Nos conseils pour réussir à enlever la cellulite !
Aucune crème ne fait disparaître la cellulite, et les dermatologues le répètent depuis vingt ans sans être beaucoup écoutés. Ce qui modifie réellement l'aspect de la peau tient à des gestes lents, répétés, et à une part d'hérédité sur laquelle personne ne peut rien. Voici ce que valent les méthodes vendues, dans l'ordre.
Ce qu'on appelle cellulite, et pourquoi elle se voit chez les unes et pas chez les autres
Le terme médical est lipodystrophie superficielle. Sous la peau, l'hypoderme est composé de cellules graisseuses, les adipocytes, rangées en petits paquets, les lobules. Ces lobules sont retenus par des cloisons de collagène qui relient le derme au muscle. Quand les adipocytes se remplissent, ils gonflent, poussent vers le haut, et le collagène qui les cloisonne, lui, ne s'allonge pas. La graisse bombe entre les cloisons pendant que les cloisons tirent vers le bas. Ce sont ces deux forces contraires qui dessinent le relief en creux et bosses qu'on appelle peau d'orange ou capitons.
La différence entre les sexes se joue là, et pas ailleurs. Chez la femme, ces cloisons descendent perpendiculairement à la surface de la peau, ce qui laisse le lobule bomber librement. Chez l'homme, elles s'entrecroisent en oblique et forment un maillage qui contient la graisse. Un homme peut avoir plus de tissu adipeux qu'une femme et une peau parfaitement lisse. À l'inverse, la cellulite s'installe sur toutes les zones grasses du corps, ventre compris, hanches, fesses, cuisses, arrière des bras et parfois genoux.
Les hormones ajoutent leur part. Les œstrogènes orientent le stockage vers le bas du corps et rendent la paroi des petits vaisseaux plus perméable, ce qui laisse passer de l'eau dans les tissus. C'est pour cela que les capitons apparaissent souvent à la puberté, se marquent sous pilule, s'accentuent au cours de la grossesse et changent d'aspect à la ménopause, quand la peau perd de sa densité et laisse mieux voir le relief du dessous.
Trois formes, trois logiques de prise en charge
Trier avant d'agir évite de perdre six mois sur la mauvaise piste. On décrit classiquement :
- la cellulite aqueuse, souple, diffuse, visible sans pincer la peau, liée à un retour veineux et lymphatique paresseux, accompagnée de jambes lourdes en fin de journée et de chevilles qui gonflent l'été ;
- la cellulite adipeuse, molle et indolore, qu'on ne repère qu'en pinçant, installée surtout sur les cuisses et le ventre, associée à un excès de tissu gras ;
- la cellulite fibreuse, dure, ancienne, sensible voire douloureuse au pincement, avec des cloisons de collagène épaissies. C'est la plus tenace, et celle sur laquelle les crèmes n'ont pratiquement aucune prise.
Beaucoup de femmes cumulent deux formes sur deux zones différentes. Un ventre adipeux et des mollets aqueux ne se traitent pas pareil : le premier réclame un déficit calorique et du muscle, le second des jambes surélevées, moins de sel et de la marche. Appliquer le même protocole partout, c'est la raison la plus fréquente d'un échec.
Ce qui agit vraiment, classé du plus utile au plus décoratif
L'activité physique arrive en tête, et de loin. Pas pour brûler des calories, pour deux autres raisons : elle remet en route la circulation de retour, et elle remplace du volume mou par du volume ferme sous la peau. Un quadriceps et un fessier travaillés en charge tendent la surface et effacent une partie du relief. Trois séances par semaine, en montant les charges, donnent des résultats visibles vers le troisième ou quatrième mois. La marche rapide quotidienne agit surtout sur la composante aqueuse.
L'alimentation vient ensuite, avec une nuance. Perdre du gras réduit le volume des lobules et atténue les capitons, mais une perte rapide qui laisse la peau flasque peut donner l'impression inverse pendant quelques mois. Moins de sel et moins de sucres rapides, plus de fibres et de protéines, de l'eau tout au long de la journée : rien de spectaculaire, rien qu'on puisse vendre en flacon.
Le massage manuel, dont le palper-rouler, améliore l'aspect de la zone pendant quelques jours en drainant et en assouplissant les cloisons. L'effet est réel et il est temporaire. Une cure a du sens avant l'été, pas comme solution de fond. Le brossage à sec, promu partout depuis 2018, n'a jamais été mesuré sérieusement sur la cellulite : il stimule la microcirculation cutanée, ce qui est déjà quelque chose, mais espérer un changement de relief avec une brosse en poils de sanglier relève de la croyance.
Restent les crèmes. La caféine, présente dans presque toutes les formules, a bien une action lipolytique démontrée en laboratoire et un effet drainant de surface. Sur peau humaine, la molécule traverse mal et l'amélioration observée reste modeste, de l'ordre de quelques millimètres de tour de cuisse, et elle s'arrête quand on arrête. Ces soins anti-cellulite vendus en pharmacie valent surtout par le massage quotidien qu'ils imposent. Quant aux compléments alimentaires vendus en gommes, aucun n'a montré d'effet sur les capitons.
Zone par zone, ce qui change
Le ventre
Sur l'abdomen, la peau est fine et la sangle musculaire souvent relâchée, notamment après une grossesse. Le gainage et le travail du transverse resserrent la ceinture avant même que la graisse ne bouge. La liposuccion retire du volume mais ne corrige pas le relief de surface, elle peut même le creuser davantage si la peau manque de tonus.
Les hanches et les fesses
C'est la zone de stockage préférentielle sous influence hormonale, la plus résistante au déficit calorique et la dernière à céder. Le palper-rouler y donne ses meilleurs résultats visuels, les squats et le hip thrust ses meilleurs résultats durables.
Les cuisses
L'arrière et l'intérieur de cuisse cumulent souvent adipeux et aqueux. Position assise prolongée, chaleur, vêtements serrés et talons hauts entretiennent la stase veineuse. Surélever les jambes vingt minutes le soir et terminer la douche par un jet froid remontant du pied vers la hanche coûte trois minutes par jour et se sent dès la première semaine.
Quand envisager un acte technique
Si la cellulite résiste aux traitements de fond après six mois sérieux, les techniques pratiquées en cabinet médical prennent le relais. Radiofréquence et ultrasons focalisés visent le tissu graisseux et la rétraction cutanée, avec des résultats moyens et plusieurs séances à prévoir. La subcision, qui consiste à sectionner mécaniquement les cloisons de collagène sous la peau, est la seule à s'attaquer à la cause du relief, et c'est aussi la seule dont les résultats tiennent au-delà d'un an sur les capitons isolés et profonds. Elle se pratique chez un médecin, sous anesthésie locale, avec des ecchymoses pendant deux semaines.
Un mot sur le budget, puisque personne n'en parle. Une cure de palper-rouler mécanique tourne autour de 60 à 90 euros la séance, avec dix à douze séances conseillées. Aucun de ces actes n'est remboursé. Avant d'engager mille euros, il vaut mieux avoir tenu trois mois de renforcement musculaire : c'est le seul moyen de savoir ce qui relève vraiment de l'irréductible.
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