Augmentation possible des primes d'assurance en 2023

Augmentation possible des primes d'assurance en 2023
Sommaire5 sections
  1. 01Ce qui était annoncé pour 2023, et sur quelles bases
  2. 02Le climat, devenu le premier poste de tension
  3. 03Ce qui fait bouger votre prime à vous
  4. 04Entreprises : une logique différente
  5. 05Ce qui était faux dans les articles de l'époque

Aucune loi ne plafonne la hausse d'une prime d'assurance. Pour 2023, les assureurs annonçaient 3 à 5 % sur l'auto et environ 5 % sur l'habitation, et le seul vrai levier du particulier reste le changement de contrat.

Le sujet a été traité en boucle à l'automne 2022, souvent en mélangeant deux choses très différentes : la prime d'un ménage et celle d'une entreprise. Elles ne répondent pas aux mêmes règles, ne se négocient pas de la même façon, et n'augmentent pas pour les mêmes raisons. Voici ce qui relevait de l'annonce, ce qui relevait du calcul, et ce qui était faux.

Ce qui était annoncé pour 2023, et sur quelles bases

Les cabinets spécialisés qui publient chaque fin d'année leurs prévisions tarifaires tablaient sur une hausse moyenne de 3 à 5 % en assurance automobile et de l'ordre de 5 % en multirisque habitation pour l'année 2023. Les complémentaires santé annonçaient des mouvements du même ordre, avec des écarts importants selon les contrats collectifs et individuels.

La cause principale n'a rien de mystérieux : le coût des sinistres a grimpé plus vite que les primes. Réparer une voiture coûte plus cher depuis que les pare-chocs abritent des capteurs et des caméras, et les délais d'immobilisation, donc les frais de véhicule de remplacement, se sont allongés avec la pénurie de pièces. Côté habitation, le prix des matériaux de construction a bondi entre 2021 et 2022.

Le climat, devenu le premier poste de tension

L'année 2022 a été la plus coûteuse jamais enregistrée en France pour les événements naturels. France Assureurs a chiffré la facture autour de 10 milliards d'euros, dont une part considérable pour les seuls orages de grêle du printemps, auxquels se sont ajoutés la sécheresse et le retrait-gonflement des argiles qui fissure les maisons.

Ce coût se répercute d'abord sur la surprime catastrophes naturelles, prélevée sur chaque contrat habitation et automobile. Son taux, fixé par l'État et non par les assureurs, est resté à 12 % de la prime dommages pendant plus de vingt ans avant d'être relevé. C'est une ligne sur laquelle aucune négociation n'est possible.

Ce qui fait bouger votre prime à vous

Pile de pièces croissante devant un calendrier ouvert sur l'année 2023

Le prix moyen payé par un automobiliste français, autour de 630 euros par an, recouvre des écarts considérables : le détail de cette moyenne d'assurance auto en dit plus long qu'un pourcentage de hausse. Pour un ménage, quatre variables expliquent presque tout le tarif.

  • Le coefficient de réduction-majoration en auto, le bonus-malus. Il baisse de 5 % par année sans sinistre responsable et grimpe de 25 % à chaque sinistre responsable. C'est le facteur qui bouge le plus vite.
  • Le lieu de résidence. Le vol et le vandalisme font varier la prime auto du simple au double entre une commune rurale et une grande agglomération. En habitation, l'exposition aux inondations joue le même rôle.
  • Le kilométrage et l'usage. Un véhicule qui roule 5 000 kilomètres par an ne présente pas le même risque qu'un véhicule à 30 000. Les formules au kilomètre existent pour ça : le fonctionnement de l'assurance au kilomètre mérite un détour si vous êtes en dessous de 8 000 kilomètres annuels.
  • Le niveau de garanties et la franchise. Passer d'une franchise de 150 à 400 euros fait souvent gagner 10 % de prime. Encore faut-il pouvoir sortir 400 euros le jour du sinistre.

L'âge joue aussi, dans les deux sens. Les conducteurs de moins de 25 ans paient une surprime pouvant atteindre 100 % la première année, dégressive ensuite. En santé, les cotisations progressent avec l'âge par tranches. En automobile en revanche, un conducteur expérimenté de 60 ans paie généralement moins cher qu'à 30 ans : l'idée d'une hausse mécanique du tarif avec l'âge, souvent répétée, ne vaut pas pour l'auto.

Entreprises : une logique différente

Pour une société, le tarif se construit sur le secteur d'activité, le chiffre d'affaires, la masse salariale et la valeur des biens assurés. Une auto-école assure une flotte conduite par des débutants, un cabinet de conseil assure du matériel informatique et une responsabilité professionnelle. Rien de comparable.

La différence de fond tient à la négociation. Un particulier signe un contrat standard, une entreprise discute ses garanties, ses plafonds et ses franchises, souvent via un courtier. Décrire précisément son activité au moment de la souscription n'est pas une formalité : une activité mal déclarée est le premier motif de refus de prise en charge.

Ce qui était faux dans les articles de l'époque

On a beaucoup lu que la hausse des primes ne pourrait pas dépasser l'inflation, chiffrée à 6 %. C'est inexact : aucun texte n'indexe les tarifs d'assurance sur l'indice des prix, et aucun plafond légal n'encadre l'augmentation annuelle d'un contrat. Un assureur peut relever sa cotisation comme il l'entend, la seule contrepartie étant votre droit de partir.

On a lu aussi que le gouvernement était intervenu pour limiter les hausses. Il y a eu des échanges avec la profession et des engagements de modération, ce qui n'est pas la même chose qu'une contrainte. Les assureurs restent libres de leur tarification.

Le vrai conseil tient en une ligne : mettez trois devis en concurrence à chaque échéance. L'écart entre le premier et le troisième dépasse souvent la hausse annoncée. Pour un besoin ponctuel, un prêt de véhicule ou un déplacement de quelques jours, l'assurance auto temporaire évite de modifier un contrat annuel pour rien.

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