Mon enfant a le hoquet : Que faire pour le traiter ?

Mon enfant a le hoquet : Que faire pour le traiter ?

Chez un bébé, le hoquet ne se traite pas : il passe seul, et la plupart des remèdes qu'on se transmet en famille sont inutiles. L'un d'eux, la cuillère de miel, est même dangereux avant un an. Voici ce qui sert vraiment, et ce qu'il faut arrêter de faire.

Un nourrisson qui hoquette pendant dix minutes d'affilée inquiète tous les jeunes parents, surtout la nuit. La bonne nouvelle tient en une phrase : lui, il s'en moque. Le hoquet du bébé ne fait pas mal, ne gêne pas la respiration et ne le réveille généralement pas. Il tétait déjà en hoquetant dans le ventre de sa mère, dès la fin du premier trimestre, et les échographistes le voient régulièrement à l'écran.

Ce qui se passe réellement dans le thorax

Le diaphragme est le muscle plat qui sépare le thorax de l'abdomen et qui commande l'inspiration. Quand il se contracte brutalement et involontairement, l'air entre d'un coup, la glotte se ferme dans la foulée, et ce claquement produit le son du hoquet. Le nerf phrénique, qui pilote le diaphragme, en est le déclencheur.

Chez le nourrisson, la cause la plus fréquente est mécanique : un estomac distendu par de l'air avalé pendant la tétée ou le biberon appuie sur le diaphragme juste au dessus. Un changement brutal de température, un rire ou des pleurs prolongés produisent le même effet. Rien de tout cela ne relève d'une maladie.

Le hoquet du grand enfant, à partir de 4 ou 5 ans, obéit à la même mécanique mais se déclenche plutôt sur un repas avalé trop vite, une boisson gazeuse ou un fou rire. Là, quelques manoeuvres ont un intérêt, on y vient plus bas.

Les remèdes à ne surtout pas appliquer à un bébé

On lit encore, sur des sites qui se recopient les uns les autres, des conseils franchement inadaptés. Autant les nommer.

Deux autres classiques à écarter. Respirer dans un sac en papier n'a aucun sens chez un nourrisson, qui ne contrôle pas sa respiration, et présente un risque d'étouffement évident. L'eau chaude à boire, la cuillère de sucre, le morceau de pain : un bébé de trois mois ne mange ni pain ni sucre, et lui faire boire de l'eau avant 6 mois est déconseillé, cela remplit son estomac au détriment du lait.

Ce qui marche vraiment sur un nourrisson

Une mère tient son bébé contre elle, en position verticale

Le geste le plus utile consiste à redresser l'enfant. Portez le à la verticale contre votre épaule, la tête plus haute que le ventre, et tapotez doucement son dos pendant quelques minutes. Le rot évacue l'air qui distend l'estomac, et le hoquet cesse souvent dans la foulée. Si la crise survient au milieu d'une tétée, faites une pause, redressez, reprenez ensuite.

La prévention vaut mieux que les manoeuvres. Un repas pris dans le calme, sans que l'enfant se jette sur le sein ou la tétine parce qu'il a trop attendu, produit beaucoup moins d'air avalé. Vérifiez le débit de la tétine : trop rapide, le bébé s'étrangle et déglutit de l'air ; trop lent, il aspire dans le vide et en avale davantage. Inclinez le biberon pour que la tétine reste pleine de lait. Et évitez les repas trop copieux espacés de longues heures, mieux vaut des prises plus rapprochées.

Pour un enfant plus grand, quelques manoeuvres ont un fondement

À partir de 4 ou 5 ans, l'enfant peut collaborer, et certaines techniques agissent réellement en stimulant le nerf vague ou en augmentant le taux de gaz carbonique dans le sang. Retenir sa respiration une vingtaine de secondes. Boire un verre d'eau à petites gorgées sans reprendre son souffle. Avaler une cuillère d'eau fraîche. Se boucher les oreilles quelques secondes en soufflant doucement, bouche fermée.

Une précision sur la plus célèbre d'entre elles : faire peur à quelqu'un pour lui couper le hoquet n'a jamais été démontré, et sur un enfant de 5 ans le procédé fait surtout pleurer. Passez votre chemin.

Le taux de réussite de ces manoeuvres reste modeste et l'effet placebo y contribue largement. Ce n'est pas gênant : détourner l'attention de l'enfant fait partie du traitement, et un hoquet qu'on oublie s'arrête plus vite qu'un hoquet qu'on surveille.

En dehors de ces situations, il n'y a rien à faire, et c'est précisément le message le plus difficile à entendre à trois heures du matin. Le hoquet est un réflexe archaïque que le bébé a emporté avec lui de sa vie intra utérine. Vers 6 à 12 mois, il s'espace de lui même. En attendant, redressez le, tapotez lui le dos, et gardez le miel pour plus tard. Cet apprentissage du temps qui passe fait partie du métier de parent, comme beaucoup de choses découvertes pendant la grossesse et le confort qu'elle réclame.

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