Alerte ! Etes-vous prêt à payer 30% de plus sur votre facture d'électricité ? Découvrez ce qu'EDF a annoncé pour cet hiver !

Le chiffre de 30 % a beaucoup circulé à l'automne 2023, mais ce n'est pas ce que les ménages ont payé. La hausse appliquée au 1er février 2024 a été de 9,8 % TTC au tarif réglementé en option base, 8,6 % en heures creuses. L'écart entre les deux nombres raconte toute la mécanique du prix de l'électricité en France.

D'où sortait le fameux chiffre de 30 %

Ce n'était pas une annonce commerciale d'EDF mais un scénario. À l'automne 2023, plusieurs estimations de ce que coûterait la sortie complète du bouclier tarifaire ont circulé, et 30 % figurait parmi les hypothèses hautes. Le gouvernement a finalement choisi une remontée en deux temps, ce qui a ramené la hausse de février sous les 10 %.

C'est un point de méthode qui vaut au-delà de ce dossier : un tarif réglementé n'est pas décidé par le fournisseur. La Commission de régulation de l'énergie calcule un niveau, le gouvernement arbitre, l'arrêté sort au Journal officiel. EDF applique.

Le bouclier tarifaire, ou la facture décalée

Sans le bouclier mis en place fin 2021, la hausse aurait dépassé 100 % en février 2022. L'État a plafonné à 4 % cette année-là, puis 15 % en février 2023 et 10 % en août 2023. La différence a été prise en charge par le budget public, pour plusieurs dizaines de milliards d'euros sur l'ensemble du dispositif, gaz compris.

Le principal levier était fiscal. L'accise sur l'électricité, l'ancienne CSPE, était tombée à 1 euro par mégawattheure au lieu de 32,44 euros. La remonter à 21 euros au 1er février 2024 explique à elle seule la moitié environ de la hausse observée. Ce n'est donc pas le coût de production qui a bougé ce jour-là, c'est l'impôt.

Ce qui pèse vraiment dans le montant que vous payez

La facture d'électricité se répartit grossièrement en trois tiers : la fourniture d'énergie, l'acheminement par les réseaux via le TURPE, et les taxes. La part sur laquelle vous avez la main en changeant de contrat est donc plus petite qu'on ne l'imagine, de l'ordre du tiers. Sur ce tiers, les écarts entre offres se jouent à 5 ou 10 %.

Le calcul honnête est le suivant : changer de fournisseur fait gagner quelques dizaines d'euros par an à un foyer moyen. Baisser le chauffage d'un degré en fait gagner davantage, autour de 7 % sur le poste chauffage. Les deux ne demandent pas le même effort, et la seconde option ne s'annule pas au renouvellement du contrat.

Ce qu'il faut regarder pour les années suivantes

Le mécanisme de l'ARENH, qui obligeait EDF à céder une partie de sa production nucléaire à 42 euros le mégawattheure, s'arrêtait fin 2025. L'accord annoncé en novembre 2023 entre l'État et EDF a posé un prix de référence autour de 70 euros par mégawattheure pour la période suivante, avec des reversements au-delà de certains seuils. Personne ne peut dire aujourd'hui ce que cela donnera sur une facture de particulier.

Résumer cet article avec :

Partager :

Énergie