L'instant déco pour customiser l'intérieur de votre voiture

Personnaliser son habitacle coûte rarement cher, mais deux accessoires très courants, la housse de siège et le film teinté, peuvent respectivement neutraliser un airbag et valoir 135 euros au premier contrôle. Autant savoir où passe la limite avant de commander.

On passe en moyenne une petite heure par jour dans sa voiture, davantage quand on fait la navette domicile travail. L'envie de rendre cet espace moins triste se comprend. Le décorateur amateur se heurte pourtant à une contrainte que la maison n'a pas : ici, chaque surface a une fonction de sécurité, et la plupart des idées trouvées en galerie photo ne tiennent pas compte des airbags, du champ de vision ni du dégagement des pédales.

Les housses : matière, coupe, et la couture qui compte

Une housse change l'allure d'un intérieur plus que n'importe quel autre accessoire, parce qu'elle occupe la plus grande surface visible. Les coupes universelles à élastiques vont à peu près partout et plissent au bout d'un mois. Les jeux taillés pour un modèle précis épousent les appuie-tête, les accoudoirs et les commandes latérales, coûtent deux à trois fois plus, et se posent en une heure à deux personnes.

Côté matière, le similicuir donne l'effet le plus net et se nettoie d'un coup d'éponge, mais il colle aux jambes nues en été et durcit au froid. Le tissu technique respire mieux et supporte le lavage en machine. Les modèles chauffants alimentés par la prise 12 volts existent, avec un défaut de conception fréquent : le câble qui traverse l'habitacle et vient se coincer sous le rail du siège.

Le tapis de sol, l'accessoire déco le plus dangereux

Un tapis de sol se choisit d'abord sur ses points de fixation. Toutes les voitures récentes ont deux ergots au plancher côté conducteur, et un tapis qui ne s'y clipse pas finit tôt ou tard sous la pédale de frein. C'est un motif de rappel connu chez plusieurs constructeurs, et la règle la plus simple à retenir : jamais deux tapis superposés, jamais un tapis universel posé sur le tapis d'origine.

Cela dit, il n'y a aucune raison de s'en tenir au gris. L'aluminium strié apporte un côté atelier, le caoutchouc à alvéoles retient l'eau de pluie, la moquette épaisse amortit le bruit de roulement de quelques décibels. Les jeux personnalisés avec surpiqûre contrastée se commandent autour de 40 à 70 euros pour les quatre places.

Lumière et vitrage : là où la réglementation entre en jeu

Les bandeaux à diodes collés sous la planche de bord ou dans les seuils de porte transforment vraiment l'ambiance nocturne, pour une quinzaine d'euros et deux fils à faire passer. Deux réserves. Une lumière trop vive dans le champ de vision fatigue l'œil et se reflète sur le pare-brise. Et le bleu comme le rouge, visibles de l'extérieur, sont des couleurs réservées à certains véhicules : gardez-les à l'intérieur, hors de vue.

Le film teinté est le sujet sur lequel le plus de gens se trompent encore. Depuis le 1er janvier 2017, le pare-brise et les deux vitres avant doivent laisser passer au moins 70 % de la lumière. Un film sombre à l'avant vaut 135 euros et trois points, et une immobilisation possible du véhicule. Les vitres arrière et la lunette, en revanche, restent libres : c'est là qu'il faut poser le film si l'on veut de l'intimité ou protéger un siège enfant du soleil.

Les petits objets, et ce qu'on suspend au rétroviseur

Figurines sur le tableau de bord, désodorisant pendu au rétroviseur, pommeau de levier chromé, coque de rétroviseur peinte : ce sont les touches personnelles les moins chères, et les plus faciles à retirer quand on revend. Deux avertissements pratiques néanmoins.

Tout ce qui pend devant le pare-brise réduit le champ de vision et peut être verbalisé au titre de la maîtrise du véhicule. Les parfums liquides, eux, attaquent les plastiques et les vernis : un flacon qui fuit sur une planche de bord laisse une trace mate définitive. Posez-les sur une grille d'aération, jamais à plat sur une surface.

Quant aux transformations profondes, changement de sellerie, ciel de toit refait, sonorisation complète, elles sortent du domaine de l'accessoire. Un tapissier automobile facture plusieurs centaines d'euros une réfection de sièges, et le ciel de toit décollé, panne classique des voitures de plus de dix ans, se répare mal en amateur : la mousse s'effrite et la colle en bombe fait des paquets.

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