Que faut-il savoir sur les ultrasons contre la cellulite ?

Dix séances à 100 ou 300 euros, soit 1 000 à 3 000 euros pour quelques centimètres de tour de cuisse : la cavitation par ultrasons se juge d'abord au rapport entre ce qu'elle coûte et ce qu'elle rend, et ce rapport dépend entièrement du type de cellulite qu'on lui présente.

La technique agit sur la graisse localisée et sur la cellulite adipeuse, celle qui est molle et qui apparaît au pincement. Sur une cellulite fibreuse, dure et douloureuse, elle ne fait rien : les ondes traversent le tissu sans casser les cloisons de collagène qui créent le relief. Payer dix séances pour ce type de capitons revient à financer une séance de relaxation à 200 euros.

Voici comment le procédé fonctionne, ce qu'on peut en attendre chiffre en main, et les points sur lesquels les instituts entretiennent une confusion.

Ce que les ultrasons font aux cellules graisseuses

La cavitation utilise des ultrasons de basse fréquence, autour de 30 à 40 kHz. Dans le liquide qui entoure les adipocytes, ces ondes créent des microbulles qui grossissent puis implosent. L'onde de choc de ces implosions fragilise la membrane des cellules graisseuses, qui libèrent leur contenu. Les triglycérides passent alors dans le système lymphatique, puis dans le foie, qui les traite comme n'importe quelle graisse alimentaire.

Deux conséquences pratiques découlent de ce mécanisme. La première : sans drainage derrière, le bénéfice s'évapore, ce qui explique que la séance soit presque toujours couplée à une pressothérapie ou à un massage. La seconde : le foie encaisse une charge lipidique inhabituelle, raison pour laquelle un bilan hépatique perturbé ou un cholestérol élevé contre-indique la méthode.

Attention à ne pas confondre avec les HIFU, les ultrasons focalisés de haute intensité. Ceux-là chauffent une cible précise à 60 degrés pour détruire définitivement les adipocytes ou retendre le SMAS du visage. Rien à voir en termes de puissance, de prix et de risques, alors que le mot ultrasons figure sur les deux vitrines.

Une séance, minute par minute

On s'allonge sur une table, la praticienne applique un gel conducteur en couche épaisse sur la zone, puis promène une tête émettrice par mouvements lents et circulaires. La séance dure de 30 à 60 minutes selon la surface.

Contrairement à ce qu'on lit souvent, aucune anesthésie n'est pratiquée : la cavitation est indolore par nature, et poser une crème anesthésiante sur une technique non invasive n'aurait aucun sens. Ce qu'on ressent, c'est un sifflement aigu dans l'oreille interne, désagréable pour certaines, et une chaleur douce. Rien de plus.

L'électrostimulation vient parfois compléter, pour provoquer des contractions musculaires et augmenter la consommation locale. Elle ne remplace pas un entraînement : quarante minutes de courants ne valent pas quarante minutes de vélo, quoi qu'en dise la brochure.

Après la séance, boire abondamment et bouger dans les heures qui suivent servent le résultat, puisque les graisses libérées doivent être transportées puis brûlées. Une marche rapide de trente minutes en sortant vaut mieux qu'un retour direct au bureau.

Les limites et les contre-indications

La cavitation ne traite pas le surpoids. Sur une masse grasse élevée, elle déplace quelques centaines de grammes sans rien changer à la silhouette. Elle ne resserre pas non plus la peau : sur un tissu déjà relâché, vider les logettes peut même accentuer le flottement, ce qui pousse certains cabinets à associer une radiofréquence.

Le résultat n'est pas définitif. Les adipocytes lésés ne reviennent pas, mais ceux qui restent se remplissent si l'apport calorique repart à la hausse. Sans changement d'habitudes, tout est repris en un an.

Les contre-indications sont nettes : grossesse et allaitement, pacemaker ou implant métallique dans la zone, insuffisance hépatique ou rénale, hypercholestérolémie non contrôlée, diabète mal équilibré, cancer évolutif, épilepsie. Les affections cutanées en poussée, psoriasis, eczéma, écartent aussi le traitement de la zone concernée. Une femme qui vient d'accoucher a tout intérêt à attendre, et à commencer par une routine de soins contre les vergetures de la grossesse, qui coûte le prix d'un flacon d'huile.

À qui s'adresser

Médecins esthétiques, dermatologues et kinésithérapeutes pratiquent la cavitation, mais le gros de l'offre vient des instituts de beauté, où la formation se résume parfois à deux jours chez le fabricant. Demandez la marque de l'appareil, son marquage CE médical, et refusez tout forfait de dix séances payé d'avance avant d'en avoir fait deux.

Un conseil pour finir, valable quelle que soit la technique choisie. Mesurez au mètre ruban, toujours au même endroit et à la même heure, avant la première séance. Si les capitons des cuisses n'ont pas bougé d'un centimètre au bout de six séances, la suite ne changera rien : arrêtez et gardez l'argent pour ce qui fonctionne, à savoir l'assiette et le muscle.

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Mésothérapie cellulite