Tout savoir sur la cellulite chez l'homme

Un homme sur cinquante environ voit apparaître des capitons, contre neuf femmes sur dix : l'écart ne vient ni du sport ni de la volonté, il est inscrit dans la façon dont la graisse est rangée sous la peau. Reste que ce qu'un homme prend pour de la cellulite n'en est pas toujours.

Les chiffres les plus repris dans la littérature dermatologique tournent autour de 90 % des femmes concernées après la puberté, contre 2 % des hommes. Ce sont des ordres de grandeur, pas des mesures de laboratoire, mais aucun travail sérieux ne remet en cause l'ampleur du décalage.

La question intéressante n'est donc pas de savoir si les hommes peuvent en avoir. Ils peuvent. Elle est de comprendre pourquoi c'est si rare, et surtout de reconnaître le vrai coupable quand un ventre s'arrondit : dans la majorité des cas, il s'agit de graisse viscérale, qui ne se traite pas du tout de la même manière.

Ce que les hommes ont vraiment sous la peau

Chez l'homme, la graisse qui se voit se loge d'abord en haut du corps : abdomen, flancs, nuque, parfois les bras. Les fesses et l'arrière des cuisses, terrain classique chez la femme, restent presque toujours lisses. Ce n'est pas un hasard de répartition, c'est une question de récepteurs hormonaux, qui ne sont pas distribués de la même façon selon les zones.

Sous la peau, les adipocytes sont enfermés dans des logettes délimitées par des cloisons de collagène. Chez la femme, ces cloisons sont perpendiculaires à la surface, comme des piliers verticaux : quand la logette gonfle, elle pousse vers le haut et bombe la peau entre les piliers. C'est exactement le relief qu'on appelle peau d'orange. Chez l'homme, les mêmes cloisons sont obliques, en croisillons. Une logette qui gonfle est retenue latéralement, elle s'étale au lieu de saillir.

Le derme masculin est aussi plus épais, de l'ordre de 20 %, et plus riche en collagène : plus le tissu tendu au-dessus du matelas est épais, moins le relief transparaît. La pilosité ajoute un camouflage optique, réel mais secondaire.

Quand un homme développe malgré tout des capitons, c'est le plus souvent une cellulite adipeuse ou une cellulite fibreuse, plus dure et douloureuse au pincement. La forme aqueuse, liée à la rétention d'eau, reste rare chez lui : son réseau lymphatique et veineux souffre moins des variations hormonales.

Le rôle des hormones, sans caricature

Les oestrogènes agissent sur deux fronts. Ils orientent le stockage vers les hanches et les cuisses, une réserve que le corps constitue en prévision de la grossesse et de l'allaitement, et ils fragilisent la paroi des petits vaisseaux, ce qui ralentit le retour veineux et laisse l'eau stagner dans le tissu. La masse grasse d'une femme en bonne santé tourne autour de 25 % du poids, celle d'un homme autour de 15 %.

Un homme n'échappe pas complètement aux hormones. La baisse de testostérone après 45 ou 50 ans, ce qu'on appelle parfois l'andropause, déplace le stockage vers l'abdomen et fait remonter la part relative des oestrogènes.

Ce qui déclenche l'apparition

Les facteurs sont les mêmes que chez la femme, avec un poids différent. Une alimentation dense en sucres rapides et en graisses saturées remplit les adipocytes, et la première zone à trinquer est le ventre et les poignées d'amour. L'excès de sel entretient la rétention d'eau. La station assise prolongée écrase la circulation de retour, huit heures par jour, cinq jours sur sept.

Ce qui marche, et dans quel ordre

Il n'existe aucun traitement qui efface durablement les capitons, ni chez l'homme ni chez la femme. Autant le dire tout de suite : les crèmes agissent sur l'aspect de la peau pendant quelques heures, pas sur l'architecture du tissu. Ce qui change vraiment les choses tient en trois leviers, à activer dans cet ordre.

Le premier est la masse grasse. Un homme qui descend de 22 % à 16 % de masse grasse vide mécaniquement ses logettes, et le relief s'estompe. Cela passe par un déficit calorique tenu sur plusieurs mois, pas par une semaine de détox.

Le deuxième est le muscle sous la zone. Un quadriceps étoffé tend la peau par en dessous, et deux séances de renforcement par semaine font plus pour l'aspect des cuisses que n'importe quel gel.

Le troisième est la circulation. Marche quotidienne, jet d'eau froide en fin de douche, jambes surélevées le soir. C'est gratuit, et ça se ressent d'abord sur la sensation de lourdeur.

Côté assiette, rien d'exotique : des protéines à chaque repas pour tenir la masse musculaire pendant la perte de poids, des légumes, des céréales complètes, des huiles végétales plutôt que du beurre et de la charcuterie. Réduire le sel ajouté fait souvent repartir un peu d'eau en dix jours.

Le sommeil compte davantage qu'on ne le croit : une dette chronique fait monter le cortisol, qui pousse au stockage abdominal. Se coucher à heure fixe vaut mieux qu'un rattrapage le week-end, et si l'endormissement coince, mieux vaut regarder du côté des gummies au sommeil et de leur composition réelle avant de se tourner vers un somnifère.

Les massages, palper-rouler compris, ont un effet sur la sensation de jambes lourdes et sur la souplesse du tissu. Sur la graisse elle-même, l'effet est nul. Un praticien honnête vous le dira avant la première séance ; s'il vous promet la disparition des capitons en six rendez-vous, changez de cabinet.

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Mésothérapie cellulite