Vous ne croirez pas comment fabriquer vous-même une poêle à bois portative ! Découvrez la réponse ici !
Une boîte de conserve percée de trous ne fera jamais baisser votre facture d'énergie : elle chauffe une gamelle, pas un logement. Ce petit réchaud à bois a pourtant un vrai domaine d'emploi, le bivouac, le jardin et la coupure de courant, à condition de le fabriquer correctement et de ne jamais l'allumer sous un toit.
De quoi on parle exactement
L'objet s'appelle un réchaud à bois, ou rocket stove dans sa version la plus répandue. Une chambre de combustion verticale, une arrivée d'air en bas, une sortie en haut sur laquelle repose la casserole. On y brûle des brindilles, des pommes de pin, des copeaux, rarement plus de 300 grammes de bois pour faire bouillir un litre d'eau.
Ce n'est pas un poêle, malgré le titre que porte cet article un peu partout sur le web. Un poêle chauffe une pièce et évacue ses fumées par un conduit. Ici, pas de conduit, et c'est toute la différence.
Le matériel, et ce que les tutoriels oublient
Pour une version simple, il vous faut une grande boîte de conserve (le format 3 kilos des cantines et des restaurants), une petite boîte qui servira de conduit d'alimentation, une pince à tôle ou une cisaille, une perceuse avec une mèche de 6 mm, une lime, des gants épais et des lunettes.
Deux détails manquent presque toujours dans les tutoriels. Le premier : l'intérieur d'une boîte de conserve est verni, et ce vernis dégage des fumées âcres à la première chauffe. Faites brûler la boîte à vide dehors une vingtaine de minutes avant tout usage alimentaire. Le second : une mèche de 3 mm ne suffit pas. Les trous doivent laisser passer assez d'air pour alimenter une flamme vive, sinon le foyer fume, encrasse la casserole et gaspille la moitié du bois.
Le montage, étape par étape
Découpez dans le bas de la grande boîte une ouverture rectangulaire aux dimensions de la petite boîte, à deux centimètres du fond. Limez les bords, ils coupent comme une lame. Emboîtez la petite boîte à l'horizontale : ce sera le tunnel par lequel vous glisserez les brindilles et par lequel l'air entrera.
Percez ensuite une couronne de trous de 6 mm juste sous le bord supérieur, pour l'évacuation des gaz chauds. Coupez trois languettes dans ce même bord et repliez-les vers l'intérieur : elles serviront de support à la casserole. Un fond de gravier ou de sable protège la tôle et remonte le foyer.
L'allumer et le tenir
Posez le réchaud sur une dalle, une pierre plate ou une plaque métallique, jamais sur une terrasse en bois ni sur de l'herbe sèche. Glissez dans le tunnel un peu d'écorce de bouleau, du carton ondulé ou quelques copeaux, allumez, puis poussez les brindilles au fur et à mesure qu'elles se consument.
La règle du feu de brindilles tient en deux mots : peu et souvent. Une poignée de petit bois sec donne une flamme claire et presque sans fumée. Un gros rondin humide étouffe le foyer, noircit tout et vous fait attendre. Le bois doit craquer quand vous le cassez, pas plier.
Et l'économie d'énergie dans tout ça
Soyons francs : cuisiner dehors au bois trois week-ends d'été économise l'équivalent de quelques kilowattheures, autant dire quelques dizaines de centimes sur l'année. Le gain n'est pas là. Il est dans l'autonomie, quand vous randonnez loin d'une prise, quand une tempête a coupé le réseau, ou simplement quand vous avez envie de faire chauffer votre eau avec ce qui traîne au sol.
Si votre objectif est bien de réduire une facture, le même après-midi passé à calfeutrer les bas de portes rapportera davantage. Les deux ne s'excluent pas, mais autant savoir ce que l'on fait.
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