger.

Les infections sexuellement transmissibles ne connaissent pas l'âge

La contraception n'est plus un sujet après la ménopause, la protection reste un sujet. Les nouveaux couples se forment nombreux après 60 ans, souvent après un veuvage ou une séparation, et le préservatif disparaît des habitudes en même temps que le risque de grossesse. La sécheresse des muqueuses facilite les microlésions, donc la transmission. Un dépistage au moment d'un nouveau partenaire est un réflexe simple, gratuit dans les centres de santé sexuelle, et sans aucun caractère infamant.

Comment amener le sujet chez le médecin

Peu de généralistes ouvrent la discussion, par pudeur ou faute de temps. À vous de le faire, et une phrase suffit : dites que les rapports sont devenus douloureux, ou que l'érection ne tient plus, en fin de consultation plutôt qu'en préambule si cela vous met plus à l'aise. Apportez la liste de vos traitements, c'est souvent là que se trouve la réponse.

Si le sujet est mal reçu, changez d'interlocuteur : gynécologue, urologue, sexologue, sage-femme pour le versant féminin. Le sujet est traité tous les jours dans ces cabinets. Quelques habitudes aident en parallèle, sans miracle : arrêter le tabac améliore la vascularisation, limiter l'alcool évite un effet direct sur l'érection, et marcher trente minutes par jour entretient l'endurance et l'humeur autant que les muscles.

La vie sexuelle après 60 ans ressemble à tout le reste de la santé à cet âge : elle demande un peu d'entretien, quelques ajustements et une conversation franche avec un médecin. Sur un tout autre registre, notre dossier consacré au choix du type de panneaux solaires vous attend si votre projet du moment est plutôt sur le toit que sous la couette.

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