Top produit : le casque nomade Bose Headphones 700
Le Bose Headphones 700 est sorti en juin 2019 à 399,95 euros, et c’est précisément parce qu’il a vieilli qu’il redevient intéressant : on le trouve aujourd’hui bien en dessous de son tarif de lancement, avec une réduction de bruit qui tient encore la comparaison. Reste à savoir sur quels points il a pris un coup de vieux.
La question mérite d’être posée franchement, parce que le discours marketing autour de ce casque a longtemps raconté l’inverse de la réalité. Ce n’était pas un casque « à prix abordable » : à sa sortie, c’était l’un des plus chers du rayon, plus cher que le Sony WH-1000XM3 qu’il visait. Son intérêt d’aujourd’hui vient d’ailleurs.
D’où vient Bose, et pourquoi la marque s’est fait rattraper
Bose n’a pas inventé la réduction de bruit par hasard. La marque travaille le sujet depuis la fin des années 1980 sur des casques d’aviation, avant de sortir le premier QuietComfort grand public en 2000, puis le QuietComfort 2 en 2003. Pendant une décennie, elle a été à peu près seule sur ce créneau, et le QC15 puis le QC25 se sont imposés comme le réflexe des voyageurs fréquents.
Le décrochage est venu du rythme. Sony a pris l’habitude de sortir un nouveau modèle chaque année ou presque : WH-1000XM3 en 2018, XM4 en 2020, XM5 en 2022. Bose espace davantage ses sorties, ce qui donne des produits mûrs mais laisse au concurrent le temps de creuser l’écart sur les fonctions logicielles. Microsoft avec ses Surface Headphones et Jabra avec l’Elite 85h ont fini par occuper le terrain intermédiaire.
Un design de rupture, qui n’a pas fait que des heureux
Bose a tout redessiné par rapport au QuietComfort 35. Là où l’ancien modèle empilait les charnières, les bras articulés et les plastiques mats, le 700 repose sur un arceau d’une seule pièce en acier inoxydable, sur lequel les écouteurs coulissent au lieu de se déplier. Il n’y a plus de bras visibles, plus de crans de réglage apparents, plus de croisillon métallique.
Le résultat est propre et se reconnaît de loin, ce qui reste vrai six ans après. Les commandes physiques ont presque disparu au profit d’une surface tactile sur l’écouteur droit, avec seulement trois boutons conservés sur les tranches : marche, appairage, niveau de réduction de bruit et assistant vocal.
Le sacrifice, lui, est réel. Le casque ne se plie plus. Les écouteurs pivotent à 90 degrés pour se poser à plat, mais l’étui de transport reste large et plat, difficile à glisser dans un sac déjà rempli. Pour quelqu’un qui prend le train tous les jours, c’est un vrai point négatif, et le QuietComfort 45 sorti en 2021 est revenu à un format pliant pour cette raison.
- Arceau en acier inoxydable, mousse en silicone sur la partie basse ;
- Écouteurs coulissants, sans crans visibles, rotation à plat ;
- Surface tactile sur l’oreillette droite pour la lecture, le volume et les appels ;
- Prise casque au format 2,5 mm côté casque, câble fourni vers un jack 3,5 mm ;
- Recharge par USB-C, ce qui était encore rare sur les casques de 2019.
La réduction de bruit, réglable sur onze crans
Le filtrage se pilote de 0 à 10 depuis l’application ou depuis le bouton gauche. Le niveau 10 coupe presque tout le ronronnement grave : moteur d’avion, climatisation, roulement d’un TGV. Comme toujours, les voix et les aigus passent davantage, aucun casque ne les efface complètement.
Le niveau 0 fait office de mode transparence, et c’est l’un des plus naturels qu’on ait entendus sur cette génération. On garde le casque sur les oreilles pour commander un café sans avoir l’impression d’écouter le monde à travers un micro. Le passage d’un niveau à l’autre se fait sans à-coup ni souffle.
Sur la restitution sonore, Bose est resté fidèle à sa signature : des basses présentes mais tenues, un médium en avant qui flatte la voix, des aigus adoucis. Les amateurs de détail trouveront le rendu trop poli, ceux qui écoutent de la pop et des podcasts huit heures par jour apprécieront de ne pas avoir mal aux oreilles en fin de journée. Le poids, 250 grammes environ, est bien réparti sur l’arceau.
Une bonne ergonomie avec le casque Bose Headphone 700 noise cancelling
En usage quotidien, le casque bascule sans histoire entre un ordinateur et un téléphone, avec deux appareils connectés en même temps. Le câble jack sert de secours quand la batterie est vide ou quand la prise casque de l’avion refuse le Bluetooth, et la réduction de bruit fonctionne en mode filaire tant qu’il reste de la charge.
L’accès à Spotify par appui long sur l’oreillette droite existe toujours, mais il reste réservé aux appareils iOS. Sur Android, il faut se rabattre sur l’Assistant Google ou sur Alexa, également pris en charge. C’est le genre de fonction qui vieillit mal : elle dépend d’accords entre marques qui évoluent sans prévenir.
Face au QuietComfort 35 II, l’ancien best-seller de la marque
La comparaison revient sans arrêt chez les acheteurs, parce que les deux modèles cohabitent en occasion à des tarifs voisins. Le QC35 II, sorti en 2017, se plie, se range dans un étui compact, tient 20 heures lui aussi et se recharge en micro-USB. Son confort de port reste la référence de la marque : coussinets épais, pression très faible sur les tempes, on l’oublie au bout d’une heure.
Le 700 le dépasse sur trois terrains : la qualité des appels, le réglage fin de la réduction de bruit et la connectique moderne en USB-C. Il perd sur le rangement et, de peu, sur le confort après quatre heures de port. Le choix se fait donc sur l’usage réel plutôt que sur la fiche technique : bureau partagé et visioconférences d’un côté, longs vols et trajets de l’autre.
Autonomie, entretien et ce qui use vraiment un casque
Vingt heures annoncées correspondent à peu près à ce qu’on mesure en usage courant, réduction de bruit active et volume moyen. Comptez trois semaines entre deux charges pour un usage de deux heures par jour. La batterie, elle, n’est pas remplaçable par l’utilisateur : au bout de quatre ou cinq ans, l’autonomie tombe et il faut passer par une réparation, ce qui reste le talon d’Achille de tous les casques Bluetooth, marques confondues.
Deux gestes rallongent la vie de l’objet. Éviter de le laisser dans une voiture en plein été, parce que la chaleur abîme la batterie plus vite que n’importe quel usage. Et le charger autour de 50 % quand il doit rester inutilisé plusieurs mois, plutôt que de le ranger à plat ou à 100 %.
Le vrai sujet : combien ça vaut aujourd’hui
Le tarif catalogue de 2019 n’a plus aucun sens. Ce casque se négocie désormais autour de la moitié de son prix de lancement en neuf déstocké, et nettement moins en reconditionné avec garantie. À ce niveau-là, il devient un achat sensé face aux modèles récents vendus 350 à 450 euros, à condition d’accepter deux compromis : pas de pliage, et une application moins riche que celle de Sony.
Mis en regard des budgets high-tech du moment, l’ordre de grandeur parle de lui-même : un casque à moins de 200 euros représente moins d’un cinquième de ce que coûte un téléphone haut de gamme, comme le montre notre relevé du prix des modèles d’iPhone 14 en France. Sur la durée d’usage, c’est probablement l’achat audio le plus rentable qu’on puisse faire.
Mon avis, pour finir : achetez-le si vous téléphonez beaucoup et si vous voyagez avec un sac assez grand. Passez votre chemin si vous cherchez le meilleur son de la catégorie ou si vous rangez votre casque dans une poche de manteau. Le Headphones 700 n’est plus la référence qu’il prétendait être en 2019, il est devenu autre chose : un bon casque de travail, bradé.
Qu'il est loin le temps où Bose régnait sans partage sur le royaume des casques à réduction de bruit. Pour rester dans la course face à une concurrence féroce, le constructeur lance le Headphones 700. Un digne successeur pour le très éminent QC 35 ?
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