Vous ne croirez pas comment fonctionne vraiment une pompe à chaleur !

Une pompe à chaleur ne fabrique pas de chaleur : elle en déplace. C'est toute la différence avec un radiateur électrique, et c'est pourquoi son rendement affiché fond quand la température extérieure tombe. Le cycle tient en quatre étapes ; savoir laquelle coûte de l'électricité explique presque tout le reste.

Le principe, en une phrase

Un liquide qui s'évapore absorbe de la chaleur, un gaz qui se condense en restitue. La pompe à chaleur organise ces deux changements d'état à deux endroits : dehors elle évapore, dedans elle condense. Le compresseur sert à faire passer le fluide d'un niveau de pression à l'autre, pour que l'évaporation ait lieu à basse température et la condensation à haute.

Le fluide tourne en circuit fermé : il ne se consomme pas, il circule. Une fuite se traduit par une baisse progressive de performance bien avant l'arrêt de l'appareil, ce qui la rend difficile à repérer sans manomètre.

Les quatre temps du cycle

L'évaporation. Dans l'échangeur extérieur, le fluide arrive à basse pression, donc avec un point d'ébullition très bas, autour de moins 20 ou moins 30 degrés. L'air extérieur à 5 degrés lui paraît brûlant : il bout et emporte les calories prises à cet air. C'est ici qu'entre la chaleur gratuite.

La compression. Le compresseur aspire ce gaz froid et le comprime. La pression monte, la température aussi, jusqu'à 60 ou 80 degrés. Seule étape qui consomme de l'électricité, et seul organe bruyant de l'installation.

La condensation. Le gaz chaud traverse l'échangeur intérieur, cède sa chaleur à l'eau du circuit ou à l'air de la maison, et redevient liquide. Le radiateur chauffe, le fluide refroidit.

La détente. Le liquide encore sous pression passe par un détendeur, un simple étranglement. La pression chute, une partie du fluide se vaporise aussitôt et fait plonger la température. Le mélange froid repart dehors, prêt à recommencer.

Pourquoi le COP n'est jamais celui de la brochure

Le coefficient de performance est le rapport entre la chaleur fournie et l'électricité consommée. Un COP de 4 signifie quatre kilowattheures de chaleur pour un kilowattheure au compteur : les trois autres viennent de l'air extérieur, gratuitement.

Ce chiffre dépend de l'écart entre source froide et source chaude. Par 7 degrés dehors avec un plancher chauffant à 35 degrés, un modèle correct tient un COP autour de 4. Par moins 7 degrés avec des radiateurs qui réclament 55 degrés, on tombe souvent sous 2. La brochure annonce la première situation.

Regardez donc le SCOP plutôt que le COP : il moyenne la performance sur une saison entière, froid compris. Au-dessus de 4 pour une machine air-eau, la valeur est bonne.

Le dégivrage, ce moment où la machine marche à l'envers

Entre 0 et 7 degrés, avec de l'humidité dans l'air, du givre se forme sur l'échangeur extérieur et étouffe l'échange. La machine inverse alors son cycle quelques minutes : elle envoie du gaz chaud dehors pour faire fondre la glace, et prend cette chaleur au circuit de chauffage. Vous payez de l'électricité pour dégivrer, et les radiateurs tiédissent.

Un dégivrage toutes les heures autour de 2 degrés par temps humide est normal. Toutes les dix minutes, non : problème d'écoulement, de charge en fluide ou de ventilation.

Quelques réponses rapides

Une pompe à chaleur consomme-t-elle beaucoup ? Trois à quatre fois moins qu'un convecteur électrique pour la même chaleur, mais elle consomme. Elle ne produit pas plus d'énergie qu'elle n'en reçoit : elle en récupère une partie dehors, sans la payer.

Peut-elle rafraîchir en été ? Les modèles réversibles inversent le cycle. Sur un plancher chauffant, le gain reste modeste, deux à trois degrés, avec un point de vigilance sur la condensation au sol.

Peut-on l'installer soi-même ? Non, sauf modèles préchargés à raccords rapides. Manipuler un fluide frigorigène exige une attestation de capacité, et sans facture d'un professionnel certifié, aucune aide publique. Comptez quinze à vingt ans de durée de vie, le compresseur lâchant le premier.

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