Comment redonner son éclat d'origine à sa sellerie marine avec une teinture

Le produit vendu comme teinture pour skaï est en réalité une peinture souple pigmentée, qui se dépose sur le revêtement au lieu de l'imprégner. La nuance a des conséquences très concrètes sur la préparation des sièges, sur le temps que ça prend et sur la durée de vie du résultat.

Un bateau de plaisance qui sort de saison arrive au chantier d'hivernage avec des assises grisées, craquelées sur les arêtes, parfois vertes de moisissure dans les coutures. Refaire tailler des housses coûte plusieurs centaines d'euros par siège. Repeindre coûte le prix de deux ou trois aérosols et un week-end de travail. C'est un bon calcul, à condition de ne pas se tromper de produit à l'étape du dégraissage.

Ce que le skaï supporte, et ce qui le détruit

Le skaï est un tissu enduit de PVC souple, tenu par des plastifiants qui lui donnent sa main. Le soleil et le sel font partir ces plastifiants : la matière durcit, blanchit, puis se fend au pli. Une peinture ne répare pas un skaï devenu cassant, elle masque un vieillissement de surface.

Deuxième point où ça coince : le ponçage. Sur un mur, on ponce pour accrocher. Sur du skaï, un abrasif un peu trop agressif ouvre l'enduit et vous verrez la trame du tissu apparaître par transparence après séchage. Un tampon abrasif fin passé sans appuyer, juste pour matifier le brillant, suffit largement.

Nettoyer, réparer, puis seulement peindre

Aspirez d'abord les coutures, c'est là que se logent le sable et les miettes qui ressortiront dans la peinture. Lavez ensuite à l'eau tiède et au savon, en insistant sur les taches de crème solaire, qui sont grasses et qui font des cratères dans la couche fraîche si on les laisse. La moisissure part avec une solution d'eau javellisée très diluée, rincée aussitôt.

Les accrocs et les griffures se traitent avant, avec un mastic souple spécial vinyle. On l'applique à la spatule en couches minces, on laisse durcir, on égalise. Un mastic rigide de carrosserie ne tiendra pas : il se fissure au premier appui de la cuisse. Une fois le mastic sec et la surface dégraissée, laissez les sièges sécher au moins une nuit dans un local ventilé.

Une question revient souvent : faut-il démonter les assises ? Oui, dès que c'est possible. Quatre vis sous le socle, dix minutes, et vous peignez à plat, dans un garage, à l'abri du vent et de la poussière. Peindre en place sur un bateau au sec, c'est du masquage partout et des coulures dans les angles.

Poser la couleur

La peinture existe en aérosol ou en bidon à diluer et à pulvériser au pistolet. L'aérosol est plus simple pour deux ou trois banquettes, le pistolet devient intéressant au-delà. Dans les deux cas, faites un essai sur un carton, puis sur une zone cachée du siège : les teintes de vinyle marin virent souvent plus jaune ou plus gris que sur le nuancier.

Travaillez entre 15 et 25 degrés, à distance constante, en croisant les passes. Deux couches fines valent mieux qu'une épaisse, qui craquellera au premier pli. Laissez la matière tirer entre les deux. Le même principe s'applique d'ailleurs au mobilier de terrasse, si vous rénovez du mobilier de terrasse de restaurant acheté d'occasion, qui utilise très souvent le même type de revêtement.

Profitez de l'hivernage pour faire le tour du reste du bord pendant que la peinture sèche : contrôle des sangles, des fermetures éclair des taud, de l'électricité. C'est souvent à ce moment qu'on se rend compte qu'il faut aussi choisir un adaptateur universel adapté pour brancher ses appareils sur les prises de ponton.

Un dernier avis, franchement : si le skaï se déchire quand vous appuyez avec l'ongle, ne peignez pas. La matière est morte, la peinture partira avec elle en quelques mois. Là, il faut refaire les housses, et autant le savoir avant d'avoir acheté les aérosols.

Banquette de bateau en skaï repeinte, avec aérosol et tampon abrasif posés à côté

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