L'application Boursorama : le leader de la banque en ligne
Une banque en ligne gratuite ne l'est jamais sans contrepartie, et Boursorama ne fait pas exception : la carte ne coûte rien tant que vous vous en servez. Derrière la note de 4,8 sur 5 affichée dans les magasins d'applications, ce sont ces conditions d'usage qui décident du coût réel de votre compte.
Une banque plus ancienne que son application
On lit souvent que Boursorama Banque a été lancée en 2005. La chronologie est un peu différente : le site d'information financière Boursorama existe depuis 1998, et l'activité bancaire proprement dite démarre avec le rachat de CaixaBank France en 2006. La banque est une filiale de Société Générale, ce qui explique une partie de sa solidité et l'accès à des produits d'épargne classiques. En 2023, l'enseigne a été rebaptisée BoursoBank, mais l'application et les habitudes de langage ont gardé longtemps l'ancien nom.
Le positionnement, lui, n'a pas bougé depuis le début : reprendre la gamme d'une banque de réseau, comptes courants, crédits, assurance vie, épargne retraite, et la servir sans agence. C'est ce qui la distingue d'un service purement mobile et ce qui a fait sa croissance, avec plus de cinq millions de clients revendiqués en 2023. Cette masse explique aussi la stratégie de primes d'ouverture, régulièrement relancée à coups de cinquante à cent cinquante euros versés au nouveau client.

Les offres, et ce qu'elles supposent
Le catalogue s'organise autour de trois cartes pour les adultes :
- Welcome, l'entrée de gamme sans cotisation, à débit immédiat ;
- Ultim, sans cotisation elle aussi mais avec un plafond et des garanties supérieurs ;
- Metal, facturée autour de 9,90 euros par mois, avec assurances voyage étendues.
Les mineurs disposent d'une offre distincte, longtemps commercialisée sous le nom Freedom pour les 12-17 ans, remplacée depuis par Kador. Un compte professionnel existe également, sur un modèle assez proche de celui des néobanques d'affaires, avec une tarification annoncée à l'avance et une souscription entièrement en ligne.
L'écart entre Welcome et Ultim ne se joue pas sur la mensualité, nulle dans les deux cas, mais sur les plafonds de paiement et de retrait, et sur les assurances associées. Pour un usage quotidien avec des dépenses régulières, Welcome tient la route. Dès qu'il faut passer un achat de plusieurs milliers d'euros ou partir à l'étranger, la différence se voit.
Ce que l'application sait faire
L'interface se range parmi les plus abouties du marché français, ce qui n'a rien d'évident quand on regarde ce que valaient les applications bancaires il y a dix ans. Le tableau de bord affiche l'ensemble des comptes, classe automatiquement les dépenses et calcule un solde prévisionnel de fin de mois. Un agrégateur intégré ramène les comptes détenus ailleurs, et une fonction d'épargne automatique met de côté un montant fixe ou l'arrondi de chaque achat.
Côté sécurité, l'ouverture se fait par empreinte ou reconnaissance faciale, le blocage de la carte se déclenche depuis l'écran d'accueil, et le code confidentiel se modifie sans appeler personne. La banque s'appuie sur la brique de sécurité IBM Trusteer pour la détection de fraude. Les opérations par carte peuvent être géolocalisées, ce qui aide à repérer un paiement effectué à l'autre bout du pays pendant que vous êtes chez vous.
Le détail qui compte selon votre situation
Le coffre-fort numérique change la vie de qui doit ressortir régulièrement des documents. Un propriétaire qui suit la gestion locative de son bien y garde quittances, diagnostics et contrats d'assurance au même endroit que les relevés du compte qui reçoit les loyers. La signature électronique disponible depuis l'espace client, dans la rubrique EasyMove, évite l'aller-retour par courrier pour les mandats de prélèvement.
La rubrique Bourse et Actus, héritage direct du site d'origine, donne accès aux cotations et au passage d'ordres. C'est un point de différenciation net face à la banque en ligne Hello bank, dont l'entrée est plutôt le confort bancaire au quotidien que l'investissement.
Les limites, sans détour
Deux manques reviennent chez les utilisateurs. D'abord, l'absence de messagerie instantanée : le contact passe par un formulaire ou par téléphone, avec des délais de réponse qui s'allongent aux périodes de forte affluence. Ensuite, l'impossibilité de bloquer sélectivement les paiements réalisés à l'étranger depuis un site marchand. Vous pouvez couper la carte entièrement, pas filtrer par zone géographique, ce qui reste une protection grossière quand on veut simplement commander ses courses en ligne et payer en magasin sans risquer un débit venu d'une plateforme inconnue.
Il faut ajouter un point que la banque assume : l'absence d'agence. Aucun dépôt d'espèces n'est possible, et la remise de chèques passe par voie postale, avec le délai que ça implique. Pour un commerçant ou pour quiconque manipule du liquide, ce modèle ne convient pas, quelle que soit la qualité de l'application.
Avant d'ouvrir le compte
Regardez d'abord combien vous payez actuellement, cotisation de carte et frais de tenue de compte compris. C'est ce chiffre annuel qui rend la comparaison lisible, pas la prime de bienvenue, qui se touche une fois. Comparez ensuite les plafonds de paiement, souvent plus contraignants que prévu sur les cartes sans cotisation, et vérifiez que votre employeur et vos prélèvements accepteront sans discussion un changement de domiciliation. Cette dernière étape, la banque la prend en charge via le mandat de mobilité, mais il faut la déclencher au moment de l'ouverture, pas trois mois après, sous peine de courir derrière ses prélèvements pendant tout un trimestre. Le principe reste le même que pour tout service en ligne dont l'accès de base ne coûte rien, à l'image d'Elite Rencontre en formule gratuite : lisez ce que la gratuité exige de vous avant de vous inscrire.
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