Application Monabanq : comment fonctionne-t-elle ?
Monabanq est la seule banque en ligne française qui assume de facturer un abonnement mensuel plutôt que d'offrir la gratuité sous condition. Deux à neuf euros par mois selon la formule, sans exigence de revenus minimum : la question n'est pas de savoir si c'est cher, mais de savoir ce que cet abonnement achète que les autres ne donnent pas.
La réponse tient en deux points, et je vais les poser tout de suite. D'abord, l'accès sans condition de ressources, là où la plupart des concurrents exigent un justificatif de revenus ou un versement mensuel minimum. Ensuite, un service client joignable par téléphone six jours sur sept, avec des conseillers basés en France, ce qui a longtemps été l'argument central de la marque.
Ce que change l'absence de condition de revenus
C'est le point qui distingue vraiment Monabanq de ses concurrentes directes. Filiale du Crédit Mutuel Alliance Fédérale, la banque accepte les dossiers sans exiger un salaire plancher ni une domiciliation de revenus. Pour un intermittent, un étudiant qui démarre, un indépendant aux revenus irréguliers, cette porte ouverte vaut souvent plus que dix euros d'économie mensuelle ailleurs.
L'ouverture se fait entièrement en ligne : formulaire, pièce d'identité, justificatif de domicile, RIB d'un compte existant pour le premier versement. Comptez quelques jours ouvrés entre l'envoi des pièces et la réception de la carte.
Ce que l'abonnement ne couvre pas
Les retraits hors zone euro au-delà du quota de la formule, les commissions de change sur les formules basses, les incidents de paiement. Comme partout, la lecture des conditions tarifaires évite les surprises. Le document est public et fait une dizaine de pages.
Les quatre formules, en clair
Pratiq
Le compte, une carte à autorisation systématique, les virements et prélèvements SEPA. Pensée pour qui veut un compte fonctionnel sans découvert autorisé ni chéquier. Deux euros par mois.
Pratiq+
Ajoute le chéquier et une carte classique. Trois euros. C'est la formule qui couvre le besoin d'un compte principal ordinaire, sans usage international particulier.
Uniq
Six euros par mois, orientée déplacements : quota de retraits et de paiements gratuits en dehors de la zone euro, garanties d'assurance et d'assistance associées à la carte. La formule se rentabilise à partir de deux ou trois séjours hors zone euro dans l'année.
Uniq+
Neuf euros, plafonds de retrait et de virement relevés, opérations à l'étranger sans commission de change, garanties étendues. Le haut de gamme maison, comparable à ce qu'une banque de réseau facture pour une carte Visa Premier seule.

Les cartes proposées
Monabanq travaille avec le réseau Visa. Trois niveaux de carte, qui correspondent aux paliers d'abonnement.
La carte à autorisation systématique interroge le solde du compte avant chaque paiement et chaque retrait. Si la provision manque, l'opération est refusée sur place. C'est contraignant et c'est aussi la meilleure protection contre le découvert non maîtrisé. Cette gamme a longtemps porté le nom de Visa Electron, marque que Visa a progressivement retirée de la circulation en Europe.
La Visa Classic fonctionne partout, sans vérification du solde à chaque opération, avec les plafonds négociés au contrat.
La Visa Premier apporte des garanties d'assurance voyage, un plafond plus élevé et l'accès au dispositif de remboursement partiel sur certains achats. Elle se facture environ trois euros de plus par mois sur les formules qui ne l'incluent pas.
Les lignes de la brochure tarifaire qu'on oublie de lire
Un abonnement bancaire ne dit jamais tout du coût réel. Trois postes reviennent systématiquement dans les réclamations que rapportent les médiateurs bancaires, et Monabanq n'y échappe pas plus que les autres.
La commission d'intervention d'abord, prélevée quand un paiement se présente sans provision suffisante. Elle est plafonnée par la loi à 8 euros par opération et 80 euros par mois, la moitié pour les clients en situation de fragilité financière. Les frais de rejet ensuite, facturés sur un prélèvement ou un chèque impayé. Les agios enfin, si le découvert autorisé est dépassé ou utilisé longtemps.
Le récapitulatif annuel des frais bancaires, adressé à chaque client en janvier, donne le chiffre exact payé l'année précédente. C'est le document à sortir avant de décider si l'abonnement vaut son prix : il transforme une impression en calcul.
L'application, l'espace client et la connexion
L'application se télécharge sur l'App Store et sur Google Play. Interface sobre, navigation en trois ou quatre écrans pour les opérations courantes, temps d'affichage du solde honnête. Les avis publiés sur les deux magasins donnent une idée de la stabilité des versions récentes, et c'est là qu'il faut regarder plutôt que dans les comparatifs rédigés une fois pour toutes.
La première connexion demande un identifiant à onze chiffres, transmis par courriel à l'ouverture du compte. Le lien de confirmation se renvoie par SMS en cas de perte, ce qui évite de rappeler le service client pour si peu.
Ensuite, la réglementation prend le relais. La directive européenne DSP2 impose une authentification forte tous les quatre-vingt-dix jours au minimum, plus une validation à chaque opération sensible : ajout de bénéficiaire, paiement en ligne, modification de plafond. Sur téléphone, l'empreinte digitale ou la reconnaissance faciale remplacent la saisie du code au quotidien, mais le code reste exigé à intervalle régulier. Le code de sécurisation reçu par SMS n'est communiqué qu'une seule fois : le noter avant de fermer la notification épargne une manipulation supplémentaire.
Deux limites, pour rester honnête. Le dépôt d'espèces n'existe pas : aucun automate n'accepte de billets sur un compte Monabanq, il faut passer par un virement depuis un autre établissement. Et le dépôt de chèque suppose un envoi postal, avec le délai que cela implique. Pour qui manipule encore du liquide ou reçoit des chèques régulièrement, ce sont des contraintes quotidiennes, pas des détails de brochure.
Pour qui c'est un bon choix, pour qui non
Bon choix si vous cherchez un compte accessible sans justifier de revenus, si vous tenez à joindre un humain par téléphone, ou si vous voyagez régulièrement hors zone euro et que le calcul des commissions de change penche en faveur d'un abonnement Uniq ou Uniq+.
Mauvais choix si votre usage se résume à un compte courant sédentaire avec une carte utilisée en France : les offres gratuites sous condition d'usage de la concurrence coûteront moins cher, à service comparable. Sur ce point précis, l'arbitrage est purement arithmétique et l'abonnement ne se justifie pas.
Reste la dimension pratique, celle qui compte quand on gère ses comptes debout dans un train ou en utilisant un support de téléphone en voiture à l'arrêt. De ce côté, l'application tient la route et se compare sans rougir aux interfaces des banques en ligne les mieux notées, à commencer par l'application de BNP Paribas. Et si l'objectif derrière le changement de banque est de dégager du budget pour partir, le comparatif à faire est celui des destinations de vacances à petit prix autant que celui des grilles tarifaires.
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